La grande interview :  dan skelton :  « j’espère être le bienvenu en france »

Autres informations / 31.03.2016

La grande interview : dan skelton : « j’espère être le bienvenu en france »

LA GRANDE INTERVIEW

Dan Skelton

« J’espère être le bienvenu en France »

Entraîneur anglais installé depuis trois ans et à la tête d’un effectif de 120 chevaux, Dan Skelton connaît un grand succès. Il a remporté sa première course lors d’un Festival de Cheltenham cette année, avec Superb Story. Et depuis quelques semaines, il est presque un habitué d’Enghien ! C’est d’ailleurs sur l’hippodrome du plateau de Soisy que nous l’avons rencontré.  

Dan Skelton et la France

Trois partants pour deux victoires et une deuxième place. Ce sont les statistiques de Dan Skelton en France, uniquement sur l’hippodrome d’Enghien. Il s’est imposé avec Shelford (Galileo), qui sera bientôt de retour, et avec Mont Lachaux XX (Astarabad), lequel a le Prix Cambacérès (Gr1) dans le viseur. Et il amènera d’autres chevaux en France. Dan Skelton nous dévoile ses raisons de venir et sa stratégie, qui se rapproche beaucoup d’un phénomène très connu au trot : jouer sur le retard de gains.

Jour de Galop. – Quelles sont les raisons vous ayant poussé à venir en France ?

Dan Skelton. - Les allocations ! Mais il n’y a pas que cela. Je pense que venir en France est bon pour les chevaux ayant réalisé une belle année en tant que novice en Angleterre mais n’ayant pas gagné beaucoup d’argent. En France, dans les courses à conditions, il y a une pénalité au poids selon l’argent que vous avez gagné. Puisqu'en Angleterre, les allocations sont faibles, vous pouvez vous retrouver en France avec le meilleur cheval de la course, mais peu pénalisé au poids. C’est vraiment un point auquel je prête attention, plus particulièrement à la fin de la saison. En début de saison, c’est plus compliqué : il y a le voyage, qui peut être fatiguant, et les chevaux ont besoin de repos par la suite. Il faudra veiller à cela durant l’automne.

Votre première expérience en France a été particulière, avec la grève des employés du PMU. À chaud, vous aviez même déclaré que vous n’étiez pas certain de revenir…

J’étais en colère, mais je ne connais rien à la politique française. C’était frustrant pour moi car j’étais venu pour faire mon travail et j’ai fait le voyage pour cela. Et il s’est passé quelque chose qui me semblait pouvoir être résolu. Dire : "ok, nous allons faire ci, faire cela"… Et prolonger la discussion à un autre endroit. C’était mon point de vue, celui d’un Anglais. Le monde est vaste et chaque pays possède sa politique. Cela s’est finalement bien fini. Mais imaginons que cela n’ait pas été le cas… Je ne serais peut-être pas revenu. Nous avons gagné, vécu une belle expérience.

Nous avons surtout l’habitude de voir les entraîneurs anglais et irlandais d’obstacle se déplacer pour les courses de Groupe, pas pour les courses à conditions. D’où vous est venue cette idée ?

Même vos "petites courses" proposent de belles allocations. Et j’aime venir à Enghien. Je trouve que c’est une bonne piste, avec un bon terrain. Les haies sont parfaites. Les chevaux ne prennent pas "trop dur" ici. Je vais emmener des chevaux à Auteuil : Shelford notamment, et peut-être d’autres. Mais je ferai très attention aux chevaux que je vais emmener là-bas car je pense qu'ils peuvent connaître des courses très dures. Alors qu’à Enghien, c’est plus facile : le terrain y est moins pénible qu’à Auteuil. Je vais revenir à Enghien le 5 avril [avec Zarib, dans le Prix de Saint-Brieuc, ndlr] ainsi que le 20 avril, car Shelford va courir la Listed [le Prix du Cher]. Zarib avait conclu troisième dans un gros handicap Gr2 à l’automne, mais tout ne s’est pas passé comme prévu ensuite. Il a donc peu d’allocations et il n’aura peut-être qu’un kilo de pénalité, ce qui est un bon point pour lui.

Nos allocations valent-elles tellement le coût de payer ces transports à répétition ?

