3 méthodes, 1 objectif... recruter de nouveaux éleveurs !

Autres informations / 18.03.2015

3 méthodes, 1 objectif... recruter de nouveaux éleveurs !

La population qui s’intéresse aux courses hippiques vieillit. C’est un constat unanimement partagé.

Cela concerne aussi bien le jeu que l’élevage ou le propriétariat. Depuis plusieurs années, le débat est essentiellement focalisé sur la conquête de nouveaux propriétaires et parieurs. Or le monde de l’élevage n’est pas en reste.

Tout un panel de solutions y est expérimenté. Nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir trois d'entre elles.

LA PREGNANCE DE L'ASSOCIATIF DANS LE MONDE DE L'ELEVAGE

Les associations et syndicats sont très présents dans le monde de l’élevage de galopeurs. Cette structuration trouve son origine dans l’histoire de l’élevage français et en particulier dans ses racines agricoles. En France, les différentes filières de ce secteur se sont bâties autour de mouvements associatifs forts. Les syndicats agricoles et coopératives sont puissamment ancrés dans la culture agricole et rurale fran- çaise. C’est donc tout naturellement vers le collectif que le monde de l’élevage se tourne en cas de problème. Dans un souci de cohérence et de concision, cet article se limitera volontairement au monde associatif, bien qu’il existe d’autres formes très actives de recrutement d’éleveurs (vente de poulinières sur internet, écuries de groupe qui se diversifient…) le vieillissement de la population agricole en France Si la population des éleveurs de galopeurs n’est pas calquée sur celle de l’agriculture, beaucoup d’éleveurs font partie des deux catégories, et ces dernières s’inscrivent dans une même mouvance rurale en proie au vieillissement. En 2010, 60 % des agriculteurs faisaient partie de la tranche des quarante à soixante ans.

À la même date, seulement 20 % étaient âgés de moins de quarante ans. Le secteur agricole fait d’ailleurs face à des problèmes de recrutement en partie liés à l’augmentation de la moyenne d’âge de sa population. La difficulté à pourvoir les milliers d’offres d’emploi que ce secteur propose chaque année en est l’un des signes les plus criants. un phénomène difficile à quantifier Camille Vercken, directrice générale du Syndicat des éleveurs, nous a expliqué : « Le vieillissement de la population des éleveurs n’est pas une donnée chiffrée. Tout comme l’arrivée d’éleveurs étrangers en France, c’est une observation non quantifiée. Même s’il y a proportionnellement moins de jeunes dans le monde de l’élevage, je pense qu’il faut créer une émulation en leur faisant prendre conscience qu’ils ne sont pas des cas isolés. Il est important de savoir qu’on partage la même passion avec d’autres personnes de sa génération. Depuis quelques années, nous observons en région l’arrivée de dynamiques nouveaux venus, en particulier en Normandie, dans le Sud-Ouest et dans l’Ouest. Un petit renouveau semble également voir le jour cette année dans le Centre-Est. Les différentes initiatives pour amener des jeunes dans le monde de l’élevage n’y sont sans doute pas étrangères. »

LA CHAMBRE D’AGRICULTURE DE L’ALLIER PARIE SUR LA DIVERSIFICATION DES AGRICULTEURS

Historiquement très lié au milieu agricole et aux Haras nationaux, l’élevage de galopeurs de l’Allier vit actuellement un véritable paradoxe. La filière se porte bien économiquement et les étalonniers privés prennent le relais de l’étalonnage public, mais les agriculteurs-éleveurs ne trouvent que trop rarement un repreneur pour l’atelier équin au sein de leur exploitation. Dans un contexte de spécialisation de l’agriculture, on observe donc un vieillissement de la population des éleveurs de galopeurs. Soixante-dix-huit pour cent des élevages de galopeurs de l’Allier ont plus de quinze ans et 64 % des éleveurs ont plus de cinquante ans dans ce département. Face à ce phénomène, Galop Allier a lancé une série de formations pour tenter de recruter de nouveaux éleveurs. des éleveurs polyvalents et une Chambre d’agriculture qui joue le jeu Catherine Tourret, la conseillère diversification de la Chambre d’agriculture de l’Allier, nous a expliqué : « Il s’agit d’une initiative de Galop Allier dont les représentants sont venus rencontrer le président de la Chambre d’agriculture en 2014. Ils souhaitaient parler de leur partie événementielle mais également du vieillissement de leurs membres. Leur dé- marche nous a semblé positive. Certains éleveurs de galopeurs connaissent bien la Chambre d’agriculture car ils sont également impliqués dans la production de bovins charolais. Bruno Vagne est un bon exemple de ces éleveurs reconnus à la fois chez les équins et chez les bovins. Le contexte de l’élevage de chevaux de course est actuellement très positif. Le département produit de nombreux gagnants et la filière se porte bien commercialement parlant. »?

