Secrets publics par emmanuel roussel (equidia)

Autres informations / 02.10.2012

Secrets publics par emmanuel roussel (equidia)

 « Lundi dernier 24 septembre, 8.000 personnes

ont assisté aux séances d’entraînement des champions locaux sur les pistes de

Newmarket, en Grande-Bretagne. Plusieurs milliers se sont rendus cinq jours

après sur l’hippodrome de cette ville, jumelée à Maisons-Laffitte et aussi

nommée "Quartier Général" des courses britanniques, pour y assister

au galop d’essai de Frankel, une bonne heure avant le début des opérations.

Certes, les Gaulois britanniques et les Gallo-Romains n’ont plus grand-chose en

commun de nos jours mais ce type d’opérations mérite réflexion. En cette

période de préparation au week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, pas une

matinée ne passe sans que des chevaux de premier rang ne foulent l’herbe des

Aigles, le mythique gazon du centre d’entraînement de Chantilly. Ce terrain est

privé : il appartient à France Galop. Toutefois, de plus en plus, et c’est

aussi vrai en Grande-Bretagne en dehors des jours de kermesse, un nombre

croissant d’entraîneurs "interdisent" aux cameramen de filmer les

entraînements de leurs protégés. On peut concevoir qu’il s’agit d’une

précaution visant à éviter trop de témoignages autour d’un galop sensationnel

ou décevant. Que je sache, pourtant, nul bookmaker ne souille la probité de

notre belle ploutocratie cantilienne, contrairement au monde du sport, dont les

handballeurs de Montpellier ont récemment trahi la duplicité. Il me semble que

le fait de pouvoir montrer des chevaux à l’entraînement avant qu’ils ne se

produisent est une bonne chose pour l’image des courses, et même la réputation

des professionnels qui en vivent, comme l’a rappelé dans Paris-Turf le collectif

des "socios" de Calas après l’annulation inopinée de Cavaillon. Alors

là, c'est Machin, qui suit Bidule et Truc... enfin, je crois... mais faut pas

le dire de toute façon ! Eh oui : les professionnels vivent des courses. Il

semble pourtant, à les écouter, que ces mêmes courses ne pourraient pas vivre

sans eux et qu’eux seuls sachent séparer le grain de l’ivraie. Pourtant, depuis

que la gestion commerciale des propriétaires dans ce pays leur est revenue, ces

mêmes propriétaires ne se renouvellent plus. Or les Aigles appartenant, comme

la plupart des pistes de Chantilly et de Maisons-Laffitte, à la société-mère,

il me semble qu’il serait naturel de pouvoir filmer ce qui s’y passe, et dans

tous les cas de faire en sorte que tout ce qui s’y prépare fasse l’objet d’un

compte-rendu. Il suffirait pour cela d’attribuer un accessoire ad vitam à

chaque cheval à l’entraînement, une puce, et un système de géolocalisation de

ces microprocesseurs de façon à ce que chacun puisse s’informer sur ses

exercices, l’endroit où ils ont été effectués et à quelle vitesse. Partout dans

le monde civilisé où sévit le pari mutuel, c’est-à-dire aux USA, à Singapour et

à Hongkong, ou encore au Japon et en Australie (où l’on s’entraîne dans des

lieux souvent officiels, tels que les hippodromes), de tels dispositifs sont en

place, s’ils ne sont pas automatisés. Je me demande ce qui s’y opposerait ici.

Je serais ravi, toutefois, d’écouter les arguments de la partie adverse…PS :

Tout cela vaudrait aussi pour Deauville, Sers, Calas, Mont-de-Marsan, Chazey,

etc. Mais commençons par les plus gros. Contrairement aux Romains, ce sont eux

les meilleurs, et encore merci à Jean-Pierre Gauvin, qui nous ouvert ses portes

et nous a permis de suivre Saônois, dont nous serons donc dimanche les plus

ardents supporters. »