Raimondissimo !  elizabeth ii, la reine du sport des rois

Autres informations / 22.04.2016

Raimondissimo ! elizabeth ii, la reine du sport des rois

RAIMONDISSIMO !

Elizabeth II, la reine du sport des rois

Italien et citoyen du monde, Franco Raimondi est l’un des plus célèbres journalistes hippiques en activité. Grand voyageur et curieux de tout, il offre à plusieurs gazettes de renom international ses connaissances encyclopédiques et ses analyses décalées. Il vous donne rendez-vous chaque semaine dans Jour de Galop.

 Sa Majesté la reine Elizabeth II fête ce jeudi son quatre-vingt-dixième anniversaire. Elle a reçu samedi à Chelmsford un petit cadeau : la victoire de Dartmouth (Dubawi) – élevé par Darley – dans les John Porter Stakes (Gr3). C’est mieux que rien et, en turfiste expérimentée, elle le sait bien. Mais en cette année 2016, sa 64e sur le trône d’Angleterre et sa 67e en tant que propriétaire de chevaux de course, on aurait sans doute attendu victoire plus… majestueuse.

Photo 1 – Dartmouth, à ce jour le lauréat de Groupe d’Elizabeth II le plus récent

Sa première victoire – associée à la reine mère – date de 1949. Elle fut acquise dans un steeple à Fontwell par un certain Monaveen. En août dernier, la souveraine s’était même autorisée à rêver de Derby après l’impressionnante victoire de Recorder (Galileo) dans les Acomb Stakes (Gr3). Mais le poulain s’est accidenté et il est au repos. Son élève n’est même pas enregistré parmi ses quarante et un chevaux à l’entraînement – dont huit sauteurs – par Horses in Training. Les neuf professionnels au service des représentants de Sa Majesté sont Sir Michael Stoute (neuf chevaux), William Haggas (huit chevaux), Richard Hannon (trois chevaux), Roger Charlton (trois chevaux), Michael Bell (six chevaux) et Andrew Balding (trois chevaux). Le débutant Richard Hughes a reçu un 2ans par Paco Boy nommé Patchwork. Les chevaux d’obstacle sont partagés entre Nicky Henderson (six chevaux) et Charles Longsdon, qui entraîne une paire de 4ans encore inédits.

Photo 2 – Persimmon, lauréat du Derby en 1896

 

Le Derby, une épreuve qui résiste aux souverains. Sa Majesté est aussi notre reine à nous, les turfistes. Elle aurait bien mérité son Derby comme cadeau, et nous aussi ! Elizabeth connaît bien les règles du sport des rois, qui est aussi le plus beau du monde. La victoire n’arrive pas quand on le décide, c’est à elle de décider quand elle apparaît. D’ailleurs, dans l’histoire du Derby anglais, qui date de 1780 – c’est-à-dire deux cent trente années sans aucune interruption –, un seul souverain a pu inscrire son nom au palmarès de l’épreuve qui prime dans le cœur des Anglais. En 1909, Minoru (Cyllene) remportait la course pour le compte d’Edward VII, l’arrière grand-père d’Elizabeth II. Ce dernier avait déjà été sacré à Epsom, en 1900, alors qu’il était Prince of Wales, avec Diamond Jubilee (St Simon), et en 1896 avec le futur grand étalon Persimmon (St Simon).

Photo 3 – George VI, en uniforme militaire, avec Sun Chariot en 1942

L’âpreté de la compétition hippique outre-Manche. Gagner une épreuve classique en Angleterre n’a jamais été facile. La famille régnante compte 21 victoires dans les 1.122 classiques de l’histoire des courses, à savoir toutes les éditions des Guinées, du Derby, des Oaks et du St Leger depuis leur création. Le futur George IV a remporté le Derby en 1788 avec Moses. En 1822, son frère cadet, le prince Frederick, Duke of York selon les règles de la monarchie britannique, remportait cette même épreuve avec Sir Thomas. Edward VII est le plus "classique" des rois d’Angleterre, avec huit victoires, dont six avant son accession au trône. Pendant son règne, George VI, père de Sa Majesté, a gagné cinq classiques, dont trois (1000 Guinées, Oaks et St Leger) en 1942 avec la légendaire Sun Chariot (Hyperion). Elizabeth II a fait encore mieux car elle a remporté cinq victoires classiques, avec quatre chevaux différents : les pouliches Carrozza (Dante), Highclere (Queen’s Hussar) et Dunfermline (Royal Palace) et le mâle Pall Mall (Palestine).

