Raimondissimo !  golden slipper : la course qui rajeunit la nation

Autres informations / 11.03.2016

Raimondissimo ! golden slipper : la course qui rajeunit la nation

RAIMONDISSIMO !

GOLDEN SLIPPER : LA COURSE QUI RAJEUNIT LA NATION

Italien et citoyen du monde, Franco Raimondi est l’un des plus célèbres journalistes hippiques en activité. Grand voyageur et curieux de tout, il offre à plusieurs gazettes de renom international ses connaissances encyclopédiques et ses analyses décalées. Il vous donne rendez-vous chaque semaine dans Jour de Galop.

Photo : Vancouver, le sixième lauréat du Longines Golden Slipper de Gai Waterhouse

Lorsqu’on aborde la soixantaine, on peut encore être frais comme un jeunot. On peut pantoufler, sans s’encroûter… à condition de porter des pantoufles en or ! C’est ce que propose depuis six décennies l’Australie, une nation hippique pas comme les autres. Samedi 19 mars, à vingt-cinq kilomètres du centre ville de Sydney, l’hippodrome de Rosehill Gardens va accueillir la course la plus folle du calendrier mondial. Seize poulains et pouliches de 2ans vont s’affronter dans le Longines Golden Slipper. Si le Melbourne Cup est la course qui arrête la nation, le Longines Golden Slipper est celle qui symbolise la vitesse et la précocité. C’est l’épreuve qui a rajeuni la nation !

La pantoufle d’or

À nos yeux, nous les gérontes du vieux continent, tout est atypique dans cette épreuve, jusqu’à son nom. Littéralement, on peut traduire Golden Slipper par "pantoufle d’or". Le parcours est lui aussi inhabituel selon nos critères européens. Le départ des 1.200m est donné dans une raquette. Après quatre cent cinquante mètres de course, le peloton doit négocier deux demi-virages avant d’aborder une ligne droite finale de 408 mètres. Cette dernière semble souvent bien longue pour ceux qui ont gaspillé trop de carburant pendant le parcours. Une telle physionomie de compétition, c’est du jamais vu chez nous. Et pour rajouter à l’exotisme, cette course de 2ans est dotée de trois millions et demi de dollars australiens, soit environ 2,39 millions d’euros !

Photo : Le trophée du Longines Golden Slipper

La course qui a fait accélérer la nation

Si le Melbourne Cup est la course qui arrête la nation, le Longines Golden Slipper est celle qui a fait entrer cette même nation dans la modernité. George Ryder, le patron du Sydney Turf Club, avait vu clair lorsqu’en 1956, il avait mis en place une nouvelle épreuve, réservée aux futurs 2ans. En 1957, la première édition était dotée de 20.000 livres australiennes – une devise remplacée par le dollar australien en 1966 –, soit la même allocation que le Melbourne Cup. Cette somme correspond à 600.000 dollars australiens actuels, selon une réévaluation officielle. Mais en termes de pouvoir d’achat, le gâteau à partager est évalué à presque deux millions de dollars australiens de 2016. La recette pour cuisiner un dessert aussi appétissant est assez simple. Les propriétaires devaient payer trois tranches d’engagements, en juillet, octobre et janvier, ce qui correspond aux mois de janvier, avril et juin en Europe. Ces engagements ne coutaient pas très cher et permettaient de rêver pendant quelques mois. Le prix du rêve n’était donc pas très élevé, dans l’attente du dernier chèque qui permettait de s’assurer une place dans les boîtes le jour J. Lors de la deuxième édition, une nouvelle règle fit son apparition : l’engagement supplémentaire fut proposé à 1.000 livres, soit 5% de l’allocation. C’était en 1958 et dès lors, le Longines Golden Slipper avait pris trente ans d’avance sur toutes les autres grandes courses du monde.

Dix ans pour se faire une place dans le calendrier

L’idée d’une super course pour les 2ans était brillante. Mais pendant une bonne décennie, le Longines Golden Slipper a eu toutes les peines du monde à se faire une place dans le paysage hippique national. Quatre des huit premières éditions n’ont pas réussi à réunir dix partants. C’est en 1971 qu’est apparu le déclic. Cette année là, Fairy Walk (Minor Portion) permettait au légendaire TJ Smith de décrocher la première de ses six victoires. La paire dominait un champ de seize partants, soit le maximum autorisé. La grande épreuve pour 2ans a donc pris son envol dans les années 1970 et, saison après saison, elle s’est imposée comme le symbole du galop australien, tout en étant plus représentative de la filière locale que le Melbourne Cup. Le concept de départ était bon et il a d’ailleurs peu évolué au cours du temps. Un seul changement de taille est à noter. En 2005, suite à une édition dominée par les pouliches, qui avaient pris les six premières places, leur décharge fut réduite de trois à deux kilos. Cela n’a pas révolutionné le profil des vainqueurs pour autant, car les femelles ont ensuite remporté cinq des onze éditions courues sous le nouveau règlement (45,45 %). Précédemment, pendant la période des trois kilos de décharge, leur score "à la gagne" était de 41,66 %.