En ce qui concerne la mise en place du projet, Catherine Tourret précise : « Les problématiques étaient les suivantes : comment anticiper le renouvellement de la population des éleveurs pour les années à venir ? Que faire pour ne pas perdre un capital génétique et une densité de production qui sont deux facteurs de la réussite économique de cette filière ? Rapidement, l’idée d’un tutorat moral s’est imposée. Pour cela nous avons collectivement décidé de mettre en place des journées de formation destinées à faire connaître à des agriculteurs déjà installés le contexte de l'élevage et de la filière des galopeurs. Parmi le public ciblé, les éleveurs de bovins, et encore plus spécifiquement les producteurs de reproducteurs, ont de nombreux points communs avec les éleveurs de galopeurs. Ils ont l’habitude d'effectuer une veille quotidienne au niveau de l’information professionnelle. Ces éleveurs maîtrisent la sélection géné- tique, la gestion de l'herbe et du pâturage, la conduite des animaux... Des complémentarités peuvent se trouver entre les deux productions sur une même exploitation, par exemple au niveau du pâturage et des bâtiments. » la création de journées de formation Au sujet du déroulement des journées de formation, Catherine Tourret explique : « Actuellement la tendance est plus à l’agrandissement des structures qu’à la diversification. Il y a donc tout un travail de sensibilisation et de pédagogie à effectuer pour convaincre des éleveurs de bovins de diversifier leur élevage avec des poulinières. Ainsi nous proposons une première journée de formation avec trois objectifs : découvrir la production et le marché des chevaux de course dans l’Allier, évaluer l’intérêt de cette production pour son exploitation et identifier les critères de réussite. La première journée de formation mêle présentations – Chambre d'agriculture et centre de gestion – et témoignages de professionnels de Galop Allier. Au terme de cette première journée, les éleveurs intéressés se verront proposer des formations plus techniques au cours de l'hiver prochain, ainsi qu'un accompagnement proposé par des éleveurs confirmés, sous forme de "tutorat". Cette formation est gratuite pour les agriculteurs cotisants à la M.S.A., y compris aux contributeurs solidaires, grâce à la prise en charge de Vivea [fonds d'assurance formation agricole, ndlr]. Son coût est de 188 euros pour les autres. » des débuts prometteurs Quelques semaines après la première journée de formation, il est possible de tirer un bilan provisoire de cette dernière. Les agriculteurs ont répondu présent et un petit groupe souhaite poursuivre l’aventure. Catherine Tourret précise : « Cette première journée de formation s'est tenue sur deux sites, à Moulins le 19 février et à Saint-Pourçain le 24 février. Ces deux réunions ont réuni une quinzaine de participants, qui en ont tous apprécié le contenu, tant sur la forme que sur le fond. Le témoignage des professionnels présents, ainsi que la proposition d'accompagnement, font partie des élé- ments qui ont séduit et décidé un petit groupe d'entre eux. Ces derniers sont prêts à se lancer dans l'aventure. Nous peaufinons actuellement le projet de tutorat qui devrait permettre une transmission de savoirs hippologiques et hippiques. Nous y travaillons et pour cela nous pouvons compter sur l’aide des éleveurs de Galop Allier, en particulier sur la mise à disposition de poulinières de qualité – achat ou location à déterminer selon les besoins. Un groupe de travail entre tutorants et tutorés verra également le jour. » Concernant le profil de ces nouvelles recrues, elle nous a confié : « La formation a séduit des profils très différents. Nous avons des agriculteurs déjà installés avec une production mixte, dont des bovins, mais également des éleveurs de chevaux de sport ou des jeunes avec un projet d’installation. »