Photo 4 – Elizabeth II et Carrozza

Quand les princes du désert détrônent les Anglais. Les cinq succès classiques de la Reine ont été acquis en deux décennies, de 1957 à 1977, et ce n’est absolument pas un hasard. La première victoire anglaise du cheikh Mohammed remonte en effet à 1977. L’histoire du galop anglais était déjà en train de changer mais l’arrivée de la famille Maktoum lui a fait prendre une tout autre direction. À partir de 1977, le verdict de l’étude du palmarès du Derby est sans appel : sur trente-neuf gagnants, seuls dix le sont sous les couleurs d’un propriétaire anglais.

Et encore, The Minstrel (Northern Dancer), lauréat en 1977, portait les couleurs de Robert Sangster mais il était entraîné en Irlande par O’Brien, premier du nom. Les deux succès de Sir Michael Sobell et de son Ballymacoll Stud – Troy (Petingo) et North Light (Danehill) – ont aussi une saveur irlandaise. Bref, sur les vingt-cinq dernières éditions du Derby, seulement trois sont cent pour cent anglaises : Golden Horn (Cape Cross) pour la casaque d’Anthony Oppenheimer, Sir Percy (Mark of Esteem) pour la famille Pakenham, et Motivator (Montjeu), appartenant au Royal Ascot Racing Club.

Photo 5 – La victoire de Motivator dans le Derby

Le cas Motivator. Le syndicat des propriétaires de Motivator était alors considéré comme une "émanation royale". Les chevaux du syndicat étaient la propriété de l’Ascot Authority – c’est-à-dire de la Reine elle-même – qui offrait des parts à 230 associés. Comme d’habitude, la défaite est orpheline, alors que la victoire stimule le sentiment de paternité… Quelques "associés" de Motivator ont crié à la magouille. Seule l’autorité de la Reine a réussi à éteindre les feux des polémiques après le succès d’Epsom. La vérité était pourtant simple : le syndicat était un club, qui offrait des services à ses associés, dont la participation à la carrière de certains chevaux.

Motivator était l’un de ces chevaux. Il avait été acheté 75.000 guinées lorsqu’il était yearling, c’est-à-dire à peu près 350 livres de mise de fond pour chaque associé… Et il a gagné le Derby en multipliant par 400 sa valeur lorsqu’il était au sommet de sa carrière. La suite de l’histoire, on la connaît : Motivator a eu des problèmes de santé, et donc de management, alors qu’il avait démarré sa carrière d’étalon au Royal Stud. Il nous a donné Trêve ainsi que treize autres gagnants de Groupe, et sa carrière d’étalon est loin d’être terminée.

Photo 6 – Une euphorie très maîtrisée dans la loge royale après la victoire d’Estimate dans le Gold Cup

Une écurie royale performante. Gagner les grandes courses est de plus en plus difficile pour les propriétaires anglais. C’est pour cela qu’il ne faut pas sous-estimer la réussite de l’écurie et du haras de Sa Majesté. Vingt-deux victoires de Groupe depuis 1990, dont une sur les obstacles, c’est un très bon score. Et ce d’autant plus que l’écurie n’est alimentée que par une vingtaine de poulinières. Selon la base de données du Racing Post, la meilleure saison de l’écurie royale fut 2014, avec vingt-trois victoires pour 117 courses et trente chevaux différents. Sept d’entre eux ont reçu un Racing Post rating de 100 ou plus. Côté finance, il faut noter que la Reine a connu une excellente saison 2015, avec 482.914 livres de gains. En 2013, elle avait remporté le Gold Cup avec Estimate (Monsun). Dans le classement 2015 des propriétaires en Angleterre, Elizabeth II est 24e par les gains. Mais devant elle, on ne trouve que cinq anglais : Anthony Oppenheimer, Jeffrey Colin Smith, Fitry Hay (par l’intermédiaire de son mari), Cheveley Park Stud et Lady Bamford. Selon le nombre de victoires, elle est seizième.