Même s’il faut payer le transport, venir en France reste positif. Si vous prenez le train, cela prend huit heures. Ce n’est rien ! Par exemple, Captain Chaos est arrivé hier [lire mardi]. Il a bien voyagé, a tout mangé. Si mon cheval avait mal voyagé, il n’aurait pas couru. Mais cela ne m’est jamais arrivé pour le moment. Captain Chaos n’a pas gagné aujourd’hui. Mais nous avons eu trois partants en France pour deux victoires et une deuxième place. C’est positif. Il faut juste faire attention à faire courir les bons chevaux. Toutefois, il est quasiment impossible pour un cheval anglais de venir courir vos handicaps. Ils doivent se qualifier et donc courir trois fois en France. Il y a une course ici, le 12 avril [le Prix Rose or No (L Hdc)] qui vaut 105.000 euros. Mais je ne peux pas courir un cheval dans cette épreuve. Il m'est toutefois possible de revenir une semaine après et de courir la Listed à 85.000 euros.

Quelles sont, pour un cheval, les qualités requises pour courir en France ?

Il faut qu'il dispose des qualités d’un steeple-chaser. Je pense qu’il est aussi important de faire courir en France un cheval ayant un peu de vitesse, parce qu’il faut accélérer. En dix foulées, le rythme s’accélère. Et on l’a vu avec Captain Chaos : il a besoin de temps pour se lancer, même s’il continue à galoper jusqu’au poteau, contrairement à Shelford, qui accélère.

Alors pourquoi être venu avec Captain Chaos ?

En Angleterre, si vous avez un cheval de bon niveau ou juste en-dessous du très haut niveau, il faut aller dans les handicaps. Et tout le monde est à égalité. C’est très dur. Vous avez le meilleur cheval dans trois handicap hurdles mais il se retrouve top weight et finit à chaque fois sixième. Mais c’est le meilleur cheval de la course. Vous pouvez aussi le ramener en France, comme Captain Chaos : il avait le plus petit poids de la course aujourd’hui. Mais il a besoin de plus long.

Enghien, Auteuil… Et d’autres hippodromes ?

Durant l’été, il y a des courses d’obstacle ici et là : Dieppe, Dax… Je pourrais aller les courir. Et je vais certainement m'y rendre car les allocations sont bonnes et les conditions de courses conviennent à mes chevaux. Je ne ramènerai pas un cheval ayant gagné quatre courses en Angleterre. Celui-là doit rester sur place pour courir les bons meetings, ou alors il viendrait pour courir des épreuves comme le Prix La Barka, les grandes courses. Mais si nous avons eu un cheval malheureux, que le terrain a été désastreux tout l’hiver ou qu’il a eu un souci, il va se retrouver avec des gains faibles et c’est un cheval que j’amènerai en France.

Comment avez-vous connu tous ces hippodromes de province dont vous nous parlez ?

Je m’intéresse beaucoup aux résultats des courses françaises, pour trouver des chevaux à acheter. Quand nous sommes venus ici pour la première fois, je me suis dit qu’il fallait regarder ce que d’autres hippodromes pouvaient proposer. Je connais des personnes en France qui peuvent me renseigner sur la nature d'un hippodrome, comme James Reveley, Felix de Giles… Et à présent, je dispose du livre du programme français d’obstacle, donc je peux l'étudier. Par exemple, cet été, je sais que je peux aller à Dieppe. J’ai juste à récupérer le bateau qui va à Caen. C’est rapide et ce n’est pas si cher. Cela me prend moins de temps d’aller à Dieppe ou même à Strasbourg qu’en Écosse ! Ce n’est pas si loin que cela dans ce vaste monde. De plus, en Angleterre, le trafic est vraiment horrible. Ici, vous pouvez partir tôt le matin, les routes sont dégagées…

On parle souvent de la réussite des entraîneurs anglais et irlandais lorsqu’ils viennent en France. Est-ce finalement plus facile pour vous de gagner ici ?

Ce n’est pas plus facile de gagner en France qu’en Angleterre. Toutes les courses sont difficiles à gagner, partout dans le monde. Mais avec certains chevaux, il plus facile de gagner en France qu’en Angleterre… À cause des conditions de course. Mais je ne pense pas que d'autres entraîneurs anglais vont suivre le mouvement en m'imitant

Et il est très rare qu’ils viennent à Enghien !

