Quinté annulé, réunion retardée :  récit d’une journée pas comme les autres

Autres informations / 08.03.2016

Quinté annulé, réunion retardée : récit d’une journée pas comme les autres

Quinté annulé, réunion retardée :

récit d’une journée pas comme les autres

 

Il est 10 h 15 quand nous arrivons sur l’hippodrome d’Enghien ce lundi. Le parking principal du site est bien rempli, plus que lors d’une réunion de semaine habituelle. À l’entrée de l’hippodrome, les drapeaux des organisations syndicales sont déjà bien visibles. Un groupe d’une cinquantaine de personnes fait le pied de grue devant les entrées. La sécurité laisse passer quelques personnes, dont les journalistes, mais pas les manifestants. Depuis la salle de presse, nous voyons progressivement s’installer plusieurs groupes de syndicalistes, dont certains, une trentaine, bloquent l’accès aux écuries et aux parkings. Les vans se retrouvent immobilisés aux alentours des parkings. Au total, les chevaux vont passer un peu plus de deux heures dans les camions…

Dès 7 heures le matin, France Galop avait justifié que la réunion se déroule à huis clos : « Cette décision est motivée par la nécessité primordiale d’assurer la sécurité du public, des professionnels et des chevaux. France Galop présente ses excuses aux spectateurs qui souhaiteraient assister aux courses à Enghien ce jour, pour cette fermeture au public, motivée par des raisons indépendantes de sa volonté. »

 

Des chevaux bloqués plus de deux heures dans les camions… À 12 h 30, Édouard de Rothschild autorise l’entrée des manifestants sur l’hippodrome, ce qui débloque la situation. Pierre Bellaiche, président du syndicat hippique, nous explique : « Il a pris la bonne décision. Les esprits commençaient à s’échauffer entre professionnels et manifestants, et les chevaux devaient sortir des camions. » Une demi-heure plus tard, les groupes syndicaux décident de rentrer sur la piste. Ils vont y rester pendant près d’une heure et demie. Ils demandent alors à ce que le Quinté soit annulé, mais acceptent de laisser courir les autres épreuves. Michel Oddos, directeur des réseaux commerciaux du PMU, Henri Pouret, directeur général adjoint de France Galop, sont également au milieu de la piste, pour instaurer le dialogue avec les grévistes. Des professionnels comme Marcel Rolland, Anne-Sophie Pacault, qui avait un partant dans le Quinté, et Hector de Lageneste sont également présents. Au bout d’une longue négociation avec les six leaders syndicaux, tout s’accélère. Il est 14 h 15 déjà et l’annonce est faite : le Quinté est annulé et les paris remboursés. Cette annonce est relayée sur Equidia, comme le voulaient les leaders syndicaux. Ils se retirent alors un à un de la piste. Les jockeys sont à la pesée. Il est 15 heures. La réunion peut enfin commencer avec près de deux heures de retard.

 

« Inadmissible », selon le PMU. Un peu plus tard, à 17 h 30, Xavier Hürstel a accepté de recevoir les délégués syndicaux principaux. Mais comme nous l’a confié Benoît Cornu, directeur de la communication du PMU : « Xavier Hürstel a reçu les délégués syndicaux, mais des négociations étaient déjà prévues, notamment lors du Comité d’entreprise qui aura lieu le 10 mars. Le dialogue social doit être cadré. Il ne peut pas s’inscrire dans ce contexte de pression et de menace. Les manifestations et les grèves sont autorisées sous certaines conditions, mais investir un hippodrome fermé au public et bloquer les opérations est illicite. De telles actions sont inadmissibles. »

Un nouveau mouvement est d’ores et déjà annoncé pour jeudi prochain, de 9 heures à 11 heures, au siège du PMU et dans ses agences.

 

Les professionnels se sentent pris en otage. Sur place, la formule qui revenait le plus chez les professionnels était le sentiment de prise en otage par les grévistes : « Nos chevaux sont restés deux heures dans les camions. C’est inadmissible ! Nous venons de loin pour courir… », a lancé un entraîneur au milieu de la foule de syndicalistes, sur la piste. « Nous aussi nous venons de loin… », lui a répondu un syndicaliste. Une centaine de syndicalistes avait en effet fait le déplacement de toute la France.

Le dialogue de sourds a été brisé au fil des minutes après un long dialogue entre plusieurs socioprofessionnels, dont Marcel Rolland. L’entraîneur cantilien a passé plus d’une heure avec les syndicalistes au milieu de la piste. Il nous a raconté : « Nous leur avons dit qu’ils avaient gagné en faisant annuler le Quinté Plus. Mais qu’il fallait laisser courir les autres courses car sinon, ils se mettraient les socioprofessionnels à dos. Cela n’apporte rien d’annuler toute la réunion. Ils peuvent aussi faire annuler PSG/Chelsea en bloquant le Parc des Princes… Nous, socioprofessionnels, nous n’avons jamais fait grève. Nous avons été pris en otage et nous sommes pénalisés. Le problème également, c’est que les syndicalistes n’ont pas eu d’interlocuteurs… »

 

Aplat

Report du Prix Spumate le mercredi 16 mars

Le Prix Spumate, annulé ce lundi, est reporté au mercredi 16 mars, sur l’hippodrome d’Enghien.

Les pouliches et juments déclarées partantes sont maintenues.

Nouvelle déclaration :

Annulation partants & montes : lundi 14 mars 2016, 10 h 30 Boulogne