Jacques cygler : le premier groupe d’un rêveur

Autres informations / 09.04.2016

Jacques cygler : le premier groupe d’un rêveur

Jacques Cygler : le premier Groupe d’un rêveur

En remportant le Prix Djebel (Gr3), jeudi à Maisons-Laffitte, Cheikeljack (Myboycharlie) a offert une première victoire de Groupe à la casaque jaune étoiles bleues de Mme Jacques Cygler. Ces couleurs sont bien connues des passionnés : elles existent depuis une trentaine d’années ! Jacques Cygler, qui va bientôt fêter ses soixante-treize ans, nous a raconté : « C’est Daniel Bertrand, le propriétaire de Dom Pasquini, et son épouse, qui nous ont fait découvrir cet univers, il y a trente ans... Cette victoire dans un Groupe, pour moi, c’est de la chance ! Le poulain ne nous a pas coûté très cher, 19.084 euros TTC pour être précis… Paul Nataf, qui l’a acheté, est un courtier extrêmement compétent. Un être sensible, un mec bien, à qui je fais confiance depuis longtemps. Gérard Collet a entraîné mes chevaux pendant vingt-cinq ans, et Henri-Alex Pantall a pris la suite. Lui aussi, je lui fais confiance. J’ai toujours fonctionné comme cela. »

Un hommage au cheikh Mohammed. Cheikeljack a été nommé ainsi par son propriétaire en raison de son admiration pour le cheikh Mohammed Al Maktoum. « Il fait partie de ces gens que je respecte, comme Gérard Augustin-Normand ou Son Altesse l’Aga Khan. Je suis un passionné de tableaux et de verrerie. Quand je vois un vase qui me plaît lors d’une vente aux enchères, je réfléchis beaucoup avant de lever la main pour 2.000 euros ! Alors, quand je voyais à Deauville le cheikh investir autant, ça m’impressionnait… Il a de l’argent bien sûr, mais il doit compter aussi à son niveau. Enfin, voilà, un jour un copain m’a dit : “Et pourquoi tu n’appellerais pas un poulain Cheikh El Jacques ?” et je l’ai écouté ! »

Royal Ascot, pour rêver encore plus grand. Jacques Cygler a une dizaine de chevaux à l’entraînement. Il n’élève pas et achète chaque année quelques yearlings, sous les conseils de Paul Nataf : « Vous savez, je suis un rêveur, un planeur ! Je ne sais pas vraiment où je vais atterrir, mais j’essaie de rester dans les limites… J’ai passé toute ma vie à rêver et je pense qu’on ne peut vivre qu’avec le rêve. Alors ce cheval, c’est une part de rêve. Quand on achète un poulain, il y a de cela aussi. On a l’impression qu’il nous regarde, alors on se laisse tenter. Quand j’étais plus jeune et que je voyais une jolie fille, j’avais l’impression qu’elle me regardait. Elle regardait sûrement le type d’à côté, mais ce n’était pas grave, dans ma tête, c’était à moi qu’était destiné son regard ! Dans les salles aux enchères, c’est un peu pareil, je vois un vase qui me plaît et j’ai l’impression qu’il me dit “achète-moi, achète-moi !  » Le rêve pourrait se poursuivre, car Royal Ascot est envisagé pour Cheikeljack : « On pense aller courir le Commonwealth Cup. Là, il y a de quoi planer non ? »

Paul Nataf : « Cheikeljack a peut-être fait peur aux autres acheteurs »

Paul Nataf a acheté Cheikeljack pour 15.000 euros à la vente d’octobre 2014 d’Arqana. Le fils de Myboycharlie était présenté par l’Écurie des Monceaux. Le courtier se souvient : « C’était un très grand poulain, qui marchait très bien. Sa taille a sans doute fait peur aux acheteurs. Le fait qu’il soit présenté par les Monceaux aussi… Il s’agit d’un très grand élevage, et les yearlings des Monceaux font généralement les top prices. Alors, je suis persuadé que les gens avec un petit budget n’osent même pas faire sortir les poulains… C’est ce qui peut expliquer son prix de 15.000 euros. Myboycharlie n’était pas très à la mode non plus. Pourtant, son père, Danetime, qui est mort prématurément, était un très bon reproducteur, et Myboycharlie a tout de même gagné le Prix Morny. Côté maternel, il y avait Giant’s Causeway et Rainbow Quest. Cela m’a plu. M. Cygler me laisse beaucoup de latitude et il m’a donné son feu vert pour l’achat. Je suis content qu’il gagne son premier Groupe. Il a aussi un 2ans, Rayon Vert, en qui nous croyons beaucoup. »