Peter bradley : « les chevaux français conviennent bien aux etats-unis »

Autres informations / 22.09.2012

Peter bradley : « les chevaux français conviennent bien aux etats-unis »

Originaire

de Californie, Peter Bradley a d’abord travaillé pour de grandes enseignes

telles que Brookdale (manager du haras), Cromwell Bloodstock Agency (en charge

des ventes à l’amiable) et Lane’s End Farm. En 1995, il crée sa propre

entreprise, Bradley Thoroughbred’s, LLC, basée à Lexington. Peter Bradley ne se

limite pas à son activité de courtage et propose différents services tels que

les ventes à l’amiable, les assurances, les conseils de croisements. Il manage

des syndicats, aussi bien de pinhooking que de course, impliquant des dizaines

de propriétaires.

JDG : -

QUELS TYPES DE YEARLINGS VENEZ-VOUS ACHETER AUX VENTES DE KEENELAND ?

Peter

Bradley : J’achète principalement des yearlings en vue des breeze-up. Cette

activité de pinhooking nécessite de dénicher des yearlings à la fois

athlétiques, bien équilibrés, avec de bons aplombs et qui se déplacent très

bien. Ce dernier critère est un des éléments clés de la réussite du pinhooking

: si le cheval "breeze" vite et se déplace très bien, la marge peut

alors être considérable. En plus du physique, il est important que les

pedigrees soient suffisamment commerciaux et réunissent aussi vitesse et

précocité. Une fois achetés, les yearlings sont envoyés à Ocala, en Floride,

chez Eddie Woods (le frère de Frannie Woods, de Rathsbarry Stud en Irlande,

ndlr) qui est l’un des plus grands préparateurs de 2ans aux États-Unis. Selon

leur physique et leur précocité, les poulains sont répartis entre les

différents breeze-up américains : Baretts en Californie, OBS et Fasig-Tipton en

Floride, Keeneland au Kentucky et Fasig-Tipton dans le Maryland

VOUS

PORTEZ UN INTERET PARTICULIER AUX CHEVAUX ENTRAINES EN FRANCE. POURQUOI ?

Depuis

ma toute première immersion dans le monde des courses, j’ai toujours été

fasciné par les courses courues sur le turf et passionné par des chevaux tels

que John Henry, Bold Ruler… De par le style des courses en France, je pense

sincèrement que les chevaux français conviennent tout aussi bien pour les

États-Unis, voire mieux, que ceux provenant d’autres pays européens comme

l’Irlande ou l’Angleterre. Les entraîneurs français ont tendance à être

beaucoup plus patients que partout ailleurs en Europe et préservent davantage

leurs jeunes chevaux. Une fois arrivés sur le sol américain, les chevaux

français ont l’avantage de bien s’adapter au turf américain. Pour toutes ces

raisons, j’aime acheter les chevaux en France. Il y a environ cinq ans, la

conjoncture n’était pas vraiment propice aux achats en France. Entre autres à

cause de la force de l’euro par rapport au dollar et puis aussi de par le fait

qu’un nombre important de chevaux étaient achetés en vue du Winter Carnival de

Dubai… Cela rendait alors plus difficile l’accès au marché français pour les

acheteurs américains. À présent, le climat est redevenu favorable pour les

acheteurs américains, et puis mes Racing Partnerships ont pris encore un peu

plus d’importance, avec des propriétaires qui sont de plus en plus nombreux à

vouloir investir dans les chevaux à l’entraînement.

QUELS

ONT ETE VOS PLUS BEAUX SUCCES AUX ETATS-UNIS AVEC DES CHEVAUX FRANÇAIS ?

Le

dernier remonte à l’année dernière, lorsque j’ai acheté Désert Blanc (Desert

Style) à Charles-Henri de Moussac. Ce cheval avait été recalé pour Hong Kong

parce qu’il "faisait du bruit". Certes, j’étais prévenu de ce

problème, mais j’adorais vraiment ses performances en France, et surtout la

façon dont il terminait ses courses avec cette incroyable pointe de vitesse. Et

puis, heureusement, malgré ce "bruit", la visite vétérinaire n’a

révélé aucun problème respiratoire lors de l’examen endoscopique, ce qui m’a

permis d’acquérir ce poulain qui a gagné un Gr1 dès sa deuxième sortie sur le

sol américain, à Belmont Park (Manhattan Handicap). Plus récemment, j’ai acquis

Kya One (One Cool Cat) qui vient de terminer cinquième d’un Gr3 à Belmont Park

pour sa première tentative Outre-Atlantique. Nous sommes ravis car nous savons

que cette pouliche a encore besoin d’être rallongée, mais elle s’annonce comme

une toute bonne cartouche cet automne. Si l’on remonte quelques années en

arrière, j’ai aussi eu la chance d’acquérir des chevaux tels que Windsharp,

gagnant de Gr1, Sauvage et Sixième Sens, lauréats de Gr2.

VOUS

SEREZ PRESENT EN FRANCE POUR ASSISTER AU WEEKEND DE L’"ARC".

L’OCCASION DE VOUS RENDRE EGALEMENT A LA VENTE DE L’"ARC" ?

Pour

moi, l’Arc représente une des plus belles journées de courses de pur-sang au

monde avec onze courses de Groupe au cours du week-end. Je profiterai également

du voyage pour jeter un coup d’oeil au catalogue de la vente de

l’"Arc"… Et j’espère que j’aurai l’opportunité d’attraper un lot

cette année ! J’ai déjà acheté quelques chevaux lors de ces ventes par le passé

tels que Goth Land (double gagnant de Groupe 2 par la suite en Californie).

VOUS

AVEZ AUSSI LA REPUTATION D’AIMER FORMER LES JEUNES…

J’ai

toujours aimé aider les jeunes de l’industrie du pur-sang. J’ai eu la chance

d’avoir en stage de bonnes recrues françaises telles que Camille Vercken, qui a

travaillé plusieurs années à mes côtés et qui est à présent directrice du

Syndicat des Éleveurs, mais aussi Francis-Henri Graffard et Ludovic Cornuel, à

l’occasion de stages lors du Darley Flying Start. Plus récemment, Fanny Cyprès,

qui est venue travailler avec moi après avoir réalisé son mémoire de fin

d’études à France Galop, sur le sujet des primes.