3 questions aux candidats au comité du syndicat des éleveurs : jean de cheffontaines

Autres informations / 09.03.2015

3 questions aux candidats au comité du syndicat des éleveurs : jean de cheffontaines

ÉLECTION DU COMITÉ DU SYNDICAT DES ÉLEVEURS

3 QUESTIONS AUX CANDIDATS AU COMITÉ DU SYNDICAT DES ÉLEVEURS

La semaine dernière, JDG a envoyé trois questions aux candidats au Comité du Syndicat des éleveurs. Les candidats sont libres d'y répondre. Nous nous sommes engagés à publier leurs textes au fur et à mesure de leur réception, sans intervenir ni sur le fond ni sur la forme. C'est-à-dire en toute objectivité, dans le but de stimuler le débat démocratique et le taux de participation à l'élection.

jEAN DE CHEFFONTAINES

1. Pourquoi avez-vous décidé d'être candidat au Comité du Syndicat des éleveurs ? Quelle est votre motivation ? Quel est le sens de votre candidature ?

La situation de l'élevage et de la filière du Galop en France est contrastée et inédite : d'un côté les ventes d'août de Deauville, les records enregistrés chaque année l'arbre qui cache la forêt -, de l'autre une demande intérieure atone faute de propriétaires résidents, la baisse du chiffre d'affaires du PMU, le déficit d'exploitation de France Galop, les difficultés économiques réelles des éleveurs et de tous les acteurs. En même temps, la comparaison avec la situation de nos voisins européens nous est favorable. Il y a donc de quoi rester optimiste, pour peu que nous évitions la fuite en avant et que nous préparions collectivement l'avenir.

Je me présente dans cet état d'esprit, avec mon expérience d'éleveur propriétaire (cinq poulinières au haras de Maulepaire) et de dirigeant d'entreprise confrontée à la compétition internationale et à la nécessité de se renouveler.

2. Si vous êtes élu, quelle sera la première proposition que vous soumettrez au vote du Comité du Syndicat ?

Votre question me paraît décalée par rapport au fonctionnement du Syndicat : ce n'est pas à moi de fixer une priorité. Il n'en demeure pas moins que, dans le contexte décrit ci-dessus, une priorité pour beaucoup d'éleveurs est de relever la qualité génétique de leur jumenterie. Côté étalonnage, l'offre s'est récemment transformée avec l'arrivée de Gérard Augustin-Normand, Guy Pariente, Al Shaqab et l'ouverture du haras de Bonneval à des étalons non estampillés Aga Khan. Ce mouvement va se poursuivre.

Le Syndicat doit donc peser pour encourager la qualité de la jumenterie à travers un aménagement du système de primes à l'éleveur. Pour cela, il doit engager une réflexion collective. L'élevage est fait de différents modèles qu'il ne faut surtout pas opposer : plat ou obstacle, éleveur commercial ou faisant courir, petit ou grand, avec ou sans sol. Cette démarche doit se donner comme objectif de rendre le système plus simple, plus lisible et plus en prise avec les enjeux actuels.

3. Les encouragements ont évolué au cours des dernières années (deux taux seulement pour la prime propriétaires, un pour les 2, 3, 4ans, un pour les 5ans et plus, et une baisse des primes aux "FR" assimilés). Doivent-ils à nouveau évoluer dans un sens ou dans un autre ? Et si votre réponse est oui, quelle évolution proposeriez-vous ?

La réalité de la situation financière actuelle ne nous donne pas vraiment le choix ; donc oui il faut encore faire évoluer le modèle d'attribution des encouragements, en cherchant à concilier l'attractivité de nos courses partants, ratings et la viabilité économique des écuries et des élevages.

Cette réflexion sur les encouragements doit s'inscrire, plus largement, dans un contexte de remise à plat du budget de France Galop. Mieux vaut prendre l'initiative en la matière plutôt que d'attendre et s'en remettre à l'État pour régler nos problèmes de financement. À trop attendre de ce dernier, la filière prendrait le risque de perdre, un jour, la maîtrise de son destin.