Je ne sais pas pourquoi les entraîneurs anglais ne viennent pas plus ici. Je pense que l’hippodrome convient bien mieux à nos chevaux qu’Auteuil. Vous avez besoin de plus de vitesse ici. Auteuil, c’est très dur, il faut énormément de tenue.

Avez-vous des aides de l’institution britannique pour le transport ?

Non. Mais j’espère en avoir ! Mon opinion est simple : les courses sont internationales. Il n’y a rien qui vous empêche d’aller courir partout dans le monde, comme dans le jumping. J’espère vraiment être le bienvenu en France. Je ne vais pas venir ici tous les jours, mais je vais revenir en avril et en mai. Vous allez me revoir !

A contrario, souhaiteriez-vous voir plus d’entraîneurs français faire le déplacement en Angleterre ?

Je pense que ce serait positif. Il est intéressant de voir le sport comme international et cela permet de situer le niveau des chevaux des différents pays. Vous savez ainsi où votre cheval se place au niveau européen. Mais la réalité est autre. Les Français ne viendraient que pour les grandes courses, étant donné les allocations en dehors des grands meetings. Ce serait totalement fou de venir pour si peu ! Ce serait positif pour les grands meetings et établir une hiérarchie européenne. Mais il y a l’aspect commercial qui entre en compte. Les Français vendent les chevaux aux Anglais, alors venir en Angleterre pour les battre… Cela doit jouer.

Auteuil, un hippodrome unique

Pour l’instant, Dan Skelton n’a eu que des partants à Enghien. Mais il connaît Auteuil, où il est déjà venu, notamment durant les neuf années où il était l’assistant de Paul Nicholls. C’est avec beaucoup de respect qu’il nous en a parlé.

Vous avez été l’assistant de Paul Nicholls, qui avait eu des mots très durs sur la piste d’Auteuil il y a quelques années, même si cela a évolué depuis. Quelle est votre opinion sur Auteuil ?

Il faut avoir conscience qu’Auteuil est un hippodrome unique. Il est très exigeant et le terrain y est très souple. Le problème, avec Auteuil, c’est que lorsque vous venez pour les grandes courses en mai et juin, la piste est "détruite". Lorsque vous allez marcher dessus, vous êtes un peu sceptique. Mais elle reste très praticable et sûre pour les chevaux, c’est la chose la plus importante. Je me souviens que lorsque nous avions envisagé de faire venir Denman dans le Grand Steeple-Chase de Paris, Paul avait marché sur la piste et avait eu un peu peur. Je pense que le problème, dans le fond, était que ces chevaux, Denman ou Big Buck’s, étaient tellement bons que Paul aurait été nerveux à l’idée de les courir n’importe où dans le monde. Il en prenait très grand soin et sa réaction n’était pas contre Auteuil en particulier. Je crois qu’il se disait : "c’est un champion, le champion parmi les champions, et il faut que j’en prenne soin".

 

Justement, le Grand Steeple-Chase de Paris : Paul Nicholls a tenté l’aventure l’an dernier avec Sire Collonges, un cheval de cross, ce qui était un peu présomptueux. Le "French Gold Cup" intéresse-t-il vraiment les entraîneurs anglais ?

Je pense que le "Grand Steeple" n’est pas sur l’agenda des entraîneurs anglais. C’est un problème de timing. Cheltenham vient en premier, en mars. Ensuite, il y a Aintree et après Punchestown, tous deux en avril. Le Grand Steeple-Chase de Paris est donc loin dans l’agenda. Et vous avez tellement couru d’ici à ce qu’arrive le "Grand Steeple" que, de toute façon, il serait impossible de le gagner. Si le "Grand Steeple" était début mars, je pense qu’il y aurait plus de chevaux internationaux. Mais le terrain serait très lourd aussi.

Est-ce seulement un problème d’agenda ?

