Le sport par le temps

Autres informations / 01.12.2015

Le sport par le temps

JAPAN CUP 2015 : UN GRAND CRU ?

Disputée dimanche 29 novembre 2015 sur les 2.400m de l’hippodrome de Tokyo, la 35e édition du Japan Cup est remportée par Shonan Pandora (Deep Impact) en 2’24’’70. Elle enlève à cette occasion le deuxième Groupe 1 de sa carrière.

Un temps brut correct mais sans rien d’exceptionnel. Partant d’un temps brut moyen de 2’24’’90 pour ses 33 précédentes éditions, l’épreuve 2002 ayant été disputée sur les 2.200m de Nakayama, on peut considérer que le temps brut de la course, 2’24’’70, est correct sans sortir de l’ordinaire. Il situe la gagnante, Shonan Pandora, une longueur au-dessus du Par Time historique de ce célèbre Groupe 1. Elle ne signe que le 15e temps de l’histoire du Japan Cup. Une donnée qui classe définitivement cette performance dans la moyenne avec toute la signification que ce terme comporte.

Loin des meilleures performances. Le record de l’épreuve est détenu depuis 2005 par Alkaased en 2’22’’10, une performance que l’on peut estimer meilleure de près de treize longueurs. Sans s’appuyer sur la base de ce record, on est tout de même très en deçà du temps brut de 2’23’’10 réalisé dans un passé très récent par Epiphaneia en 2014 et Gentildonna en 2012. 

Une accélération significative. En bouclant les six cents derniers mètres de son parcours sur la base de 33’’90 secondes, on peut considérer que c’est cette faculté d’accélérer qui a permis à Shonan Pandora de remporter le Japan Cup 2015, même si très peu d’écart sépare les trois premiers.

Le Japon des Us et Coutumes auxquels les courses n’échappent pas. Le Japon est pour nous Européens un pays fascinant, mais dont les us et coutumes peuvent paraître si éloignés de l’Occident. Leurs différences contribuent à leurs richesses. La façon stratégique d’appréhender les courses n’échappe pas à ces différences. Les courses disputées sur le turf et la distance sont souvent très rythmées, avec un early pace beaucoup plus soutenu qu’en Europe, mais la phase d’accélération demeure un élément déterminant. Disputées avec beaucoup de fair play sur un scénario qui semble moins stratégique qu’en Europe, il n’en demeure pas moins que le niveau des chevaux japonais sur le turf, sur 1.600m et au-delà, est excellent, comme en témoignent leurs escapades dans l’"Arc de Triomphe" et pendant le Dubai World Cup Carnival.

Erupt déçoit mais ne démérite pas. En terminant sixième et premier du contingent européen, on pouvait attendre mieux de la prestation d’Erupt (Dubawi) sur une distance et un terrain à sa convenance. Longtemps pointé parmi les leaders, il finit en 2’25’’00, parcourant les six cents derniers mètres en 34’’40 secondes. On peut invoquer quelques excuses : septième course de l’année, long déplacement, gêne dans le dernier tournant. Tous ces éléments n’ont pas permis à Erupt de reproduire sa phase d’accélération magique qui lui avait permis de gagner le Prix du Lys Longines (Gr3) à Chantilly au mois de juin 2015.

Le Japan Cup 2015 ne fut pas le Japan Cup de tous les temps, mais il est désormais évident qu’il est devenu impossible de battre les Japonais sur leur terrain sans faire de cette course un objectif, car le niveau de leurs chevaux suffirait à remporter bien des Groupes sur la distance et le turf européen.

 

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