Photo : Le Longines Golden Slipper réunit la foule des grands jours

Le prix du rêve

Le Longines Golden Slipper est un rêve relativement bon marché. Les propriétaires des chevaux engagés pour l’edition 2016 ont payé 375 dollars en juillet, 500 en octobre et 1.000 en janvier. Et la formule fait recette, comme lors de la dernière édition, où 2.006 poulains ont été engagés après leur débourrage ; 1.460 ont été confirmés en octobre, avant les premières courses pour 2ans de la saison. Le 25 janvier, soit cinquante-quatre jours avant le jour J, 304 poulains étaient encore en course. À cette date, on mesure bien l’attractivité de l’épreuve. Pour que leurs représentants fassent partie des seize élus qui auront une place dans les boîtes de départ, les propriétaires - souvent des syndicats dans un pays où cette forme de propriété est très développée – doivent débourser 30.000 dollars le mardi avant la course. Courir le Longines Golden Slipper coûte donc 31.850 dollars – ou 150.000 pour les supplémentés – mais certains propriétaires seraient prêts à payer beaucoup plus pour le simple plaisir d’avoir un partant dans cette épreuve. Pour que la fête soit plus belle, et les déçus moins nombreux, les places de la sixième à la dixième offrent une petite part (50.000 dollars) du grand gâteau (3.500.000 dollars).

 

Un succès grandissant

Pour réunir une telle allocation, les organisateurs s’appuient donc largement sur les engagements. Cette année, les propriétaires devraient apporter 2.266.250 dollars. Ce chiffre est susceptible d’augmenter si un ou des engagements supplémentaires apparaissaient. Pour donner la pleine mesure à cet apport des propriétaires, il faut le comparer avec la situation d’épreuves de référence en Europe. Ainsi, en 2015, les engagements du Prix de l’Arc de Triomphe – 108, plus trois supplémentaires – ont rapporté 1.137.600 euros pour une course dotée de cinq millions d'euros. Il faut aussi noter que depuis quelques années, les engagements et confirmations pour le Longines Golden Slipper progressent de 15 % à chaque exercice. Lors de cette édition, Godolphin avait engagé 158 poulains, et les Bleus comptaient encore 31 sujets lors de la dernière confirmation. Gai Waterhouse avait inscrit 113 jeunes pousses au départ et 24 d’entre eux ont été confirmés.

Les ventes s’envolent

Le rêve de gagner le Longines Golden Slipper a donné un nouvel élan aux ventes. L’étude des résultats des ventes les plus importantes – Inglis Easter, Classic and Premier plus Magic Million – en atteste. En une décennie, de 2005 à 2015, leur chiffre d’affaires est passé de 192 à 258 millions de dollars (+ 34,75 %), alors que le nombre de lots vendus (1.816) n’a presque pas évolué (29 poulains en plus).

Le prix moyen du rêve est donc à présent de 142.000 dollars. Il était de 107.000 il y a seulement dix ans. Parmi les seize poulains et pouliches qui s’élanceront le 19 mars, treize ont été achetés aux ventes. La fourchette des prix est très large, des 10.000 dollars de Yankee Rose (All American) aux 920.000 de Zamzam (Redoute’s Choice). Le prix moyen de ces treize élus issus des ventes publiques est de 211.000 dollars. Le médian est à 115.000. L’envie de gagner le Longines Golden Slipper n’est pas la seule explication pour la croissance des ventes en Australie. Il y a aussi une forte demande asiatique. Mais remporter une grande course reste le but de tous les investisseurs, même en Chine.

Photo : Zamzam, un produit de Redoute’s Choice

Une course à part

Il n’en reste pas moins que le Longines Golden Slipper n’est pas une course comme les autres. Gai Waterhouse connaît bien la marche à suivre pour gagner cette épreuve. Cette année, elle pourrait battre le record de victoires de son père, TJ Smith (six victoires), qu’elle a déjà égalé grâce à Vancouver (Medaglia D’Oro) en 2015. Ce champion a depuis rejoint les boxes d‘Aidan O’Brien. Un simple visionnage des vidéos des éditions précédentes permet de mesurer l’énorme différence qui sépare les 2ans australiens des 2ans européens. Dès la sortie des boîtes, on a l’impression qu’il s’agit d’un autre sport. Chez nous, après trois cents mètres de course, un poulain "vite" est déjà seul en tête et dans le même temps, on trouve des concurrents éparpillés un peu partout sur la piste. Dans le Longines Golden Slipper, les seize participants, sauf incident, se jettent dans le combat comme de beaux diables. C’est un paquet bien compact qui fonce pour affronter le premier demi-tournant. Refaire son retard sur le peloton est presque impossible, sauf si le terrain est lourd. En 2008, c’est dans ces conditions que Sebring (More than Ready) avait réussi l’exploit.

