rencontre avec nicky drion, un français a la tete d’un grand haras americain

Autres informations / 14.09.2012

rencontre avec nicky drion, un français a la tete d’un grand haras americain

Les Français occupant des postes clés dans l’élevage américain ne sont pas nombreux. Nous avons rencontré l’un d’eux, Nicky Drion, manager d’Indian Creek.

JDG. – QUEL A ETE VOTRE PARCOURS AVANT D’OCCUPER VOTRE POSTE ACTUEL A INDIAN CREEK ?

Nicky Drion. – Mon père, Ghislain Drion, a dirigé les haras irlandais de l’Aga Khan pendant 25 ans. Je suis donc né en Irlande et ai effectué ma scolarité là-bas. Je suis allé en fac d’agro à Dublin. Mes parents ne nous ont jamais poussés à travailler dans les chevaux, mais j’aimais cela… L’un de mes frères, Étienne, a créé avec son épouse Coulonces Consignment. Un autre de mes frères, François, a créé son haras en Irlande, Taroka Stud. J’ai commencé à travailler pour Coolmore, en Irlande, comme lad, pendant deux ans. Toujours avec Coolmore, j’ai passé six mois en Afrique du Sud, à Summerhill Stud, puis je suis parti aux États-Unis. J’ai d’abord travaillé à Creekview pendant deux ans. Ensuite, je suis devenu assistant pendant un an et demi à Vinery Stud, avant de passer six ans à Woods Edge Farm, un haras appartenant à l’Irlandais Peter O’Callaghan. Puis j’ai eu cette proposition de travailler comme manager à Indian Creek, poste que j’occupe depuis trois ans.

POUVEZ-NOUS NOUS DECRIRE INDIAN CREEK ?

Indian Creek est un haras commercial de taille moyenne, situé à Paris, à une quarantaine de minutes de Lexington. Nous avons 1.200 acres, avec une clientèle mixte, donc quelques Européens. Nous proposons les services de poulinage ainsi que la préparation aux ventes et nous avons notre propre consignment. Cette année, nous présentons 55 yearlings à Keeneland septembre. Nous participons à toutes les grandes ventes : Keeneland septembre, novembre et janvier, ainsi que Fasig-Tipton, en juillet, et la vente de New York. Chaque année, nous réalisons une cinquantaine de poulinages et en saison de monte, près de cent juments sont accueillies sur le haras.

GARDEZ-VOUS DES CONTACTS AVEC LA FRANCE ?

Mes attaches familiales sont en France, donc j’y retourne chaque année, généralement en décembre et j’en profite pour assister aux ventes d’élevage Arqana. Si j’avais eu une proposition en France à la place de celle d’Indian Creek, j’aurais pu venir y travailler, car j’aime la France. Mais au bout de dix ans passés aux États-Unis, je suis aussi très attaché à ce pays.

QUELLES SONT POUR VOUS LES GRANDES DIFFERENCES ENTRE LES ETATS-UNIS ET LA FRANCE, EN MATIERE D’ELEVAGE ?

Ici, tout est beaucoup plus grand. Mais à la différence de la Normandie, où les haras sont très dispersés, ils sont très concentrés autour de Lexington ici. Ce qui permet de tout centraliser, en matière de vétérinaires, maréchalerie… Je ne dis pas que la qualité est supérieure, mais tout est plus près et plus facile.