Book 1 de la vente d'octobre tattersalls :  newsells, frankel et de nouvelles alliances

Autres informations / 10.10.2015

Book 1 de la vente d'octobre tattersalls : newsells, frankel et de nouvelles alliances

BOOK 1 DE LA VENTE D'OCTOBRE TATTERSALLS :  NEWSELLS, FRANKEL ET DE NOUVELLES ALLIANCES

Jeudi 8 octobre, le Book 1 de la vente de yearlings d'octobre Tattersalls s'est conclu après trois jours de vente. Après un démarrage explosif lors du Jour 1, le Book 1 s'est avéré assez stable par rapport à 2014, avec un prix médian n'évoluant pas, à 125.000 guinées, et un prix moyen en légère baisse, à 222.431 guinées (5,7 %). Plusieurs faits marquants se sont dégagés de cette vente.

Côté vendeurs

QUE DU CHOCOLAT POUR NEWSELLS PARK STUD

Newsells Park Stud a écrasé ce book 1 de la vente de yearlings d'octobre. Le haras appartenant au Dr Andreas Jacob, lequel a succédé à Klaus Jacob et dirigé par Julian Dollar arrive nettement en tête des vendeurs : 19 lots vendus pour un chiffre d'affaires de 8.160.000 guinées et un prix moyen de 429.474 guinées. Newsells Park Stud est derrière le top price de ce book 1 : le lot 304, une pouliche par l'étalon Darley dubawi et loveisallyouneed (Sadler's Wells), achetée par... Coolmore. Le sous-enchérisseur n'était autre que John Ferguson. Il est rare de voir Coolmore investir sur les étalons Darley, mais la famille maternelle de la pouliche justifiait ce choix : John Magnier était associé sur ce lot avec Richard Henry, qui avait acheté la deuxième mère, Jude, et avait vendu Loveisallyouneed à Newsells. Jude étant décédée, cette pouliche permet à Richard Henry de revenir dans cette famille.

 

Un haras au profil 100 % commercial

Ce book 1 est en tout cas l'illustration de la montée en puissance de Newsells Park Stud. Le haras a été fondé dans les années 2000 par Jacob Klaus, disparu en 2008. Derrière Newsells se cache Jacob Holdings, qui est également actionnaire d'Adecco, l'agence internationale de recrutement, et de Barry Callebaut, leader mondial des produits de cacao et de chocolat. Newsells Park Stud a basé son élevage sur la vente, à l'image par exemple de l'Écurie des Monceaux en France, qui apparaît depuis plusieurs années au "top" des vendeurs lors des ventes de yearlings Arqana.

Dans une interview que nous  avions  publiée  en  janvier 2014, Julian Dollar nous expliquait : " Newsells vise d'abord la rentabilité, donc notre objectif commercial est simple : atteindre un résultat positif chaque année. Tous nos élèves passent ainsi en vente, sauf les chevaux dont les radios sont mauvaises ou qui ont des problèmes de conformation. Nous avons environ quatre-vingt-dix juments, soit soixante foals chaque année. Tous les ans, nous passons des foals en vente, même si la majorité de nos produits sont présentés yearlings sur un ring. "

La particularité de Newsells Park Stud est aussi d'être présent sur plusieurs marchés : le plus important est bien entendu l'Angleterre, avec Tattersalls octobre, mais Newsells présente aussi à Deauville, à Baden-Baden et à Doncaster. Julian Dollar a expliqué : " Klaus Jacobs voulait que Newsells soit un élevage international et soit présent sur tous les marchés de l'hémisphère Nord. Nous avons vendu aux États-Unis et nous avons quelques chevaux à l'entraînement là-bas, même si les marchés européen et américain deviennent de plus en plus différents année après année. "

Une progression fulgurante àTattersalls

Newsells Park Stud a présenté pour la toute première fois des yearlings au book 1 de Tattersalls en 2002 : deux lots sont passés sur le ring, pour un prix moyen de 51.000 guinées et un chiffre d'affaires de 102.000 guinées. Treize ans plus tard, le haras est désormais "top vendeur" du book 1, avec  19  yearlings  vendus  pour  un  prix  moyen  de

429.474 Gns et un chiffre d'affaires de 8.160.000 guinées ! Le top price pour un yearling vendu par Newsells Park Stud à la vente d'octobre Tattersalls est de 3.600.000 guinées, pour un fils de Galileo et de shastye (Danehill). Ce yearling a été, le temps d'une journée, le yearling le plus cher du monde en vente publique, avant que ne passe sur le ring une certaine al naamah K (Galileo), vendue 5.000.000 de guinées à Al Shaqab Racing.

