Haras d’omméel

Autres informations / 13.08.2013

Haras d’omméel

Tout récemment mis à l’honneur grâce aux exploits de Toronado (High Chaparral), vendu en août 2011 pour 55.000 euros, le haras d’Omméel présente cette année six yearlings à la vente d’Arqana en août, et deux autres dans la V2.

LE HARAS

Il se compose de quatre unités, la principale étant le haras d'Omméel (140 hectares dont 110 de pâturages) où sont stationnées les juments. « Je me suis installé à mon compte ici en 1981, même si je suis en réalité arrivé à Omméel en 1971, alors que je travaillais pour le courtier Godolphin Darley. Côté expérience professionnelle, j’ai effectué des stages très tôt. Je suis allé en Angleterre, en Irlande, et aussi un an aux États-Unis, à Claiborne Farm, avant de partir en Floride où je me suis occupé d’un des tout premiers fils de Northern Dancer. Je ne pouvais imaginer, à ce moment-là, que son père deviendrait le meilleur chef de race du XXe siècle.

J’ai repris le haras, l’ai agrandi petit à petit. D’ailleurs, à la fin des années 80, nous étions l’un des plus gros consigners des ventes de l'Agence Française. Je suis ensuite parti quatre ans aux Émirats. À mon retour, en 2003, j’ai acheté une ancienne exploitation agricole, à Courménil, pour y installer uniquement les yearlings. Il y a une autre annexe qui sert de lieu de quarantaine pour les chevaux venant de l’étranger. » La majorité des poulinières et yearlings stationnant au haras d’Omméel appartiennent à des clients. « Les chevaux sont en pension à l’année. J’ai trente-quatre yearlings actuellement. Huit sont entièrement à nous. J’aime travailler en association : cela minimise les risques et offre le plaisir de partager. Je vends aussi des foals et des poulinières. Je vais par exemple vendre une poulinière à Keeneland, en novembre prochain, suitée de Blame et pleine de Majestic Warrior. »

TORONADO, LE BRILLANT ELEVE

Le haras d’Omméel a brillé sur les pistes ces derniers temps grâce à Superplex (Multiplex), gagnant du Prix Daphnis en juillet dernier, mais surtout avec Toronado (High Chaparral), gagnant entre autres des Sussex Stakes (Gr1) à Goodwood, battant le champion Dawn Approach (New Approach). Hubert Honoré nous a parlé de lui. « C’était un poulain un peu délicat, qui est arrivé chez moi au mois d’octobre, sevré. Il avait du caractère et beaucoup de personnalité : nous devions maintenir une chaîne en permanence sur le nez car il nous échappait facilement. Très fluide dans ses déplacements, il me plaisait beaucoup. Je lui vois une bonne carrière à 4ans et espère qu'il deviendra étalon en France. »

AVOIR UN ETALON N’EST PAS AU PROGRAMME

Le haras d’Omméel préfère ne pas héberger d’étalons entre ses murs, car il s’agit d’un marché particulier. Selon Hubert Honoré, pour accueillir un étalon, il faut une infrastructure à part, à l'extérieur du haras, ceci afin d'éviter les risques de contamination avec les juments résidentes. Pour minimiser les coûts, un minimum de trois étalons est indispensable car le personnel responsable doit être disponible les week- ends et souvent très tôt le matin car il n'est pas rare qu'un cheval doive saillir quatre fois par jour. Commercialement parlant, le phénomène de mode est tellement accéléré que parfois, un étalon ne convient plus aux yeux des éleveurs avant même d'avoir produit. « C'est un risque où le marketing est omniprésent, les enjeux financiers énormes. C'est une option que je laisse à d'autres, dont c'est la spécialité. »

LE CHOIX DES ETALONS ET DES POULINIERES

« Le choix des étalons doit se faire en fonction du croisement et de la morphologie de la poulinière, bien entendu. Le prix de saillie est également déterminant. Il faut s'abstenir de croiser des poulinières aux performances trop faibles avec des étalons chers : le retour sur investissement n'est pas du tout garanti. Il faut des étalons s'accordant aux qualités des juments. » Le haras d’Omméel se tourne principalement vers les étalons étrangers, en particulier pour les juments maidens ou non suitées. « Cette année, pour les étalons français, je suis allé à Muhtathir, Sageburg, Stormy River, Kendargent, ou encore Myboycharlie. Je conseille également mes clients pour les croisements futurs. Comme tout le monde, dans l'achat d'une jument, je tiens compte de plusieurs éléments, comme le fait qu'elle ait déjà un ou plusieurs produits, et, dans cette éventualité, leurs résultats en course. L'âge de la deuxième mère est primordial car sa production, toujours présente, valorise ou non le produit de sa fille dont je suis l'éleveur. »

LA VENTE 2013

Le haras d’Omméel a une longue histoire avec les ventes. Hubert Honoré aborde la vente d’Araqana en août 2013 avec optimisme. « Je ne suis plus dans l’angoisse des années 80, où je devais emprunter pour acheter des poulains. C’était l'époque du pinhooking. Si je n’ai pas de réussite aux ventes, tant pis... Même si j’espère bien faire une excellente année ! » Le haras d’Omméel présente notamment une yearling par Montjeu et sil sila (Marju), gagnante du Prix de Diane (Gr1), très élégante. « Elle a une action très déliée qui rappelle les mouvements d'une ballerine à l'Opéra. Je l’ai achetée foal, en association. Elle est gracieuse, souple, harmonieuse dans ses déplacements. »

Concernant la préparation des yearlings, Hubert Honoré nous a expliqué : « Les yearlings travaillent de quinze à quarante minutes. Nous les marchons beaucoup en main et les longeons. La préparation commence à la mi-juin, ils sont au paddock toute la nuit. J’aime quand les chevaux sont élevés "à la dure", c'est pour cette raison qu'ils passent une grande partie de l'hiver dehors. Le bon cheval de course est celui qui arrive à supporter la souffrance un peu plus que les autres. »


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