Henri bozo : « la recompense des investissements realises »

Autres informations / 26.08.2012

Henri bozo : « la recompense des investissements realises »

Du côté

des vendeurs, l’Écurie des Monceaux a largement dominé les dernières ventes de

yearlings Arqana, avec un chiffre d’affaires de 5.394.000 €, pour vingt-quatre

poulains vendus. À mettre au crédit du haras créé par Lucien Urano, le top

price, à 1.200.000 €, pour le fils de Sea the Stars et Alpine Rose, mais aussi

les deux autres meilleurs prix, 1.100.000 € pour une fille de Galileo et

Prudenzia, et 650.000 € pour un mâle de Montjeu et Birmanie. Henri Bozo,

trente-neuf ans, dirige cette structure créée de toutes pièces. Il nous a raconté

son parcours.

LES

DEBUTS AU MEZERAY

Henri

Bozo est un enfant de la balle. Son père, Antoine, a dirigé pendant trente ans

le haras du Mézeray, et Henri a grandi dans cet environnement, bercé par les

courses et l’élevage. Parmi les cinq enfants de la fratrie, trois ont contracté

le virus cheval. Ghislain est en effet devenu courtier, fondant la société

Meridian International, alors que l’une des soeurs de Henri est mariée avec

l’entraîneur Erwan Charpy. « Je n’ai jamais voulu faire autre chose que travailler

dans ce milieu. Mais, poussé par ma mère, j’ai fait une école de commerce à

Paris, et dans ce cadre, j’ai commencé à monter des syndicats de pinhooking et

effectué un stage chez Goffs Irlande. » Après un service militaire réalisé à

Fontainebleau, au CSEM, Charles-Henri de Moussac lui suggère de partir à

l’étranger, avant de revenir prendre la succession de son père. « Pendant deux

ans et demi, j’ai beaucoup voyagé. J’ai passé d’abord six mois en Afrique du

Sud, à Highland Farms. C’était une période magnifique, où j’ai découvert un

nouveau pays, et où, en tant que stagiaire, on met vraiment la main à la pâte.

Ensuite, je suis allé en Irlande, où j’ai travaillé dans une clinique

vétérinaire, puis dans le haras de Lady O’Reilly et au National Stud. J’ai

complété ma formation en Australie, à Arrowfield Stud, et enfin j’ai passé

quatre mois aux États-Unis, chez Christophe Clément, à New York et Saratoga.

Cet homme de cheval hors du commun m’a beaucoup appris : les soins des chevaux,

l’entraînement, le sens du détail. »

TOUT

CREER AUX MONCEAUX

De

retour au Mézeray, Henri a travaillé pendant un an avec son père, avant de

prendre définitivement sa succession et de gérer pendant quatre ans ce haras. «

C’était un haras que je connaissais bien, avec un protocole de fonctionnement

strict et beaucoup de rigueur dans le travail. C’était donc d’un certain

confort pour mes débuts. En 2004, Lucien Urano m’a contacté car il voulait

créer son haras de galopeurs après avoir réussi dans les trotteurs. Je

n’envisageais pas d’accepter, mais nous nous sommes rencontrés, nous avons

parlé, et, de retour à la maison, je savais qu’il fallait que j’y aille. » Le

haras des Monceaux avait une longue histoire avec les pursang, puisqu’il a

appartenu aux Strassburger, puis à Alan Clore. Il est ensuite passé entre les

mains de différents agriculteurs, ce qui a beaucoup abîmé la structure. « Il

fallait tout créer : d’abord monter un business-plan, puis rénover entièrement

les bâtiments, recruter une équipe, acheter un cheptel… Travailler avec Lucien

Urano, c’est formidable. Avec lui, les choses doivent aller vite, et cela me

convient bien. C’est un bâtisseur. Malgré mon jeune âge, il m’a accordé toute

sa confiance. Les résultats de ces ventes, c’est la concrétisation du travail

d’une équipe et des investissements réalisés. »