Le galop italien perd deux grs1

Autres informations / 22.01.2016

Le galop italien perd deux grs1

ACA

 LE GALOP ITALIEN PERD DEUX GRS1

Electrocutionist (Red Ransom), Falbrav (Fairy King), Lando (Acatenango), Tony Bin (Kampala), Sirlad (Bold Lad), Star Appeal (Appiani), Prince Royal (Ribot), Ribot (Tenerani), Botticelli (Blue Peter), Tenerani (Bellini), Orsenigo (Oleander), Nearco (Pharos), Donatello (Blenheim), Archidamia (Manna), Crapom (Cranach), Ortello (Teddy) ont tous marqué l’histoire du sport hippique. Cet après-midi, les mémoires de ces lauréats du Gran Premio Di Milano se sont unies pour manifester leur désaccord d’une seule voix ! En effet, la rétrogradation du Gran Premio Di Milano de Gr1 en Gr2 a été annoncée ce jeudi. C’est le dernier coup qui est porté, par le grand tribunal des ratings, à cette course qui a bâti l’histoire du galop italien. Ce dernier a, certes, beaucoup fauté. Même Perry Mason – le célèbre avocat de la série télévisée des années 1960 – ne pourrait pas sauver le "Milano"… avec une moyenne de 109,42 sur les trois dernières éditions, soit 5,58 points de moins que le 115 exigé pour un Gr1.

 

Légende photo : Falbrav, lauréat du "Milano" avant d’être sacré cheval de l’année 2003 en Grande-Bretagne

 

L’effet papillon

La grande course de San Siro était encore pleine en 2011 et 2012, avec un rating moyen de 116,5 et 115,5. En 2013, Biz the Nurse (Oratorio) remportait une toute petite édition (115), marquée par le boycott des concurrents étrangers, suite au scandale des problèmes de paiements des allocations de 2012. Douze mois plus tard, l’outsider Benvenue (Iffraaj), crédité de 110, gagnait la course de sa vie devant Orsino (Mamool), un allemand de petit calibre. En juin 2015, Dylan Mouth (Dylan Thomas), doté d’un rating de 116, s’imposait dans un canter, cinq longueurs devant le franco-marocain Billabong (Gentlewave). Dura lex sed lex, disaient les Romains… Mais sommes-nous bien sûrs que la loi est juste, lorsqu’elle ne se base que sur trois ans, soit une fraction de seconde à l’échelle de l’histoire du galop ?

 

Un peu de maquillage

Pour tenter de maquiller cette déchéance, les conditions du "Milano"… ont été quelque peu modifiées. Cette épreuve, conçue comme un test pour les 3ans après le Derby, sera désormais réservée aux 4ans et plus, tout en étant placée une semaine avant, le 29 mai. San Siro misera donc tout son jeu sur le premier semestre, au cours d’une seule réunion, avec le "Milano", les Oaks (Gr2) et un Premio Carlo Vittadini, pour les milers, rétrogradé de Gr2 a Gr3. Rassembler trois épreuves dans une même réunion peut motiver des entraîneurs étrangers à déplacer plusieurs pensionnaires. Mais mettre tous les œufs dans le même panier n’est pas forcément la meilleure des solutions.

 

Le programme italien chamboulé

Le Gran Premio di Milano n’est pas le seul Gr1 rétrogradé et remodelé. Le Presidente Della Repubblica descend d’une marche et sera disputé sur 1.800m – la distance la plus bancale jamais inventée – par les 4ans et plus, le dimanche 8 mai. La course de Capannelle n’a pas la même histoire que le "Milano" et son rating était encore plus défaillant, à 108,67, soit moins que le seuil exigé pour un Gr2. L’Italie n’aura donc le premier de ses Grs1 qu’en septembre – le Vittorio di Capua, sur 1.600m – suivi en octobre par le "Jockey Club" (2.400m), le Lydia Tesio (2.000m, femelles), et en novembre par le "Roma" (2000m). L'European Pattern Committee a aussi mis sur la sellette trois autres Grs1 italiens à l’horizon 2017. À cette échéance, l’Italie pourrait donc se retrouver avec un seul Gr1, le Premio Lydia Tesio…

L’Italie a commis des fautes énormes par le passé, avant et après le passage du ministère de l’Agriculture du galop. Mais la question qui se pose est d’une autre nature : le galop italien mérite-t-il d’être démantelé pièce après pièce ?

Ce jeudi, à la table de l’European Pattern Committee, il y a comme un goût de Grexit (*) à la sauce italienne…

 

(*) Le terme "Grexit" – formé de l'anglais Greece, "Grèce" et exit, "sortie" – est le nom donné par la presse internationale à la possibilité de l'exclusion de la Grèce de la zone euro.

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