Il faut aussi prendre en compte les obstacles du Grand Steeple-Chase de Paris. Ils sont uniques, il n’y a rien de tel en Angleterre. Ce qui s’en rapproche le plus, ce sont les obstacles de cross country, mais, comme vous l’avez dit, ces chevaux-là ne sont pas assez bons pour gagner cette course. Je pense que pour gagner le "Grand Steeple", il faut avoir cette course en vue pendant un an. Peut-être que le cheval choisi doit venir à Enghien en premier lieu, pour s’habituer au steeple-chase français, monter ensuite de catégorie, puis aller deux fois à Auteuil. Il faut qu’il s’adapte aux obstacles là-bas. Les chevaux peuvent tout à fait les sauter : rail ditch, rivière… Ce n’est pas un problème.

Le Grand Steeple-Chase de Paris est-il plus dur que le Gold Cup ?

Les chances de ne pas finir le parcours sont plus élevées dans le Grand Steeple-Chase de Paris qu’elles ne le sont dans le Gold Cup ! À Cheltenham, tous les obstacles ont une taille précise et ce sont les mêmes. Imaginez donc : vous gardez et préparez un cheval pour Auteuil pendant un an, vous arrivez à la rivière des tribunes… Vous n’êtes pas dans la bonne foulée et "plouf"… C’est fini pour vous. C’est une course très difficile, mais si j’avais un cheval pour ce Gr1, j’adorerais la gagner. J’adorerais gagner la Grande Course de Haies d’Auteuil, ce serait un bonheur de toutes les gagner. Mais il faut faire attention à quel cheval vous amenez pour ces courses. Je pense les steeple-chases français ne devraient pas voir beaucoup d’anglais. Ils sont particulièrement durs.

Willie Mullins est désormais un habitué d’Auteuil. Paul Nicholls et Nicky Henderson viennent aussi en France, tout comme vous. Pensez-vous que ce phénomène va encore se développer ?

Je pense que oui. Les chevaux de très haut niveau ont moins d’opportunités en Angleterre et en Irlande. Donc je pense que beaucoup plus de chevaux vont venir en France pour les gros meetings. En raison des allocations, mais aussi des courses comme la "Barka" et la Grande Course de Haies qui arrivent à un bon moment dans l’année. Je pense aussi que le meeting de novembre va devenir de plus en plus populaire. Il y a peu d’opportunité en Angleterre et en Irlande à ce moment de l’année pour les chevaux, et il faut saisir l’occasion.

Mais on retombe ici dans le problème du calendrier. La saison d’obstacle commence plus tard en Angleterre et il est difficile de préparer des chevaux pour les Grs1 de début novembre, où ils doivent être d’emblée à 100 %. Comment allez-vous gérer cela ?

Par exemple, le 3ans avec lequel j’ai gagné ici, Mont Lachaux, va revenir pour le Prix Cambacérès. Il aura une préparatoire en France en septembre, peut-être à Enghien. Je vais l’entraîner spécifiquement en vue de cette course. Avec Mont Lachaux, j’ai une vision à court terme. Je veux qu’il soit un bon 3ans et un bon 4ans. Il est toujours entier donc, s’il gagne un Gr1 à 3ans et 4ans, il aura un autre métier qui l’attendra certainement. C’est le plan que nous avons établi pour lui. Et parmi mes 3ans, d'autres vont venir en France : peut-être à Enghien, peut-être une pouliche pour le "Wild Monarch" (L). C’est difficile d’acheter des 3ans français, très dur. C’est très cher et je vais donc essayer de faire des 3ans !

Les French bred

Les chevaux français sont recherchés en Angleterre et en Irlande. Quelques-uns des plus grands champions de ces dernières années sont des "FR" : Big Buck’s, Kauto Star, Sprinter Sacré, pour ne citer qu’eux. Dan Skelton nous en a parlé.

Quelle est, selon vous, la particularité des chevaux élevés en France ?

Les chevaux français sont souvent très durs. Ils ont commencé l’entraînement au début de leur année de 2ans. Ils sautent toujours bien, sont maniables. Lorsqu’ils arrivent à l’écurie, ils sont rodés dans leur saut, ils sont forts et vivent bien l’entraînement. Nous n’achetons que ceux qui sont durs. Le système français marche commercialement car il concerne des chevaux de 3ans et 4ans principalement. C’est parfait. Les 3ans français courent, gagnent de l’argent. Ils commencent une carrière de 4ans et après ils peuvent être vendus en Angleterre, ce qui est parfait pour nos courses s’adressant aux 5ans et plus.

