Haras du hoguenet

Autres informations / 12.08.2015

Haras du hoguenet

JOUR DE

GALOP. – COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT L’ELEVAGE DE CHEVAUX DE COURSE ?

Anthony

Baudouin. – J’ai été baigné dans le milieu depuis mon enfance, c’est une

histoire de famille. Mon arrière-grand-père était éleveur pour la famille

Dupré, puis mon père l'a été également. Mes parents ont acquis l’ancien haras

de Jean Prat. Je me suis alors lancé dans l’élevage, et en 2006, nous avons

racheté le haras du Hoguenet avec mes parents. J’ai aussi fait beaucoup de

compétition, surtout en concours complet. J’ai été vice-champion d’Europe dans

la catégorie jeunes cavaliers.

L’ELEVAGE

EST UNE ACTIVITE DIFFICILE : QUELLE EST VOTRE MOTIVATION PERSONNELLE POUR

RELEVER LE DEFI JOUR APRES JOUR ?

Ma

motivation au quotidien reste la réussite de nos élèves, même si nous ne sommes

pas confrontés directement à l’entraînement et à la victoire. Notre objectif

est d’élever les meilleurs chevaux et toujours dans l’optique de les faire

gagner. Il faut aimer les challenges. L’esprit de compétition reste lié à mes

années en tant que cavalier. Dans les courses, c’est plus long car on ne vise

pas, nous, directement, le poteau d’arrivée. Nous nous occupons de tout le

travail en amont. C’est toujours une satisfaction de voir ses élèves, ou les

élèves des clients, passer le poteau en tête.

QUAND

VOUS REPENSEZ AUX MEILLEURS CHEVAUX CONÇUS AU HARAS, VOUS SOUVENEZ-VOUS DES

CRITERES QUI VOUS AVAIENT POUSSE A REALISER TEL OU TEL CROISEMENT ?

Tout

d’abord pour les juments. J’aime bien récupérer celles qui ont du coeur, qui se

donnent sur la piste et qui prouvent qu’elles ont un moral de vainqueur.

J’essaye donc de trouver des juments qui correspondent à ces critères. Ensuite

pour les étalons. Les points faibles de certaines juments sont améliorés grâce

aux qualités des étalons choisis. Je suis un fervent défenseur des étalons

français. J’essaye d’utiliser les étalons du haras en priorité et j’aiguille

mes clients sur des étalons français essentiellement.

SELON

VOUS, QUE FAUT-IL PRIVILEGIER DANS LE MARIAGE JUMENT/ETALON : VITESSE/FOND,

VITESSE/VITESSE, FOND/FOND ?

Je suis

assez contre les croisements de vitesse avec fond et fond avec vitesse. Je

n’aime pas trop faire d’écarts importants entre les distances. Par exemple, je

peux accorder 1.400m ou 1.800m à une jument de 1.600m, mais avec une jument de

3.200m, il n’est pas question de croisement avec un étalon de 1.200m en

espérant qu’elle produise un gagnant de 1.600m. Je pense que les chevaux sont

faits pour courir telle ou telle distance. Ils ont des fibres musculaires qui

leur permettent de courir une certaine longueur et c’est ce que j’essaye de

respecter

FAIRE

NAITRE UN POULAIN D’UNE JUMENT INEDITE, EST-CE REDHIBITOIRE, UN SIMPLE RISQUE

OU N’EST-CE PAS UN PROBLEME?

Ce n’est

absolument pas un problème pour moi, à partir du moment où le pedigree est bon.

Il existe aussi des différences entre les inédits. On entend beaucoup de

personnes dire que les juments qui ont beaucoup couru et qui ont fait de

superbes performances ne seront pas forcément les meilleures génitrices, et

qu’à l’inverse, un cheval qui a peu couru a gardé son potentiel de

reproduction. J’ai des juments qui ont couru très longtemps et qui ont été de

bonnes poulinières. Elles ont produit plein de chevaux comme elles, solides,

avec un coeur gros comme ça !

QUI EST,

POUR VOUS, LE PLUS GRAND ELEVEUR DE L’HISTOIRE? ET POURQUOI ?

Il y a

des élevages qui font rêver de par leur sélection, comme l’Aga Khan. Il a connu

de très belles années après avoir racheté des familles prédominantes, comme

Dupré et Lagardère. Les chevaux sont somptueux grâce à l’énorme sélection qui

est faite par les équipes du prince.

ET VOTRE

CHAMPION PREFERE DANS TOUTE L’HISTOIRE ?

Zarkava.

Elle avait cette rage de vaincre. C’est une jument qui se transcendait pour

gagner. Elle me fait penser aux juments que j’aime retrouver au haras, à savoir

celles avec du coeur et cette envie de vaincre.

RACONTEZ-NOUS

VOTRE PLUS BELLE HISTOIRE AUX VENTES DE DEAUVILLE.

La

dernière en date est celle d’une pouliche par Enrique, Rive Neuve, qui avait

été présentée aux ventes par un de mes clients… qui l’a finalement rachetée

pour 10.000 euros. Je ne souhaite pas que le rachat soit synonyme d’échec,

c’est pourquoi avec des amis, nous nous sommes associés à lui. La pouliche est

aujourd’hui à l’entraînement chez Francis-Henri Graffard et elle vient de

terminer deuxième du Prix La Flèche (L) à Chantilly, en juin. Les ventes ne

font pas partie de mes objectifs principaux car mes clients élèvent

principalement pour courir. D’où le choix des croisements qui ne sont pas

toujours élaborés dans une optique commerciale.