Photo 7 – La Reine et Estimate

1977,  une daté clé dans l’histoire hippique. Le monde a beaucoup changé depuis 1977, surtout celui du galop en Angleterre. Il s’agit de l’année de la dernière victoire classique de Sa Majesté, qui avait remporté les Oaks et le St Leger avec Dunfermline (Royal Palace). Cette pouliche en "acier trempé" avait devancé le futur lauréat de l’"Arc de Triomphe" Alleged (Hoist the Flag) à Doncaster.

Dunfermline avait terminé quatrième de cet "Arc" et troisième du "Royal Oak". La pouliche avait clos sa saison avec un énorme Timeform tating de 133. Malheureusement, à 4ans, elle fut incapable de répéter ce niveau de performance. La suite fut encore plus malheureuse car elle n’a pas laissé de trace de sa qualité au haras. L’année 1977 fut celle du Silver Jubilee – les vingt ans de règne – et The Queen était troisième au classement des propriétaires. Elle n’était devancée que par Robert Sangster et Lady Beaverbrook, avec dix-sept victoires obtenues par douze chevaux. Elizabeth II était deuxième chez les éleveurs, devancée par E.P. Taylor, qui avait élevé le gagnant du Derby The Minstrel (Northern Dancer). La réussite arabe allait rapidement devenir difficile à repousser pour les propriétaires et éleveurs d’Angleterre, la Reine y compris.

Photo 8 - Highclere après sa victoire dans les 1.000 Guinées en 1974

Highclere, une vraie championne. Une des gagnantes classiques royales fut Highclere (Queen’s Hussar), lauréate des 1.000 Guinées et du Prix de Diane (Grs1), avant de terminer deuxième de la grande Dahlia (Vaguely Noble) dans les King George and Queen Elizabeth Stakes (Gr1). Cette authentique championne fut créditée d’un Timeform rating de 129. Une telle jument, c’est le rêve de tout éleveur. De plus, elle avait un pedigree fabuleux. Sa mère, Highlight (Borealis), était une fille d'Hypericum (Hyperion), gagnante de Dewhurst Stakes (Gr1) – face aux mâles – et des 1.000 Guinées pour le roi George VI. Sa demi-sœur Angelola (Donatello), la mère du champion Auréole (Hyperion), avait donné, par sa production, une grande contribution au titre de Champion owner de Sa Majesté en 1954. Highclere était une jument à garder coûte que coûte et c’est exactement ce qu'a fait Elizabeth II.

Photo 9 - Elizabeth II en 1954, après la victoire d'Auréole a` Ascot

Le dilemme royal. Comme chaque éleveur guidé par la prudence, elle s’est retrouvée face à un dilemme en 1982, alors que les Maktoum achetaient tout ce que bougeait en Angleterre. Une pouliche de 3ans issue de Highclere, Height of Fashion (Bustino) était invaincue et venait de remporter les Princess of Wales’s Stakes à Newmarket, après avoir fait l’impasse sur les Oaks parce que son entraîneur, Dick Hern, avait jugé que le profil d’Epsom l’aurait contrariée. Le cheikh Hamdan fit alors une offre d’achat, pour un million et demi de livres, soit plus de neuf millions selon la valeur actuelle. C’était un prix de folie qui correspondait à neuf fois plus que l’allocation pour le gagnant du Prix de l’Arc de Triomphe. Une telle somme représentait plus que le total des gains accumulés par les sept premiers propriétaires du classement anglais en 1982. Après une consultation avec son manager, Lord Carnarvon, Sa Majesté a décidé de laisser partir la pouliche.  