L'autre succès de Newsells : Nathaniel

Cette année, les premiers yearlings de nathaniel (Galileo) foulaient un ring. L'étalon, syndiqué, est basé à Newsells Park Stud. Dans l'ensemble, il a reçu un accueil plutôt favorable lors de ce book 1. Nathaniel apparaît en effet à la neuvième place du classement des étalons, avec treize yearlings vendus à un prix moyen de 232.769 Gns, pour un chiffre d'affaires de 3.026.000 Gns. Un seul étalon de première production  a  fait  mieux  que  lui...  Un  certain  Frankel

(Galileo).

Côté étalons

FRANKEL, UN ACCUEIL PRUDENT

Avec neuf yearlings vendus pour un chiffre d'affaires de 4.005.000 guinées et un prix moyen de 445.000 guinées, il serait extrêmement sévère de parler d'un échec. Frankel apparaît à la sixième place du classement des étalons, derrière galileo, dubawi, invincible spirit, oasis dream et shamardal. Si on parle en termes de prix moyen, Frankel est même à la troisième place du podium avec 445.000 Gns, derrière Dubawi 662.273 Gns et Galileo 545.882 Gns. Mais, pour autant, le feu d'artifice attendu autour des yearlings de Frankel n'a pas vraiment eu lieu...

Frankel n'atteint pas la barre du million de guinées Le sentiment de déception provient d'un élément chiffré mais aussi psychologique : la fameuse barre du million, le résultat à "sept chiffres". Or, Frankel n'a pas réussi à franchir cette barre hautement symbolique : il y était parvenu à Arqana, en août, ou encore, plus récemment, à la Orby Sale de Goffs. Mais, à Tattersalls, la magie n'a pas autant fonctionné. Le top price pour un yearling de Frankel lors de cette vente d'octobre est de 750.000 Gns pour un mâle issu de la championne dar re Mi (Singspiel), triple gagnante de Gr1 et à de multiples reprises placée à ce niveau de compétition. Ce yearling, extrêmement médiatisé avant la vente, était très attendu... Finalement, 750.000 Gns sonnent peu cher pour un poulain présentant un tel pedigree. En comparaison,  de  tréville  (Oasis  Dream),  premier  produit  de Dar Re Mi, avait été adjugé 850.000 Gns à cette même vente en 2013.

Le yearling par Frankel et Dar Re Mi a été acheté par John Gosden pour Al Shaqab Racing. John Gosden est familier de la famille maternelle, puisqu'il entraînait Dar Re Mi et qu'il a sous sa responsabilité le 2 ans de la poulinière, un mâle par Dubawi.

Des vendeurs aux attentes élevées

Frankel a commencé la monte au haras à 125.000 livres. Il est logique que les vendeurs espèrent trouver un bon retour sur investissement après avoir fait confiance au meilleur cheval du monde aux ratings internationaux. En tout, dixhuit lots été catalogués. Cinq étaient absents, neuf ont été vendus, à un prix moyen de 445.000 guinées, trois ont été rachetés et un n'a pas été vendu. Le prix moyen des rachats et du non-vendu s'élève à 306.250 guinées.

À de tels niveaux, on ne peut pas parler d'échec, mais il reste que l'accueil a été plutôt prudent pour ce jeune étalon ayant tant impressionné en piste. Comme à Deauville, un élément est ressorti des premiers yearlings de Frankel lors du book 1 de Tattersalls : il ne signe pas forcément ses produits, et cela a pu jouer sur les attentes des acheteurs.

Des débuts qui ne peuvent pas être qualifiés de décevants

Il est possible de comparer les débuts sur le ring de Frankel à ceux d'un étalon comparable, qui fut un véritable crack en piste : sea the stars (Cape Cross). En 2012, les premiers yearlings de Sea the Stars foulaient les rings. Lors du book 1 de Tattersalls, dix-neuf de ses produits avaient trouvé acheteur, pour un chiffre d'affaires de 5.120.000 guinées et un prix moyen de 269.474 guinées. En termes de prix moyen, Frankel fait donc mieux à 445.000 guinées. Personne ne parlait de déception lorsque les premiers yearlings de Sea the Stars sont passés en vente et il n'y a pas de raison pour que ce soit le cas avec Frankel. Il faut aussi préciser que le marché a beaucoup progressé depuis 2012 et que, aujourd'hui, les premiers yearlings de Sea the Stars se seraient certainement vendus à une moyenne plus élevée qu'en 2012. Un autre élément a aussi un impact sur le prix moyen : le prix de la saillie. Sea the Stars a débuté à 85.000  euros  et  Frankel  à  125.000  livres  (environ

159.000 euros). Cela joue évidemment aussi sur les attentes des vendeurs. Frankel et Sea the Stars ont un autre point commun : ils ne signent pas forcément leurs produits. Cela ne les empêche pas de briller en piste et souhaitons à Frankel de marcher dans les traces de Sea the Stars, qui a produit une gagnante classique dès sa première génération : une certaine taghrooda.

