Spécial breeze up 2013 : willie browne, le pionnier

Autres informations / 10.05.2013

Spécial breeze up 2013 : willie browne, le pionnier

Les

compétences de Willie Browne (Mocklershill) en matière de préparation des 2ans

aux breeze up et ses qualités de pinhooker sont unanimement reconnues. Installé

en Irlande, il présente des poulains dans toutes les grandes places

européennes, et c’est d’ailleurs lui qui avait vendu l’an dernier le top price

du breeze up Arqana. Il nous livre sa vision de ces ventes.

JOUR DE

GALOP – ON VOUS QUALIFIE DE PIONNIER DANS LA PRÉPARATION AUX BREEZE UP QUAND ET

POURQUOI AVEZ-VOUS CHOISI CETTE VOIE ?

Willie

Browne. – Je présente des poulains aux breeze up depuis 1977. Mon père était

entraîneur, mais avec un petit effectif, et gagner sa vie n’était pas facile.

Il s’en sortait en achetant et en vendant des chevaux. Le commerce a donc

toujours fait partie de ma culture. J’ai donc débuté à Doncaster, avec

seulement quatre chevaux. C’était le début de ce genre de ventes en Europe et

Doncaster essayait de transposer le modèle américain.Je pense que j’ai été l’un

des premiers à me spécialiser dans le pinhooking. Seul Tally Ho Stud le faisait

avant moi. Nous avons commencé avec peu de chevaux puis, au fur et à mesure,

l’entreprise a grandi…Au début des années quatre-vingt-dix, je suis allé

acheter des poulains aux États-Unis, d’abord à Ocala puis à Keeneland. Là

aussi, je pense avoir été l’un des premiers à le faire. En 1995, j’ai quitté la

propriété familiale et me suis installé là où je suis toujours, dans le

Tipperary, non loin de Coolmore…Mon frère Michael est resté là où mon père

travaillait. 

QUE

PENSEZ-VOUS DE LA RÉPUTATION DES BREEZE UP EN EUROPE ?

Selon

moi, ces ventes n’ont pas le respect qu’elles méritent, étant donné le nombre

de très bons chevaux qui en sont issus. Les raisons en sont multiples. Le fait

que les entraîneurs aiment acheter des yearlings, pour ensuite pouvoir les

façonner selon leurs habitudes pendant l’hiver en est une.

COMMENT

LES AVEZ-VOUS VUS ÉVOLUER AU FIL DES ANNÉES ?

À

présent, et surtout en Grande-Bretagne, le chrono des "breezes" est

très important pour les acheteurs. Je ne suis pas certain que cela soit une

bonne chose à long terme, mais nous devons nous y adapter. Cela dit, on ne peut

pas demander le même "breeze" à un poulain déjà très mature et prêt à

gagner en juin qu’à un cheval de 2.000 ou 2.400m, même si l’accélération,

quelle que soit la distance des courses, est une chose fondamentale si l’on

veut en gagner. Un cheval sans cette pointe ne gagnera jamais. Chaque pays a

ses particularités, et sûrement qu’en France les canters sont un critère moins

fondamental qu’ailleurs. Je me souviens que j’ai vendu à Jean-Claude Rouget

l’un de ses premiers bons chevaux, flanaghan cocktail, et ce qu’il avait aimé,

c’était surtout le poulain comme individu. Je pense qu’il raisonne toujours

ainsi. J’ai également vu les inspections vétérinaires se durcir nettement. Ils

cherchent le cheval parfait, mais cela n’existe pas. Il faudrait qu’ils

viennent dans les écuries de courses pour voir quel défaut est compatible avec

une carrière de course.

VOUS

PRÉSENTEZ DES 2ANS DANS TOUTES LES VENTES EUROPÉENNES. SAVEZ-VOUS DÉJÀ, QUAND

VOUS LES ACHETEZ YEARLINGS, OÙ VOUS LES PRÉSENTEREZ À 2ANS ?

À ce

stade-là, non. Bien sûr, on essaie de présenter en France des poulains

éligibles aux primes, car c’est un critère important. À chaque vente, j’essaie

de présenter des lots équilibrés, en partageant équitablement ceux que je pense

être mes meilleurs lots. Ensuite, cela se décide en fonction de la préparation

et des aptitudes du poulain. Pour un sujet qui a besoin d’un peu de temps, on

va choisir une vente qui arrive un peu plus tard dans le calendrier…

COMMENT

QUALIFIERIEZ-VOUS LE MARCH. DES BREEZE UP CETTE ANNÉE, À LA VEILLE DE CELUI DE

SAINT-CLOUD ?

La

demande reste active pour le haut de gamme, mais, paradoxalement, il est plus

facile de vendre un poulain de 200.000 € qu’un de 50.000 €… En ces temps de

récession, c’est le top-niveau qui souffre le moins, un peu comme dans

l’économie globale, où les riches sont plus riches, mais où les classes

moyennes souffrent… Maintenant, je ne peux pas vous dire comment va se passer

la vente demain. On ne sait jamais, la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain.

Je suis confiant dans mon lot de poulains, même si en présenter un grand nombre

peut parfois se retourner contre nous…

UN

UPDATE QUI TOMBE À PIC POUR LE BREEZE UP ARQANA

Présenté

par le consigneur irlandais Mocklershill, le lot 65 est le propre frère de

Magician (Galileo), qui a remporté vendredi après-midi, à Chester, une facile

victoire dans les Dee Stakes (Gr3), préparatoire au Derby d’Epsom. Ce fils de

Galileo et de la gagnante de Listed et placée de Gr3 Absolutelyfabulous

(Mosart), devançait alors par quatre longueurs Contributer (High Chaparral), un

poulain issu de la vente de yearlings d’octobre 2011.