La révolution américaine pour des courses propres est bien en marche

Autres informations / 18.07.2015

La révolution américaine pour des courses propres est bien en marche

Jour après jour, les possibilités de voir reconnaître et de ratifier une vraie politique nationale (comprendre fédérale) de contrôle de la médication et de lutte antidopage au sein des courses américaines se font de plus en plus importantes. Les choses s’accélèrent outre-Atlantique, depuis le lancement en mai d’un projet par un membre du Congrès, le Démocrate Paul Tonko. Il porte sur la création d’un système fédéral d’harmonisation des règles de fonctionnement des courses de pur-sang, incluant notamment le volet du contrôle antidopage.

IL RESTE PLUSIEURS OBSTACLES ADMINISTRATIFS ET POLITIQUES A FRANCHIR

Nous en sommes dorénavant au stade d’un projet de loi déposé conjointement avec un autre représentant du Congrès, le Républicain Andy Barr. Il attend dorénavant l’approbation par un quorum de la Chambre des Représentants américaine. Les six dernières semaines ont permis au jeu des lobbyistes de faire son oeuvre et d’aménager le texte initial pour s’assurer qu’il respecte d’emblée tous les prérequis législatifs du domaine, notamment ceux qui figurent dans le Interstate Horse Racing Act (IHA) de 1978. Le projet de loi est dorénavant soutenu par une coalition pour l’intégrité des courses hippiques, au sein de laquelle figurent notamment le Jockey Club US, le comité du Breeders’ Cup, l’Alliance Oats et l’organisation Humane. Les prochains obstacles pour ce projet de loi sont essentiellement de deux ordres. D’abord, respecter l’ambitieux délai de mise en oeuvre des nouvelles règles et processus, fixé actuellement au 1er janvier 2017. Ensuite, régler les possibles antagonismes entre le cadre législatif des États et le contenu précis de ce projet de loi à portée fédérale.

LE DECLIN DE L’ACTIVITE HIPPIQUE N’EST PAS IRREVERSIBLE

Lors de leur récente conférence de presse de présentation de leur projet, Andy Barr et Paul Tonko ont tenu à contextualiser le texte, jouant notamment sur la gravité du moment pour les courses américaines, touchées par quelques animale. Pour Andy Barr, « Nous refusons d’accepter le déclin des courses comme un fait irréversible. Un nouvel âge d’or pour les courses hippiques est non seulement possible, mais qu’il est également accessible à condition de réformes. Il faut que nous fassions tomber certaines barrières et que nous unifiions notre sport sous une bannière nationale, avec un ensemble de règles et de procédures liées à la médication identiques. Nous pourrons alors envisager de devenir l’activité hippique la plus prospère, populaire et compétitive de la planète. » Paul Tonko a fait le choix d’une argumentation différente et complémentaire. « Il ne faut pas se tromper.  L'athlète est le point principal et l’épicentre de notre industrie des courses. Les magnifiques, magiques et puissants animaux que nous appelons chevaux de courses sont au centre de cette nouvelle législation. »

LA CREATION D’UNE STRUCTURE FEDERALE

Le projet de loi intègre la création d’une structure fédérale spécifique contre le dopage : le Thoroughbred Horseracing Anti-Doping Authority (THADA), placé dans la sphère d’influence de l’USADA (United States Anti-Doping Agency), l’agence parapluie américaine qui traite toutes les questions de dopage. Son bureau exécutif serait composé de six représentants de l’USADA, dont le directeur exécutif de celui-ci, et de cinq représentants des courses hippiques, rémunérés par l’USADA. Pour assurer au mieux le bon fonctionnement de cet organe indépendant que serait le THADA, ses représentants seraient dotés de pouvoirs élargis, identiques par exemple à ceux détenus par les officiels des commissions hippiques de chaque État. Ils devront pouvoir mener leurs investigations de manière indépendante et auront toute latitude en matière de contrôle antidopage ou de prélèvements, en vue de détecter d’éventuelles violations sur la médication des chevaux de courses. Financé par l’industrie des courses, le mode de fonctionnement autonome de THADA soulève des objections de la part d’opérateurs privés des courses, qui se sentent floués par l’émergence d’un possible futur grand acteur fédéral. C’est ainsi que l’Association of Racing Commissionners International (ARCI) – les commissaires des courses – s’est dit opposée au projet de loi par la voix de son président Ed Martin. « l’ARCI est unanimement contre la création d’une organisation nationale de régulation des courses qui fonctionnerait avec des fonds publics, mais serait mise entre les mains d’une structure privée. Car il faut noter que le projet de loi ne prévoit aucune ressource ou mise à disposition d’un budget fédéral. La santé des chevaux et les règles de médication ne devraient pas être laissées à une entité qui n’a pas d’expérience avec de tels sujets et au sein de laquelle il n’y a pas de représentation vétérinaire. » Le financement de THADA pourrait être assurément un sujet de débat dans le processus de sa création. Le projet de loi prévoit pour l’instant que « THADA sera financé intégralement par les activités des courses. » Reste que la déclinaison, au sein de chaque État, du taux de contribution de chaque organisation des courses au budget de THADA risque de faire l’objet de futures et longues discussions. À ce stade, une chose est sûre, jamais les États-Unis ne s’étaient "aventurés" aussi loin sur la voie d’une harmonisation des règles applicables aux courses de galop.


 

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