 

La plus mauvais affaire de l’histoire du pur-sang. Sur le coup, cette vente avait tout d’une très bonne affaire pour la Reine : Height of Fashion fut très décevante avec la casaque du cheikh Hamdan dans les "King George" et encore plus dans les Yorkshire Oaks. Elle avait gagné son Gr1 à 2ans. Elle avait battu – en recevant beaucoup de poids – un vieux champion comme Ardross (Run the Gantlet) et avait terminé sa saison de 3ans avec un rating de 124. Aussi, à un million et demi de livres, la pouliche semblait avoir été très généreusement payée. Sept ans plus tard, quand Nashwan (Blushing Groom), le troisième produit de Height of Fashion, gagnait de cinq longueurs le Derby, cette fameuse vente devenait la plus mauvaise affaire de l’histoire du pur-sang (pour le vendeur !). La poulinière a produit huit chevaux de Stakes et parmi eux les étalons Unfuwain (Northern Dancer) et Nayef (Gulch), et trois femelles, toutes par Mr Prospector, dont Sarayir, la mère de la lauréate des 1.000 Guinées Ghanaati (Giant’s Causeway).

Photo 10 – Nashwan est issu d’une jument vendue par la Reine

Quand la sagesse prime. En ce qui concerne les courses et l’élevage, il vaut mieux être spécialiste de la voyance ou de la cartomancie que reine d’Angleterre. Car la décision royale tombait sous le sens dans le contexte de l’époque. Au moment de la vente d’Height of Fashion, les Royal Studs avaient encore sa mère, Highclere, et à 11ans, elle était assez jeune. Le haras royal possédait également une propre sœur de la pouliche et quatre sœurs de Highclere. C’était beaucoup, sans compter que quelques mois auparavant, Highclere avait pouliné d’une femelle par Mill Reef, et elle était pleine d’un grand gagnant d’Epsom, Troy. Refuser l’offre aurait été une folie et la Reine avait déjà fait preuve de sa sagesse en vendant pour 460.000 guinées Burghclere (Busted), une demi-sœur de Height of Fashion, à la Tattersalls December Sale 1981. Les ventes de Height of Fashion et de sa demi-sœur ont donné à Elizabeth II les moyens d’acheter les écuries de West Isley et de maintenir la compétitivité de son haras. L’entraîneur de Height of Fashion, le légendaire Dick Hern, fut écarté après avoir été victime d’un grave accident durant l’hiver précédant le Derby de Nashwan. Les Royal Studs sont encore là et ses souches se portent très bien.

Des souches royales au rayonnement mondial. Chaque éleveur, grand et petit, a ses regrets. Simple mortelle, la Reine a le droit d’avoir les siens. Elle a tourné la page du dernier chapitre d’Height of Fashion. En explorant les pedigrees, il est assez facile trouver un lien entre Highclere et un champion qui est en train de bâtir l’avenir d’une nation hippique entière. Il s’agit de Deep Impact (Sunday Silence), le seul étalon vivant capable de tenir la comparaison face à Galileo. Il est issu de Wind in her Hair (Alzao), lauréate d’un petit Gr1 en Allemagne après avoir ouvert son palmarès à 3ans dans une Listed, devant Wijdan (Mr Prospector), une fille d'Height of Fashion. Wind in her Hair, deuxième de Balanchine (Storm Bird) dans les Oaks, n’avait coûté que 15.000 guinées à la Tattersalls Houghton Sale en 1992, alors que les acheteurs de sa mère, Burghclere (Busted), avaient les poches pleines de regrets. Son entraîneur, le regretté John Hills, avait peut-être trouvé le seul Gr1 que Wind in her Hair pouvait gagner et Katsumi Yoshida avait eu l’intuition de l’acheter.