Quels peuvent être leurs défauts ?

Un truc étrange se passe parfois : lorsque vous les courez en Angleterre les premières fois, ils peuvent se montrer brillants. Je pense que c’est nous qui les rendons ainsi car nous changeons leur routine d’entraînement. Par exemple, à Lamorlaye, ils font du fond, et soudainement, ils se retrouvent à galoper 1.200m en montée et cela les tend. Le cheval a parfois besoin d’un an pour comprendre qu’il doit se poser. Il y a aussi le cas d’un cheval qui a couru deux ou trois fois sur le steeple en France : il peut avoir des difficultés lorsqu’il arrive sur le steeple en Angleterre. Il est plus relâché et oublie que les obstacles anglais ne se traversent pas. Ils peuvent donc avoir de mauvaises surprises et ont parfois besoin de temps pour s’ajuster. Mais s’ils ont eu deux ou trois courses sur les haies françaises, ils sont parfaits.

Un héritage international

Dan Skelton est le fils de Nick Skelton, qui est une légende vivante du CSO. De son père, il a hérité cette formation d’homme de cheval ainsi qu’une vision internationale du sport.

Pourquoi avoir choisi les courses d’obstacles plutôt que le C.S.O. ?

Je n’étais pas assez bon pour être dans le C.S.O. C’est un sport extrêmement compétitif et il faut avoir le meilleur cheval. Mais les sommes demandées pour acheter un cheval de très haut niveau dans le C.S.O. sont phénoménales. C’est très difficile. Il faut réussir à être au plus haut niveau, sinon la vie est dure. C’est pareil dans les courses. Si vous êtes au top, c’est magnifique. Si vous ne l’êtes pas, la difficulté est là. C’était une décision facile en ce qui me concerne.

Pourriez-vous aller à l’autre bout du monde pour gagner une course ? Jusqu’au Japon par exemple ?

Non, probablement pas au Japon, même s’il y a beaucoup d’argent là-bas. Mais je ferais probablement le tour du monde, ou du moins j’aimerais le faire. Il y a quelques courses d’obstacle aux États-Unis, en mai et juin, mais il faut un cheval bien particulier pour aller là-bas, car le terrain est très rapide. Plus proche de nous, il y a des courses en Belgique, à Waregem. Il y a aussi des petites courses en Scandinavie. Il y a aussi Merano. Je vais essayer d’aller partout, si cela convient au cheval. Et c’est amusant ! Voyager n'est plus un problème. Avec mon père, j’allais à Rome une semaine, puis à Houston et, au retour, nous nous arrêtions à Paris pour un concours. Les chevaux voyagent bien maintenant. Les camions sont confortables, les chevaux ne se retournent pas dedans. Et avec un temps comme nous avons actuellement, c’est facile. L’été, c’est plus compliqué. Il faut peut-être voyager la nuit lorsqu’il fait plus froid. Mais c’est très gérable.

Est-ce votre père qui vous a donné cet appétit international ?

Mon père voyage beaucoup. Ce n’est pas un problème pour lui de faire traverser le monde à un cheval pour aller à un concours. J’ai suivi cette approche : si ce n’est pas un problème de faire voyager les chevaux pour les concours, pourquoi serait-ce un problème de le faire pour les courses ? Je vais là où les conditions sont les meilleures pour un cheval donné et j’y vais pour gagner. Si vous ne pouvez pas gagner à un endroit précis, il faut regarder s’il est possible de le faire ailleurs. Je pense qu’il y a beaucoup de chevaux dans le monde qui gagneraient plus si l’entourage regardait ce qu’il y a de disponible ailleurs. Je ne veux pas être une personne n’ayant pas essayé. C’est une question de management : j’ai des personnes très compétentes qui travaillent pour moi, donc ce n’est pas un problème de les envoyer vers telle ou telle direction. Harry [Skelton, son frère, ndlr] connaît désormais très bien Enghien. Il a monté quelquefois ici, est allé à Auteuil à un reprise, même si ce n’a pas été un succès. Je crois que nous avons vite compris quel type de cheval nous devons avoir pour tel ou tel endroit. Et j’aime voyager, j’aime gagner.