Grove stud, l’expertise irlandaise

Autres informations / 14.05.2016

Grove stud, l’expertise irlandaise

SPÉCIAL BREEZE-UP ARQANA

Grove Stud, l’expertise irlandaise

L’an dernier, Grove Stud, dirigé par Brendan Holland, a terminé en tête des vendeurs de la breeze up Arqana. Cette structure irlandaise a même vendu les deux top prices de la vente. Mais Grove Stud, c’est aussi The Grey Gatsby (Mastercraftsman), le premier gagnant de Derby issu d’une breeze up. À la veille de l’édition 2016 de cette vente de 2ans montés, Brendan Holland s’est confié à Jour de Galop.

Jour de Galop – Depuis combien de temps vendez-vous des 2ans chez Arqana ?

Brendan Holland – Depuis que cette vente existe, c’est-à-dire en 2005 !

Vous êtes donc bien placé pour évaluer les progrès accomplis durant ces dix ans…

Cette vente s’est en effet beaucoup professionnalisée. Le catalogue s’est amélioré au fil des ans, et je pense que cette année, c’est le plus fort qu’on ait connu. Les équipes d’Arqana, mais aussi les vendeurs, comprennent mieux ce que les gens cherchent lors des breeze up. Logiquement, cette amélioration de l’offre a attiré une clientèle beaucoup plus internationale. C’est un cercle vertueux.

Les Français n’ont pas la même culture de la préparation aux breeze up que vous, les Irlandais… Comment jugez-vous le travail de vos homologues français ?

Comme la vente en elle-même, les consignors français se sont professionnalisés. Il existe toutefois encore une disparité dans la façon de préparer les chevaux. De façon générale, les Français n’aiment pas que les poulains aillent trop vite lors des "breezes". C’est leur façon de travailler, mais c’est aussi lié au positionnement de la vente dans le calendrier : elle arrive assez tard et correspond donc à des poulains moins précoces que ceux que l’on présente à Doncaster par exemple. Il est certain qu’il ne faut pas trop pousser un 2ans, mais il faut qu’ils montrent ce dont ils sont capables sur la piste, sans aller au-delà de ce qu’ils peuvent faire à cet âge. C’est une question d’équilibre.

Pour vous, quel est le poulain idéal pour la vente d’Arqana ?

Comme je le disais, cette vente arrive assez tard dans le calendrier. Le 2ans type pour Arqana sera donc moins précoce que celui que l’on va trouver à Doncaster. On peut se permettre de présenter des poulains plus tardifs, qui vont avoir besoin de temps. Mon consignment propose à peu près 50 % de poulains éligibles aux primes. C’est une donnée importante. Pour ceux qui ne sont pas éligibles aux primes, je vais chercher un pedigree qui va parler aux Français, soit du côté paternel, soit du côté maternel. Enfin, le "breeze" reste pour moi très important. Si le "breeze" est bon, la vente sera bonne !

Où achetez-vous vos yearlings de préférence ?

J’essaie d’aller à toutes les ventes internationales. Je vais bien entendu chez Arqana en août et en octobre, pour y trouver des poulains avec primes, mais je vais aussi à Keeneland, en Angleterre, en Irlande. J’achète les poulains qui me plaisent et ensuite je trouve la vente où ils seront le mieux valorisés, selon leur caractéristique.

Vous présentez désormais plus de 2ans chez Arqana que lors des autres breeze up européennes. Pourquoi ce choix ?

Il y a plusieurs raisons. En premier lieu, j’ai tendance à avoir des poulains pas spécialement très précoces, qui correspondent donc bien au marché français. Ensuite, j’ai connu beaucoup de succès à cette vente. On a tendance à retourner là où cela a marché ! J’ai vendu beaucoup de chevaux de Stakes à Arqana. Cela a généré une certaine confiance de la part des acheteurs envers Grove Stud. De mon côté, j’ai confiance en Arqana, qui fait beaucoup d’efforts pour attirer une clientèle toujours plus internationale.

Vous avez vendu ici un poulain devenu classique, The Grey Gatsby. À quel point est-ce important de vendre des chevaux de ce niveau ?

Encore une fois, tout est une question de confiance. The Grey Gatsby a gagné à 2ans, mais il a vraiment atteint son "top niveau" à 3ans, en remportant notamment le Prix du Jockey Club. C’est une illustration parfaite de ce que je souhaite véhiculer comme message : une préparation pour les breeze up bien faite ne va pas hypothéquer l’avenir du cheval, au contraire. Nous travaillons dur pour que les gens en soient bien conscients. On peut acheter un cheval de Groupe qui dure aux breeze up ! L’an dernier, nous nous sommes réunis dans une association, parce que nous pensons que nous serons plus forts ainsi. Nous voulons donner une meilleure image des breeze up, mettre en avant les statistiques assez impressionnantes de ces ventes. Il est d’ailleurs important que les consignors français nous rejoignent. Alban Chevalier du Fau, de The Channel Consignment, a bien compris cela et j’espère qu’il va convaincre les autres de nous rejoindre.

Comment jugez-vous votre lot cette année ?

Je suis confiant, et même assez excité ! Je pense que nous avons un très bon lot, avec des chevaux de qualité. J’ai notamment la chance de présenter une pouliche par Frankel, très professionnelle, avec du modèle, et qui ne nous a jamais déçus le matin. Elle est née début mai, c’est pour cette raison que nous avons choisi Arqana pour elle. J’ai aussi un Kendargent et un Zoffany très prometteurs.

De manière générale, préférez-vous miser sur de jeunes étalons ou des pères confirmés ?

J’ai pris l’exemple de Frankel, mais c’est un cas un peu particulier, car tout le monde aimerait pouvoir présenter un produit de Frankel ! Mais généralement, je préfère les étalons confirmés. Je suis un grand fan de Kendargent. Siyouni est aussi un jeune étalon très excitant. Le parc français des étalons s’est beaucoup amélioré ces dernières années. En Irlande, je crois beaucoup en Zoffany, qui produit aussi bien des mâles que des femelles.

Que pensez-vous du fait que la vente ait lieu à Deauville cette année ?

J’aimais beaucoup la piste de Saint-Cloud, qui permettait aux acheteurs de parfaitement voir les poulains lors de leurs "breezes". J’ai un peu peur que ce soit plus compliqué à Deauville. Mais en dehors de ça, je pense que Deauville est un endroit idéal pour vendre des chevaux. Cette vente qui a lieu juste avant un grand week-end de courses devrait attirer beaucoup de monde, et c’est cela qui compte.

Quel a été votre parcours avant de créer Grove Stud ?

Quand j’ai fini mes études, j’ai travaillé dans un haras en Irlande. Puis j’ai eu envie de voyager, et je suis parti en Australie. Quand je suis rentré en Europe, j’ai travaillé huit ans pour Mark Johnston, en Angleterre. J’étais notamment chargé des jeunes chevaux et de leur débourrage. Puis j’ai eu envie de m’installer à mon compte. J’ai créé Grove Stud en 2001.

Quelles sont vos activités principales ?

Nous proposons la préparation aux ventes, aussi bien des yearlings que des 2ans. Je continue aussi à faire du débourrage et du pré-entraînement.