LES ANGLO-ARABES DIVERSIFIENT LEUR PROSPECTION

À l’image de ce qui se pratiquait dans l’Allier, l’élevage du grand Sud-Ouest était très marqué par la présence des Haras nationaux. Les anglo-arabes n’y font pas exception. Depuis quelques années, le Syndicat Anglo Course mène une politique volontariste qui vise à augmenter le soutien des anglo-arabes aux courses d’obstacle en France. En parallèle, l’association à mis en place, dans un objectif commercial, le Grand show de l’anglo-arabe à La Teste-de-Buch en 2014. Cette manifestation s’adresse donc en priorité à de potentiels propriétaires. Six mois après la première édition, l’évè- nement semble également avoir trouvé une vocation de recrutement d’éleveurs. Faire de la polyvalence un atout Paul Couderc, le président du Syndicat Anglo Course, nous a expliqué : « L’anglo-arabe a longtemps fonctionné en vase clos, avec les Haras nationaux comme point d’ancrage. La donne a changé et nous avons désormais l’opportunité de faire dé- couvrir plus largement la race et son programme de courses. C’est la raison pour laquelle le Grand show de La Teste-de-Buch à vu le jour. C’est une race qui a pour particularité d’être polyvalente, avec des possibilités en plat et en obstacle. Sa polyvalence s’exprime aussi dans le profil des entraîneurs, propriétaires et éleveurs d’anglo-arabes. Certains sont plutôt orientés vers le plat, d’autres vers l’obstacle, enfin une partie est issue des sports équestres. Nous avons donc décidé de nous appuyer sur cet atout pour lancer notre travail de prospection. » un important travail de démarchage Au sujet de la réflexion sous-jacente au travail de prospection, Paul Couderc précise : « Les membres du Syndicat ont tous fait appel à leur carnet d’adresse pour faire venir des éleveurs, entraîneurs et propriétaires. Nous avons effectué un effort particulier à destination des personnes issues du monde de l’obstacle. L’anglo-arabe a sa carte à jouer dans cette discipline et la race doit participer au soutien des partants en obstacle. Mais nous avons également largement prospecté du coté des sports équestres. Il y a dans cette filière de nombreux éleveurs et propriétaires affectés par des difficultés bien plus profondes que celles qui touchent les courses hippiques. Depuis de nombreuses années, les courses hippiques attirent des personnes issues du monde de l’équitation. Une part non négligeable des entraî- neurs, débourreurs, éleveurs et propriétaire de galopeurs a débuté dans les sports équestres. Il y a là un potentiel de développement non négligeable pour l’anglo-arabe et les courses en général. Par rapport à des prospects non issus du monde du cheval, ces personnes ont le goût de la compétition, ils aiment les chevaux et savent ce que cette passion implique.

