American pharoah est-il le nouveau secrétariat ?

Autres informations / 03.11.2015

American pharoah est-il le nouveau secrétariat ?

AMERICAN PHAROAH EST-IL LE NOUVEAU

SECRÉTARIAT ?

American

Pharoah (Pioneerof The

Nile) a remporté samedi à Keenland le huitième Gr1 de sa jeune carrière. Il

quitte la compétition suite à une très belle victoire dans le Breeders' Cup

Classic, après avoir décroché le titre de Triple Crown winner 2015. Cette

distinction est celle que l’on décerne au cheval qui remporte le Kentucky

Derby, les Preakness Stakes et les Belmont Stakes (Grs1).

 

Par

Bruno Barbereau, éditorialiste à Jour de Galop et animateur de Horse

Racing Chrono https://twitter.com/HorseRacingChro

 

Une performance exceptionnelle et le

record de la piste

2’00’’07 : c’est le temps

qu’a mis American Pharoah pour

parcourir les 2.000m de la piste en dirt

de Keeneland. C’est aussi le nouveau record de la piste, dont le dirt a récemment remplacé la surface

synthétique. Le futur lauréat a contrôlé la course du départ à l’arrivée. Six

longueurs et demie d’avance sanctionnent sa supériorité. Cette victoire est

incroyable de facilité, probablement la meilleure de sa carrière en termes de

vitesse. Il obtient à cette occasion sa plus haute Beyer speed figure : 120.

 

De bonnes fractions qui sont la signature

d’un très bon cheval sur le dirt

Les

chiffres parlent d’eux-mêmes : un quart de mile en 23,99 secondes,

un demi-mile en 47,50 secondes, trois quarts de mile en 1’11’’21,

un mile en 1’35 ‘’47 et un mile un quart en 2’00’’07.

Sa vitesse moyenne est de 16,65 mètres par seconde. Elle fut quasiment

constante du départ à l’arrivée, marquée par des sections de quatre cents

mètres en légère décélération : 23’’99 ; 23’’51 ; 23’’71 ;

24’’26 ; 24’’60. La vitesse maximum est atteinte dans le deuxième

quart : plus 17 mètres par seconde, alors que la vitesse minimum est

logiquement touchée dans le dernier quart : 16,26 mètres par seconde.  Sur de telles bases de vitesse en début de

parcours, la décélération est généralement plus brutale dans les 800 derniers

mètres. Le point fort d’American Pharoah est, à l'image de sa performance dans

les Belmont Stakes, de pouvoir maintenir une très bonne vitesse jusqu’à la fin

de la course.

 

Un palmarès exceptionnel

Des

chiffres qui font rêver : neuf victoires en onze sorties, dont huit Grs1

et 8.650.300 dollars de gains. La carrière d’American Pharoah pourrait être

considérée comme un parcours sans faute, si on excepte son faux-pas du mois

d’août où il terminait deuxième des Travers Stakes (Gr1) à Saratoga, ainsi que

la course de ses débuts dans un maiden

pour 2ans à Del Mar. Cette deuxième place sur une piste surnommée "le

cimetière des champions" depuis la défaite de Gallant Fox en 1930, avait déjà failli mettre un terme à la

carrière d’American Pharoah. Il faut souligner l’esprit de compétition de l’entourage

qui a tenu à sortir par la grande porte tout en sachant qu’une victoire "avec

la manière" dans le Breeders' Cup Classic serait la meilleure carte de

visite en tant que futur étalon,  avec

toutes les répercutions que cela implique...

 

American Pharoah n’est pas Secretariat

Le

secteur hippique construit de nouvelles stars, un peu à la façon des émissions

télévisées pseudo artistiques. American

Pharoah est incontestablement un très bon cheval, mais qu'en est-il

exactement par rapport à un champion de la trempe de Secretariat ? À ce jour, et ce depuis 1973, Secretariat détient toujours

l’incroyable record des trois meilleurs temps dans la Triple Crown (une référence essentielle sur le dirt) ainsi que la plus haute Beyer speed figure de

l’histoire des courses américaines : 139 !

Cette valeur fut obtenue dans les Belmont Stakes alors que American Pharoah

culmine à 120 depuis sa victoire samedi dernier dans le Breeders' Cup Classic.

 

 

Courses sur le dirt, courses sur le

turf : mode d’emploi

Génétiquement

et physiquement, les chevaux de dirt

sont différents des chevaux de turf. Leurs aptitudes et leurs exigences en

course sont totalement opposées. Sur le dirt, les fractions en début de

parcours sont nettement plus élevées que sur le turf ou les surfaces synthétiques.

Dans cette seconde catégorie, c’est l’accélération qui prime. Si on voulait

avoir une approche comparative et caricaturale, on peut affirmer que sur le dirt, c’est la vitesse

d’entrée de course qui est essentielle, et que sur le turf, c’est la vitesse de

fin de course qui est la plus importante. Pour s’en convaincre, considérons une

statistique comparative réalisée sur les courses disputées sur 1.600m dirt et turf au cours de la saison

hivernale 2014 - 2015 à Gulftream Park.

 

 

Le déroulement d’une course à partir des

temps de passage sur deux surfaces différentes

Après

quatre cents mètres de course, le cheval de dirt

mène d'une longueur trois quarts. À mi-parcours, le cheval de dirt a pris le large et atteint l’écart

maximum qui le sépare du cheval de turf : neuf longueurs et demie. Au

poteau des 1.200m, l’écart fond nettement mais est toujours de sept longueurs

et demie. Dans la dernière section de quatre cents mètres, le cheval de turf

refait près de neuf longueurs sur le cheval de dirt.