Côté acheteurs

Cette vente de yearlings d'octobre Tattersalls a été de nouveau le théâtre de l'affrontement entre Coolmore et Godolphin. John Magnier et Richard Henry ont notamment eu le dernier mot sur John Ferguson pour le top price, la pouliche par Dubawi et Loveisallyouneed.  Au  final,  Coolmore (M. V. Magnier) se classe premier au classement des acheteurs, avec dix yearlings pour un chiffre d'affaires de 8.885.000 guinées et un prix moyen de 888.500 guinées. John Ferguson, plus prolifique, a acheté vingt-trois yearlings pour un chiffre d'affaires de 8.400.000 guinées et un prix moyen de 365.217 guinées. Derrière ces chiffres se cache un autre combat : celui entre Galileo et Dubawi.  Godolphin ainsi que Shadwell, troisième au classement des acheteurs n'investit pas dans les étalons Coolmore et n'était pas présent sur les combats autour de Galileo. Coolmore est derrière quatre des six yearlings millionnaires, dont le top price par Dubawi dont nous avons parlé plus haut, où il n'est pas tant question de l'étalon que de la famille maternelle. Les trois autres yearlings millionnaires acquis par Coolmore sont des produits de Galileo. Le top price pour un produit de l'étalon est de 1.300.000 guinées pour le lot 30, un fils de a Z Warrior. Pour ce lot, Coolmore a bataillé avec les poids lourds du secteur outre Darley et Shadwell dont notamment le China Horse Club. Or, Coolmore et le China Horse Club sont associés sur différents chevaux et il était plutôt surprenant de les retrouver face à face. Au-delà du combat des poids lourds, ce book 1 de Tattersalls a été le théâtre de nouvelles alliances et de nouveaux investisseurs.

Markus Jooste arrive en Angleterre

Les Sud-Africains de Mayfair Speculators (Markus Jooste) se sont manifestés pour la toute première fois à Tattersalls. Ils étaient présents depuis deux années à la vente d'août Arqana, où ils trustaient les sommets. Cette année, ils se sont fait remarquer en déboulant d'emblée à la quatrième place du "top" des acheteurs, toujours en association avec Peter et Ross Doyle : douze yearlings achetés pour un chiffre d'affaires           de 4.175.000 guinées et un   prix   moyen   de 339.583 guinées. Audelà de leur présence en Angleterre, un autre de leurs achats a marqué : celui du lot 71, une fille de Dubawi et de Badee'a (Marju). Pour la première fois, le China  Horse  Club  et

Mayfair Speculators ont fait le choix de s'associer sur un yearling. Inédit. En tout, ils ont acheté trois yearlings ensemble, les deux autres étant sous la bannière Doyle/Mayfair Speculators/China Horse Club.

Alors que nous avions l'habitude de voir le China Horse Club allié à Coolmore, le racing club de Teo Ah King a aussi décidé de s'allier avec Qatar Racing : ensemble, ils ont acheté, moyennant 1.200.000 guinées, le lot 255, un fils de Galileo et de Jacqueline Quest (Rock of Gibraltar). Une alliance leur ayant permis d'avoir le dernier mot sur... Coolmore ! L'alliance entre Qatar Racing et le China Horse Club n'est pas nouvelle : elle a débuté en décembre 2014, lorsque les deux entités ont acheté ensemble Just the Judge (Lawman) moyennant 450.000 guinées. Ils ont aussi acquis un 2ans ensemble à la Craven breeze up Tattersalls 2015. Mais c'est la première fois qu'ils achètent un yearling ensemble.

Et Al Shaqab racing ?

Au classement des acheteurs, le nom d'Al Shaqab Racing apparaît à la sixième place. En réalité, l'écurie du cheikh Joaan Al Thani est le deuxième acheteur de ce book 1 en termes de chiffre d'affaires, car elle a travaillé avec une grande variété de courtiers. Le phénomène avait déjà été constaté, peut-être dans une moindre mesure, à Deauville. Mais Al Shaqab Racing continue d'étendre son emprise sur l'Angleterre et ce book 1 le montre bien. En tout, Al Shaqab

Racing a dépensé 8.845.000 guinées, pour un prix moyen de 285.322 guinées.