Pour évoluer dans les grands extérieurs, il faut être très largement au-dessus du lot, comme ce fut le cas de Vancouver l’an dernier. Le profil du gagnant du Longines Golden Slipper – comme détaillé dans l’encadré par Gai Waterhouse – correspond à un poulain capable de partir très vite, puis de galoper sans baisser de rythme dans les deux demi-tournants, et enfin de repartir dans la ligne droite. Pour parfaire ce portrait robot, idéalement il faut que le candidat bénéficie d’un bon numéro à la corde, surtout en terrain léger, et tout se passe mieux lorsqu’on peut compter sur un brin de chance.

Photo : Sebring après sa victoire dans le Longines Golden Slipper

Un élevage concentré vers la vitesse et la précocité

Avec le Longines Golden Slipper en ligne de mire, un nouveau type de pur-sang s’est développé, dans un laps de temps finalement assez court. À l’échelle de l’histoire de l’élevage, six décennies ne représentent pas grand-chose. Huit des trente-deux mâles qui ont gagné le Longines Golden Slipper ont produit au moins un lauréat de cette course. Et encore, il faut bien prendre en compte le fait que les trois derniers lauréats – Vancouver, Pierro et Sepoy – n’ont pas encore eu de descendants en âge de le courir.

Dans ce type d’épreuves, la sélection joue pleinement son rôle. On peut travailler certaines qualités et aptitudes, comme la capacité à sortir vite des boîtes. Mais pour le reste, c’est la nature de chaque individu, et donc la sélection, qui décide. Un poulain élevé en Europe pourrait apprendre le "départ à l’australienne". De même un Aussie serait capable de s’adapter à un départ plus relax en préalable à une grande accélération finale. Mais l’accumulation de la vitesse et de la précocité est très distinctement le produit du travail de la sélection.

Photo : Star Kingdom

Star Kingdom, le pionnier de la précocité

En étudiant le palmarès du Longines Golden Slipper, on s’aperçoit que quatorze des trente-sept premiers lauréats sont issus en première, deuxième ou troisième génération de Star Kingdom (Stardust). Cet étalon fut un 2ans précoce en Angleterre. Pendant la saison 1948, il s’est produit sous le nom de Star King. On perd ensuite sa trace jusqu’à son importation en Australie, au début des années 1950. L’influence de Star Kingdom sur l’élevage de chevaux de vitesse est considérable. Son nom est présent dans le pedigree de vingt-neuf des derniers trente-six gagnants du Longines Golden Slipper. Champion sire à cinq reprises, et sept fois tête de liste des pères de 2ans, Star Kingdom a donné les cinq premiers lauréats de la course et a continue à tracer avec ses fils, petit-fils. Deux tiers des lauréats du Longines Golden Slipper ont donc Star Kingdom quelque part dans leur pedigree…

Photo : Danehill

La révolution Danehill

Une deuxième phase dans l’histoire de l’élevage australien – et du Longines Golden Slipper – coïncide avec la mise en place du shuttle pour Danehill (Danzig) en 1990. Sans l’Australie, Danehill ne serait pas devenu Danehill. C’est dans l’hémisphère que sa réputation d’étalon s’est bâtie, et l’hémisphère en a bénéficié, une fois que ses talents de reproducteur y ont été reconnus. Réciproquement, l’élevage australien ne serait pas devenu aussi important sans l’apport de ce sire. Dès sa première production, Danehill a produit un gagnant du Longines Golden Slipper – en 1994 avec Danzero – et il a par la suite engendré quatre autres vainqueurs de l’épreuve, avec Flying Spur, Catbird et les pouliches Merlene et Ha Ha. Cinq gagnants de Longines Golden Slipper sur onze générations, c’est une belle statistique. Mais ces succès n’étaient que le préambule d’une véritable hégémonie. Cinq autres lauréats sont issus de fils de Danehill – Redoute’s Choice, Danzero, Flying Spur et Exceed and Excel – et l'un d'entre eux est le produit d’un petit-fils du grand étalon (Stratum, par Redoute’s Choice).

Du côté maternel, quatre lauréats portent le sang de Danehill, deux sont issus de ses filles directes (Vancouver et Sepoy) et deux sont ses petites-filles par l’intermédiaire de Redoute’s Choice (Danehill). Mossfun, la lauréate 2014, présente le "nom magique" en quatrième génération. Au total, depuis les premiers pas de sa production sur le sol australien en 1994, Danehill est à l’origine de quinze des vingt-deux derniers lauréats du Longines Golden Slipper !

Les places sont chères !

