Débat sur les courses pmh : le pourquoi du comment

Autres informations / 01.08.2015

Débat sur les courses pmh : le pourquoi du comment

Pour

vous permettre de participer dès ce week-end au débat sur la réduction du

nombre de courses PMH, nous avons souhaité vous exposer aujourd’hui le projet

de réforme. En voici donc les principales caractéristiques.

OBJECTIF

: OPTIMISATION DES PARTANTS DANS LES COURSES PREMIUM

L’objectif

de la réforme est l’optimisation des partants dans les courses Premium. C’est

le seul et unique but poursuivi par France Galop, comme nous l’a confirmé

Bertrand Bélinguier vendredi. Les chiffres disent que, depuis 2013, le nombre

de chevaux à l’entraînement a baissé de 5 % ; et que, par conséquent,  le nombre de partants a baissé de 3 % en 2014

et de 4 % au premier semestre 2015 ; avec l’effet négatif que l’on sait sur le

chiffre d’affaires du PMU, puisque les courses ne sont vraiment rentables qu’à

partir de quatorze partants. France Galop écrit : « Face à cette situation qui

a un impact direct sur la production des enjeux et donc sur le financement de

notre filière, nous devons adapter le nombre de courses aux effectifs des

chevaux, afin d’augmenter la participation dans les courses Premium. » La

société mère a fixé un objectif de 5 % de baisse sur deux ans, soit 350 courses

en moins : « Cette réduction doit s’opérer sur les courses PMH (plat et

obstacle), afin de concentrer les partants sur les courses Premium. Elle

pourrait s’effectuer en deux temps : deux tiers du total en 2016 et un tiers en

2017. »

LA

DEMARCHE : EN ASSOCIATION AVEC LES GRANDES INSTANCES REGIONALES

Le 2

juillet, Bertrand Bélinguier a écrit à tous les présidents de Conseils et de

Comités régionaux : « Pour réaliser l’objectif, nous souhaitons que chaque

instance régionale du galop fasse des propositions de réduction des courses PMH

qui tiennent compte de la réalité du terrain et des spécificités régionales. »

Le retour des régions est attendu au plus tard le 1er septembre. Dans son

courrier, France Galop prend soin de préciser que les allocations des courses

supprimées seront entièrement réaffectées au niveau régional. De son côté, la

société mère mène une réflexion pour réduire la part de courses Premium creuses

en partants et pour envisager le transfert calendaire de certaines réunions.

SUPPRIMONS

EN PRIORITÉ LES PMH SUR LES HIPPODROMES QUI COURENT AUSSI PREMIUM

« Merci

pour votre article relatif à la diminution des courses PMH et d’ouvrir le

débat. Les fédérations sont justement chargées de réfléchir à ce sujet et de

faire des propositions d’ici début septembre à France Galop.  Nous allons nous réunir prochainement pour

cela. Déjà, et malheureusement avant la tenue de ces réunions, des voix se font

entendre pour supprimer de petits hippodromes. C’est à la fois hors sujet et

destructeur. Les petits hippodromes ont en effet des partants qui ne concurrencent

en rien les maidens des courses Premium par exemple, auxquels ils ne peuvent

pas prétendre participer. Il s’agit bien davantage de faire la liste des

courses Premium qui ont trop peu de partants et de faire en sorte que celles-ci

soient renforcées par des courses PMH émanant de pôles régionaux ou de première

catégorie de province. Ce sont en effet des chevaux qui peuvent prétendre

participer à ces courses Premium. Mais en aura-t-on le courage ? Certains

hippodromes ont même des courses PMH qui sont en déficit à la fois pour leur

société et pour le PMU. Elles sont probablement à supprimer en priorité. »

Marie-France

Peltier, présidente de la Société des courses hippiques de Tours-Chambray et

membre élue du conseil d’administration de la Fédération régionale Anjou-Maine

 

UNE

LARGE GAMME DE COMPÉTITIONS ET DE PROPRIÉTAIRES

« La

réduction du nombre de courses envisagée n’est pas sans interroger le très

modeste propriétaire que je suis. Avec un effectif de quatre chevaux à vocation

essentiellement "obstacle" confiés à un entraîneur de province, j’ai

la chance de me faire plaisir. Mes chevaux d’âge m’offrent la joie de voyager

pour glaner victoires et places dans des courses aux allocations modestes

allant de 5.000 à 7.000 €... et éventuellement de tenter une course Premium.

Ces modestes gains, complétés d’un apport personnel, me permettent d’investir

dans de jeunes sujets tous les deux à trois ans et, ainsi, de prétendre à des

participations à des courses premium. Que dois-je craindre avec cette

réduction? Ne plus m’offrir ces plaisirs d’aller sur ces hippodromes de

province, souvent très fréquentés ? Réduire mon ambition à des investissements

espacés, avec l’espoir de rivaliser avec des chevaux d’un très bon niveau qui

courent dans des temples des courses désincarnés ? Franchement, je n’ai pas le

sentiment de vivre aux crochets de l’Institution, ni le sentiment que les

pensions payées sont inutiles pour permettre à la filière, ni le sentiment

qu’en opposant une partie de mon effectif à l’autre, je vais vivre la même

passion… Je crois à un maillage rationalisé de la France des hippodromes pour

conserver une large gamme de compétitions, développer le propriétariat et

entretenir la passion des courses chez une nouvelle génération de turfistes. »

André

Martin, propriétaire