Haras du petit tellier

Autres informations / 21.10.2012

Haras du petit tellier

À

l’occasion des ventes de yearlings d’octobre Arqana, Jour de Galop a repris son

tour des haras. Après les haras du Mézeray et d’Omméel, c’est le Petit Tellier

qui nous a reçus.

Le haras

du Petit Tellier est un élevage quasi urbain, situé à quelques centaines de mètres

des portes d’Argentan, dans l’Orne. Le maître des lieux est Patrick Chédeville,

un Normand pure souche qui a succédé à son père, Paul Chédeville. « Nous sommes

dans l’élevage de chevaux de courses depuis plusieurs générations, nous a

raconté Patrick Chédeville. Mon père était un visionnaire, il est à l’origine

de plusieurs haras dont le Petit Tellier, créé dans les années soixante, qui

était auparavant une exploitation agricole. Il a ensuite monté de toutes pièces

le haras du Bois Barbot et, en 1974, j’ai récupéré le Petit Tellier. » Patrick

Chédeville représente la cinquième génération d’éleveurs de la famille et il a

fait du Petit Tellier un élevage traditionnel, à vocation commerciale. Le haras

s’étend sur 70 ha, avec une grande cour de soixante-dix boxes. Il dispose de

plusieurs annexes, dont celle du Tellier, riche d’une cinquantaine de boxes et

de 70 ha et, depuis septembre 2011, le Petit Tellier est aussi locataire du

célèbre haras de la Tuilerie, l’un des plus vieux haras français, avec 60 ha de

pâturages et une soixantaine de boxes. Au Petit Tellier stationnent une

majorité de chevaux appartenant à des clients. Sur les cent dix poulinières,

seulement un tiers appartiennent au haras. « Nous avons surtout des clients

étrangers, notamment des Allemands, Suisses et Italiens, mais nous ne sommes

pas des consigners à part entière. Nos clients élèvent aussi pour courir. » Les

ventes aux enchères sont toutefois très importantes dans la vie du haras et,

cette année, seize yearlings sont présentés lors de la vacation d’octobre et

vingt autres devraient faire partie du catalogue du mois de novembre. « En

dehors de Tattersalls où il faut des pedigrees adéquats, nous sommes présents

dans la plupart des ventes. Bien entendu, chez Arqana, mais aussi à Osarus et Baden-Baden,

car nous avons une clientèle très germanique. L’évolution du marché fait qu’il

faut des yearlings commerciaux pour les ventes d’août, avec du Galileo, Montjeu

et autres stars des haras. » Le Petit Tellier a toujours accueilli des étalons,

Sea Bird, Sycios, Arctic Tern, Alleged ou encore Testa Rossa y ont résidé et

maintenant ce sont Zafeen, Way of Light, L i n n g a r i , Meshaheer , Denon et

Vespone qui ont pris la relève, et la politique du haras vient au soutien de

ses étalons. « Nous soutenons nos étalons avec les juments du haras, ce qui se

traduit par les yearlings que l’on présente. Cela a des avantages, mais aussi

des inconvénients, d’un côté le coût et de l’autre des croisements moins

commerciaux. » Quant à la préparation des yearlings, elle se fait de manière

traditionnelle. Les chevaux sont marchés en main, pansés et sortis tous les

jours. « Les yearlings n’ont pas tous les mêmes besoins et je préfère

"baisser de pied" une semaine avant les ventes. À cet âge-là, ils

sont encore en pleine croissance et, dans ce cas-là, le mieux est l’ennemi du

bien. Ce qui est intéressant dans la préparation des yearlings, c’est que l’on

peut déjà se rendre compte des capacités à accepter le travail. »