Notre question était la suivante : comment exploiter au mieux ce phénomène naturel, comment l’élargir ? Nous avons donc établi une liste de propriétaires et éleveurs de notre région qui présentaient un profil intéressant ou qui avaient manifesté l’envie de découvrir les courses. À La Teste-de-Buch, ils ont pu assister à l’entraînement et à un concours d’élevage. Ils ont ainsi pu visualiser ce que l’on recherche chez un cheval de course, mais également discuter avec des personnes déjà bien implantées dans le galop. Souvent, des éleveurs intéressés par les galopeurs n’osent pas franchir le pas, car ils n’ont aucun point d’ancrage dans ce milieu, aucun guide et aucun espace de dialogue pour le découvrir. Pour ceux qui sont déjà plus avancés dans leur démarche, nous essayons d’apporter un conseil et des contacts. Notre travail de recrutement de nouveaux éleveurs et propriétaires bénéficie à toute la filière. En effet, les éleveurs et propriétaires d’anglo-arabes, dont je fais partie, diversifient depuis toujours leurs effectifs vers les AQPS, les pur-sang ou les pur-sang arabes. » des premiers résultats encourageants Au cours de cette première édition, la championne suprême du concours des 2ans a été achetée par un propriétaire venu des sports équestres. Ce dernier a également acquis des poulinières aux ventes d’élevage cet hiver. De même, de futurs éleveurs ont pré- senté à La Teste une pouliche qu’ils ont achetée pour la faire courir dans l’objectif de la mettre à la reproduction au terme de sa carrière. Enfin, plusieurs jeunes agriculteurs du SudOuest, déjà impliqués dans la production de chevaux de sport, sont venus découvrir l’élevage de galopeurs à La Teste. le marché du cheval de sport connaît une crise très profonde Si la filière hippique connaît actuellement des difficultés, ces dernières sont sans commune mesure avec celles que traverse la filière équestre. Le selle français, stud-book le plus implanté chez les chevaux de sport en France, a vu ses naissances fondre de 25 % entre 2007 et 2012. Après une pé- riode euphorique, le marché du cheval de sport en France a commencé à décrocher à la fin des années quatre-vingt-dix. ­ Le transfert d’embryon (certaines juments ont donné quarante-cinq produits pendant leur carrière) et l’insémination artificielle (certains étalons saillissent six cents juments par an) ont érodé la notion de rareté des meilleurs pedigrees, si bien que la valeur des reproducteurs a, sauf exception, beaucoup baissé au fil des décennies. Par ailleurs les conditions des compétitions n’incluant pas de préférence nationale, les éleveurs français doivent faire face à une concurrence étrangère (Belgique, Allemagne, Hollande) très puissante et beaucoup mieux préparée à la libéralisation du marché. Les primes aux éleveurs ont disparu il y a de nombreuses années. Le très haut niveau d’exigence des visites vétérinaires et la lenteur du cycle d’élevage ont poussé de nombreux éleveurs de chevaux de sport réputés à se diversifier, voire se spécialiser dans les courses. Chose encore rarissime il y a quelques années, on voit apparaître aux ventes de galopeurs certains des meilleurs éleveurs de chevaux de sport comme Xavier Lerrede, dont le haras des Rouges fut longtemps tête de liste des éleveurs de chevaux de sport en Europe, Yves Berlioz, éleveur du dernier champion du monde de concours complet, Patrice Bourreau, éleveur du crack Orient Express, ou Jacques Grandchamp des Raux, courtier reconnu dans les sports équestres et cofondateur de l’agence de ventes aux enchères Nash.

LE COUP DE(S) JEUNE(S) DU SYNDICAT DES ÉLEVEURS

Créée en 2011, l’Association des jeunes éleveurs, qui dépend du Syndicat des éleveurs de chevaux de sang de France, fut l’une des premières – incitatives – visant à attirer des jeunes vers l’élevage et les courses en général. Un groupe ouvert à tous Camille Vercken, membre fondateur de l’Association des jeunes éleveurs, nous a confié : « La création de l’Association des jeunes éleveurs remonte à la dernière mandature, en 2011 et 2012. Nous avons commencé par un premier évé- nement. En tant que sous-groupe du Syndicat des éleveurs, nous avions pris l’ouverture comme fil conducteur. Depuis le début, l’Association est apolitique et ouverte à tous, sans critère d’âge. Toutes les personnes qui se sentent jeunes et qui aiment les courses sont les bienvenues. Dans un premier temps nous avons proposé aux gens de venir avec cinq ou six connaissances aux courses, pour leur faire découvrir le sport hippique. Ce fut une réussite, une journée très agréable et un vrai moment de convivialité. Par la suite nous avons organisé la Journée des jeunes éleveurs européens à Deauville, pendant le Prix Jacques Le Marois, en partenariat avec le F.R.B.C. et France Galop. Cette rencontre fut également l’occasion de visiter des haras autour de Deauville. Les étrangers étaient logés chez de jeunes éleveurs autour de Deauville, cela crée des liens ! Pendant le Week-end international de l’obstacle, sous l’impulsion de Fanny Cyprès et Audrey Leyval, les jeunes éleveurs ont reconduit leur invitation à la découverte des courses hippiques. » Faire découvrir, transmettre et former Pour Camille Vercken, l’Association des jeunes éleveurs doit permettre à ces derniers de transmettre, mais également d’approfondir leur passion : « Les jeunes éleveurs sont euxmêmes d’excellents vecteurs pour faire découvrir leur passion aux néophytes, mais également pour présenter le système français aux étrangers. Cette forme de compagnonnage et de parrainage fonctionne très bien. Toutes ces actions événementielles se sont par la suite maté- rialisées par de l’activité économique, que ce soit en termes de ventes de saillies ou de pensions d’élevage. Pour 2015, plusieurs projets sont à l’étude. En parallèle de cette vocation événementielle, l’Association des jeunes éleveurs mène une mission de formation. Dans cet objectif, plusieurs spécialistes sont intervenus, dont Sté- phane Deminguet, du Conseil des chevaux de Basse-Normandie, au sujet des aides à l'installation et du montage de dossiers de subventions, Lola Quitard, du Conseil des chevaux, sur la mise en place du label Équures et de ses moyens d'obtention, Étienne Doligez, de la Chambre d’agriculture de Normandie, pour la gestion des pâturages pour herbivores… D’une manière plus générale l’Association des jeunes éleveurs a pour vocation de créer et d’accompagner les vocations nécessaires à la pérennisation de notre activité, en privilégiaient la convivialité et la découverte. Il est également important que les jeunes prennent conscience qu’ils peuvent prendre part au débat public, en s’impliquant dans les associations et instances dirigeantes. » Des initiatives équivalentes à l’étranger La Young Irish Thoroughbred Breeders Association, en Irlande, et le Next Generation Club, en Angleterre, poursuivent le même objectif que l’Association des jeunes éleveurs. Ces deux associations proposent des journées de découverte ainsi que des formations. Les éleveurs allemands semblent vouloir s’inscrire dans cette mouvance. Les Irlandais ont même mis en place un système de bourse pour un étudiant par an. Ce dernier à ainsi l’occasion de partir à l’étranger pour se former

