Jacques ricou et son expérience irlandaise : « j’ai beaucoup observé, j’ai écouté »

Autres informations / 24.01.2016

Jacques ricou et son expérience irlandaise : « j’ai beaucoup observé, j’ai écouté »

ACA

JACQUES RICOU ET SON EXPÉRIENCE IRLANDAISE : « J’AI BEAUCOUP OBSERVÉ, J’AI ÉCOUTÉ »

 

L’hiver de Jacques Ricou a été studieux : le jockey français était en Irlande, chez Willie Mullins. Cette expérience lui a permis de découvrir de l’intérieur le travail de l’entraîneur irlandais, mais aussi de monter en course. Ces quelques semaines en Irlande ont laissé à Jacques Ricou de bons souvenirs qu’il nous raconte.

 

Jour de Galop. - Qu’est-ce qui vous a motivé à vous rendre en Irlande cet hiver ?

Jacques Ricou. - Je n’ai monté qu’un seul week-end en novembre en France, à cause d’une suspension et à la suite des tristes événements du 13 novembre qui ont conduit à déplacer des courses. Je n’avais aucune proposition pour participer de manière active aux meetings d’hiver. Rester en France pour ne rien faire n’avait pas trop d’intérêt et je ne me voyais pas partir en meeting sans proposition. Je voulais découvrir une autre méthode de travail et j’étais intrigué par Willie Mullins. Je ne connaissais pas son travail de l’intérieur et je me suis dit : « Si un Français doit le découvrir, autant que ce soit moi. »

 

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Le bilan est positif. À la base, j’y allais sans intention de monter en course, seulement pour faire un travail, comme n’importe quel lad. Finalement, j’ai pu monter quelques courses et c’est un vrai bonus. Cela m’a permis de découvrir Leopardstown qui est un hippodrome magnifique. J’ai pu également monter les "King George", même si je suis tombé avec Valseur Lido. J’ai été très bien accueilli par l’équipe de Willie Mullins. J’ai beaucoup observé, j’ai écouté.

 

Peut-on comparer le système des courses françaises avec celui des courses irlandaises ?

C’est difficile de les comparer. En Irlande, il y a moins de courses qu’en France, avec deux ou trois meetings par semaine. Par rapport à la France, les professionnels sont beaucoup plus nombreux sur le même gâteau, sachant que ce gâteau est beaucoup plus petit que chez nous... Et en Angleterre, la différence avec la France de ce point de vue est encore plus grande, avec des allocations qui sont beaucoup plus faibles que chez nous. Il est vraiment difficile de se faire sa place quand on est jockey en Irlande. Je ne me fais pas d’illusions : j’ai monté car des gens me connaissaient et aussi parce que des professionnels ont voulu me faire plaisir. Autrement, il m’aurait été très difficile de monter là-bas. D’autant plus qu’il faut compter avec certains aléas. Il m’est arrivé de devoir monter, mais de finalement céder ma place, car le premier jockey du propriétaire était de retour : le meeting où il devait se rendre ayant été annulé à cause des intempéries.

 

Tactiquement, est-ce comparable ?

Les courses irlandaises ne sont pas une fuite en avant. Ce sont des courses assez structurées. Mais ce qui m’a marqué, c’est le nombre de chutes : il est extrêmement faible ! Sur les fences, il n’y a pas vraiment de piège. Ce sont des obstacles assez faciles qu’il faut sauter. On entend beaucoup de critiques sur les claies, mais si le cheval est fautif sur ces obstacles, il est vraiment ralenti. En Irlande, tout est fait pour le respect du cheval. On ne cherche pas l’élimination par la chute. Le public attend avant tout que les favoris gagnent et veut voir de belles luttes à l’arrivée.

 

Peut-on parler d’une méthode Mullins ?

Oui, Willie Mullins possède bien entendu sa méthode et j’ai bien adhéré à sa technique de travail. J’ai sorti des chevaux le matin et j’ai bien senti leur montée en puissance. Là-bas, les chevaux ont une semaine type et on repère plus facilement leur variation de forme. C’est très structuré et cela permet d’avoir ses repères.

 

À l’avenir, comptez-vous renouveler cette expérience ?

Je ne pense pas. J’ai fait cela car c’était une bonne opportunité. Mais ma carrière est en France. Si j’avais 20 ans, j’y réfléchirais sans doute. Je suis en tout cas content de cette expérience en Irlande et je n’ai pas du tout l’impression d’avoir perdu mon temps. Mais maintenant, je vais me concentrer sur la saison 2016 en France.

 

Ce voyage en Irlande va-t-il vous donner l’opportunité de monter lors du prochain meeting de Cheltenham par exemple ?

À Cheltenham, non. Mais, j’ai eu la chance d’être associé deux fois en Irlande à Ucello Conti. Son entourage souhaite courir avec ce cheval le Grand National et il est fort possible que je sois son partenaire.

LA CARTE POSTALE DE JACQUES RICOU

« Je tiens à remercier toute l’équipe de Willie Mullins ; tout le monde a été super sympa avec moi. Il y a aussi, en Irlande, une très bonne french team avec laquelle j’ai passé beaucoup de bons moments. J’ai également pu visiter l’Irlande et c’est vraiment une île à découvrir pour tous les passionnés des courses et des chevaux. J’espère avoir laissé un bon souvenir aux gens que j’ai rencontrés et c’est avec plaisir que je les accueillerai en France. »

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