Un peu comme dans le Kentucky Derby, présenter un poulain au départ du Longines Golden Slipper est déjà une victoire. Forcément, les places dans les stalles sont énormément convoitées. Les Australiens ont la réputation de ne pas aimer se compliquer la vie et ils ont trouvé une bonne technique pour choisir les seize élus. Sept places sont réservées aux lauréats des épreuves préparatoires, qui sont toutes des Groupes courus dans la région de Sydney. Les neufs places restantes sont attribuées en fonction des gains. Au 9 mars, dix jours avant la course, beaucoup peuvent encore prétendre être au départ.

Godolphin a cinq chevaux dans les vingt-deux plus argentés. Mais seulement deux ont déjà une place garantie : Astern et Tessera, tous deux par Medaglia d’Oro. Trois autres – Coehesion (Lohnro), Calliope (Exceed and Excel) et Telperion (Street Cry) doivent passer par les deux dernières épreuves qualificatives, les Magic Night Stakes et les Pago Pago Stakes (Grs2) sur 1.200m, ce samedi à Rosehill Gardens. Parmi l’armada Waterhouse, deux ont déjà leur carton d’invitation, la pouliche Scarlet Rain (Manhattan Rain) et Kiss and Make Up (More than Ready). Les autres devront sortir le grand jeu samedi.

L'amour est enfant de bohème : il n'a jamais connu de loi

Le Longines Golden Slipper est un jeu amusant, même si cela reste un peu étrange à nos yeux d’Européens. La vitesse et la précocité ne sont ici qu’un raccourci vers la gloire, alors qu’en Australie, c’est une finalité. À cet instant, quelques lecteurs attentifs pourraient me rétorquer : « Cher monsieur Raimondi, la semaine dernière, vous nous avez chanté l’éloge de la tenue… ». Chers amis, vous avez raison et je ne suis qu’un renégat. Mais que voulez-vous, j’aime bien les chevaux "vite" et les belles courses… que cela soit sur 1.200m à Rosehill Gardens ou sur 6.000m à Auteuil. Mais au fond, quels que soient les acteurs, quand la passion entre en scène, l’amour ne connaît pas la différence…

La méthode de Gai Waterhouse

Gai Waterhouse a pris la suite de son père, TJ Smith, et elle a égalé, avec Vancouver, le record de son père, soit six victoires dans le Longines Golden Slipper. L’année dernière, dans le Thoroughbred Daily News, avant la course de Vancouver, elle avait révélé les secrets pour la gagner l’épreuve la plus richement dotée au monde chez les 2ans. En Australie, les ventes de yearlings se déroulent entre janvier et avril. Il reste donc douze mois pour préparer la grande épreuve. Il faut donc immédiatement savoir si un poulain est précoce ou non. Tous les gagnants de Longines Golden Slipper entraînés par Gai Waterhouse ont gagné de très bonne heure, dans les premiers trials, au mois de septembre. La précocité est donc le premier ingrédient.

Photo : Gai Waterhouse après la victoire de Vancouver

La deuxième est l’équilibre. Les meilleurs chevaux, comme les grands athlètes, sont nés avec un équilibre presque parfait. Pour comprendre l’importance de cette qualité, il faut regarder la manière dont Roger Federer frappe la balle. Gai Waterhouse organise le travail de ses pensionnaires pour cultiver cette qualité. Les poulains galopent sur de courtes distances, seuls ou accompagnés d’un ou deux camarades de classe. Le travail en groupe insuffle aux jeunes recrues le goût de la compétition. Gai Waterhouse façonne aussi ses recrues sur leur capacité à prendre de bons départs. Il faut sortir vite des boîtes si on veut gagner un Gr1. À peine l’entraîneur a-t-il eu le temps de détecter précocité et équilibre chez son pensionnaire, qu’il est déjà le moment de débuter. Nous sommes au mois d’octobre. Il y a alors beaucoup de bonnes courses qui peuvent servir de tremplin vers le Magic Million, avec ses deux millions de dollars à la clé. Une fois cette épreuve courue, début janvier, les meilleurs se concentrent sur le Longines Golden Slipper.

Un troisième ingrédient entre alors en jeu : la qualité du poulain. Gai Waterhouse expliquait à ce sujet : « Tous mes gagnants du Longines Golden Slipper avaient démontré leur valeur avant février. Ils étaient précoces, avec un bon équilibre et du talent. Il ne manquait que la dernière mise au point. Même si un poulain a coché toutes les cases, vous ne pouvez pas le mettre dans du coton. Il doit être entraîné et courir avant le "Slipper". Vous ne pouvez pas cantonner un poulain dans son box. Tous mes gagnants ont couru une bonne préparatoire et ont eu quelques jours de repos ensuite. C’est primordial de garder la fraîcheur des 2ans et je pense qu’un bon galop ou un trial tranquille sont suffisants dans les deux semaines avant la course. »