BRUNO VAGNE : « L’OBJECTIF EST DE LANCER CES JEUNES ÉLEVEURS AVEC DES BASES SAINES »

Le département de l’Allier compte une centaine d’élevage de galopeurs. Bruno Vagne est l’un d’entre eux. Cet éleveur, qui a quatre-vingt mères charolaises et douze poulinières, est un membre très actif de Galop Allier. À ce titre, il est l’un des artisans de la formation mise en place avec la Chambre d’agriculture. Au sujet des premières journées de formation, Bruno Vagne nous a confié : « J’ai été agréablement surpris par la qualité du public qui a répondu pré- sent. Nous avions une quinzaine de candidats et les deux tiers avaient le profil d’éleveurs de galopeurs, tant sur le plan de la personnalité qu’au niveau de leurs installations. Les échanges ont été très riches, avec des personnes intéressantes et posant les bonnes questions. Il y avait globalement deux types de réactions, celles des personnes issues de l’agriculture et celles des éleveurs de chevaux de sports équestres. Les premiers sont sans doute plus focalisés sur les techniques d’élevage du cheval tandis que les seconds cherchent à comprendre les avantages de la filière galop. Pour poursuivre leur formation, il est prévu que nous nous regroupions aux courses à Moulins et à Vichy, car il est important qu’un éleveur comprenne le fonctionnement du sport hippique et le déroulement des courses. De même, des cours en salle sont planifiés. Il faut leur donner les clés pour aller plus loin. Cette formation répond à une demande. Il faut démystifier le milieu hippique, et lorsque les gens commencent à le comprendre, ils se prennent au jeu. » En ce qui concerne la suite du programme, Bruno Vagne précise : « À présent, il va nous falloir les accompagner pour les aider à trouver de bonnes juments, première ou deuxième catégorie. C’est une dé- marche qui va se concrétiser au cours de l’année. L’objectif est de lancer ces jeunes éleveurs avec des bases saines, en les aidant à produire selon les standards en vigueur dans la ré- gion. En leur permettant d’éviter les erreurs de débutants, nous espérons leur faire gagner du temps et diminuer le taux d’échec. Les postulants ne sont pas rebutés par l’investissement. Avec 25.000 euros, ils peuvent acheter deux poulinières tout à fait correctes pour produire des chevaux d’obstacle. C’est un investissement somme toute raisonnable pour un élevage qui dispose de cinquante mères charolaises. L’investissement pour acquérir ce cheptel et les bâtiments est très nettement supérieur. L’éleveur dispose déjà des installations, du matériel et des clôtures pour accueillir des chevaux. Il y a par contre la notion de risque, car le prix des chevaux est beaucoup plus variable que celui des bovins. »?