Photo 11 – Deep Impact provient d’une souche de l’élevage d’Elizabeth II

Je vous ai apporté un cheval de course, parce que les fleurs c’est périssable… En février 2002, de l’Angleterre au Canada, de la Jamaïque à la Nouvelle-Zélande, les sujets de Sa Royale Majesté ont célébré le Golden Jubilee de leur souveraine, c’est-à-dire ses cinquante ans de règne. À cette occasion, de nombreux parcs sont renommés, des statues sont érigées et les cadeaux affluent du monde entier. Il n’est pas facile de trouver un cadeau à offrir à une reine, et dans ce contexte il est encore plus difficile de faire preuve d’originalité. Le cheikh Mohammed a trouvé la solution : il lui a offert un cheval de course ! Ce dernier, Carlton House (Street Cry), fut un présent de choix. Le poulain a gagné son maiden de neuf longueurs dès sa deuxième sortie à 2ans. À 3ans, l’élève de Darley s’est classé proche troisième du Derby de Pour Moi (Montjeu). L’année suivante, Carlton House s’est classé deuxième des Prince of Wales's Stakes (Gr1). En 2013, il passe des boxes de Sir Mickael Stoute à ceux de Gai Waterhouse et change d’hémisphère. En Australie, à l’âge de 6ans, il se classera deuxième des Ranvet Stakes et troisième des Longines Queen Elizabeth Stakes (Grs1). Carlton House est entré au haras dans l’hémisphère Sud en 2014.

Photo 12 – Carlton House, un superbe cadeau du cheikh Mohammed

En 2006, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de la Reine, ce fut au tour de Son Altesse l’Aga Khan d’offrir un cheval de course. C’est ainsi qu’Estimate (Monsun) fit son entrée dans l’effectif royal. Elle aussi entraînée par Sir Mickael Stoute, la pouliche ne fit qu’une sortie au mois de septembre de ses 2ans. À 3ans, elle s’est imposée dans le Queen's Vase (Gr3), se positionnant déjà sur le créneau des longues distances. L’année suivante, la pouliche s’est imposée de peu dans le Gold Cup (Gr1), une épreuve dont elle a hérité de la deuxième place en 2014 aux dépens de Leading Light (Montjeu). Elle fut ensuite testée positive à la morphine suite à une contamination alimentaire. Sa dernière grande performance, avant le haras, fut sa victoire dans le Doncaster Cup (Gr2) en septembre 2014.

Une passion intacte. John Warren, le manager des Royal Studs, a dit dans une interview qu’en Angleterre, il n’y a pas un éleveur en activité à haut niveau avec une histoire aussi longue que Sa Majesté. Il est difficile de contrôler la véracité de ces propos. Mais on peut affirmer sans risque qu’il n’y pas un éleveur plus passionné qu’Elizabeth II. Ses aimables détracteurs disent qu’elle est radine. Nous préférons dire qu’elle est une turfiste des plus sages, encore capable de tenir le coup dans une activité devenue folle. Son élevage, toujours mené de main de maître, a développé des grandes souches. Il suffit de regarder les pedigrees de ses jeunes chevaux pour comprendre qu’il y a un effort de modernisation. La plupart des poulinières remontent à Amicable (Doutelle), une pouliche que Sa Majesté avait acheté pour 4.500 guinées, ce qui n’était pas vraiment un prix de radine en 1961. Cette dernière avait été assez bonne pour gagner, en débutant, les Nell Gwyn Stakes. Phil Bull et son équipe avaient écrit dans Racehorses de 1963 qu'Amicable valait chaque penny dépensé pour l’acheter et que sa valeur comme poulinière ne pouvait que confirmer cela. Cinquante-cinq ans après, on retrouve Amicable dans les pedigrees d’une bonne dizaine des poulinières royales. Et Highclere est encore bien présente, par l’intermédiaire des jeunes juments comme Caraboss (Cape Cross), Dawn Glory (Oasis Dream) et Good Hope (Cape Cross) qui ont donné des poulains et pouliches par Dubawi, Shamardal, Street Cry. Au printemps, quand les naissances arrivent, on peut imaginer qu’Elizabeth se laisse aller à rêver d’un Derby, comme tous les éleveurs anglais devant les nouveaux-nés. L’élevage et les courses, c’est un élixir de jouvence, une machine à rêver qui se relance tous les printemps… Longue vie à notre gracieuse et sage Reine des turfistes !

Photo 14 – La Reine et Estimate