Les 150 ans du haras des sablonnets (partie 2) - une dynastie et un haras qui ont profondément changé l’histoire des courses

Autres informations / 30.05.2016

Les 150 ans du haras des sablonnets (partie 2) - une dynastie et un haras qui ont profondément changé l’histoire des courses

LES 150 ANS DU HARAS DES SABLONNETS

Une dynastie et un haras qui ont profondément changé l’histoire des courses

[PARTIE 2 SUR 2] Le domaine des Sablonnets, dans la Sarthe, vient de passer le cap des cent cinquante ans d’existence. Cas unique en France, Antoine de Talhouët-Roy représente la cinquième génération d’une même famille à la tête d’un haras. Après Auguste, Georges, Hervé et René, son père, il a su perpétuer la tradition familiale. Ces cinq générations ont activement pris part à la vie politique de la filière, mais nous avons choisi de nous concentrer sur leur activité au sein du haras familial.

Photo : Antoine de Talhouët-Roy, Olivier Peslier, Jean-Marie Béguigné et Hervé de Talhouët-Roy, après la victoire de Dancing Lady dans le Prix de la Seine (L)

De la Moskowa au Lude. Frédéric de Talhouët, né à Rennes en 1788, était issu d’une vieille famille de la noblesse bretonne. Il prit part à la campagne de Russie, devint officier d’ordonnance de Napoléon Ier en 1807, capitaine en 1809 après la bataille de Wagram, baron de l’Empire en août 1910, chef d’escadron en 1811. Sa brillante conduite lors de la bataille de la Moskowa lui valut le grade de colonel au régiment de grenadiers à cheval.

En 1817, Frédéric épouse Alexandrine Roy, fille du futur ministre des Finances de Louis XVIII et de Charles X, Antoine, comte Roy. Elle lui donnera deux enfants nés à Paris, Françoise-Antoinette et Auguste.

Photo : Frédéric de Talhouët

Auguste, le fondateur. Le marquis Auguste, septième du nom, né en 1819, sera autorisé par ordonnance royale de décembre 1847 à rajouter Roy à son nom, à la demande de son beau-père. En 1847 au château familial de Ris, Auguste épousera une riche héritière belge, Léonie Honnorez (1829 - 1892), qui lui donnera trois enfants, Marie (1849-1934), René (1855-1948) et Georges (1861-1942). Auguste, le précurseur, débute par un petit élevage à Malidor. Jusqu’au XVIIIe siècle, il n’y avait à Malidor qu’un petit manoir, dit le Grand Malidor, et une ferme, dite le Petit Malidor. C’est sur cette métairie qu’Auguste fit bâtir les prémices de ce qui deviendra un haras sur la rive droite du Loir entre 1846 et 1860. Par la suite, il complète le domaine avec l’acquisition de deux autres fermes, Sivase et les Sablonnets.

Photo : Auguste, marquis de Talhouët

Light, symbole d’une réussite immédiate. En 1856, le tout premier foal né à Malidor est nommé Light. Le poulain va établir un nouveau record en remportant 19 victoires successives dont le Biennal des 4ans (futur Prix Jean Prat). Son propriétaire, le baron Nivière, voit en lui un futur étalon. Il ne s’y trompe pas puisque deux de ses produits enlèvent, en 1870, le Prix du Jockey Club et le Prix de Diane : Bigarreau, le poulain, et Sornette, la pouliche, qui confirme dans le Grand Prix de Paris. Il faudra attendre un siècle pour revoir un tel exploit avec Caro, en 1977, père de Crystal Palace et de Madelia.

Photo : Georges de Talhouët-Roy

Georges crée le haras des Sablonnets. Auguste décède en 1884, à 65 ans, laissant son fils cadet, Georges, à peine âgé de 23 ans, seul aux commandes du haras de Malidor. Quant au fils aîné, René, il va habiter le château du Lude et le fera classer monument historique en 1927. À sa mort en 1948, le château devient la propriété de son petit-fils, René de Nicolaÿ. Le comte René de Nicolaÿ a eu deux fils, Robert et Louis-Jean, l’actuel sénateur-maire du Lude.

L’augmentation des effectifs conduit Georges à créer quelques années plus tard le haras des Sablonnets. La structure permet d’abriter l’élevage de Jacques et Paul de Brémond, ainsi que ses propres poulinières.

Georges a donné le virus à son fils Hervé, lequel s’associe à lui en 1927 pour gérer une structure qui a définitivement pris le nom de haras des Sablonnets. L’effectif moyen de l’époque est d’une quinzaine de poulinières. Avec le temps, le nombre de poulinières en pension va augmenter. Hervé passe ensuite les rênes du haras à son fils, René.

Photo : René de Talhouët et la reine mère lors d’une visite privée au Lude

De René à Antoine. Le top price des yearlings de Deauville 1981 est resté dans l’histoire des ventes de Deauville. Playful River est vendu par René de Talhouët-Roy pour 1.950.000 francs, prix record de l’année, à un Texan. À la fin des années 1980, René souhaite transmettre le flambeau. En raison d’allergies, Hervé, le fils cadet, ne peut continuer l’œuvre de ses ancêtres et leur sœur, Anne, a d’autres occupations. Continuer, louer ou tout simplement vendre, telle était la question. Antoine, le fils aîné, espère détenir la clé du problème. Pour cela, il met entre parenthèses sa première vie professionnelle à Paris.

Les années 1990, un nouveau départ pour les Sablonnets. Antoine réintègre à la structure des Sablonnets le haras de Sivase, autrefois loué à l’entraîneur Bernard Renard puis au jeune Éric Libaud. Le haras s’étend aujourd’hui sur une centaine d’hectares (dont une vingtaine est en location) accueillant une quarantaine de poulinières, leurs foals et les étalons. Il croit beaucoup à la mutualisation des moyens pour acquérir de bons éléments. Il est donc souvent associé avec des amis dans la propriété des juments. Sur la quarantaine de poulinières sur les lieux, la moitié appartient à Antoine de Talhouët-Roy, associé avec son frère Hervé, et l’autre moitié à des clients, souvent des amis. La structure a été le théâtre de nombreuses rénovations et améliorations depuis les années 1990.

Photo : Le Haar, étalon tête de liste en 1963

Une tradition d’étalonnage. Au cours de son histoire, le haras a accueilli de très nombreux étalons. En 1963, Le Haar termine tête de liste. Il est notamment le père d’Exbury. Vendu à l’administration, Quart de Vin a profondément marqué le stud-book AQPS. Plus près de nous, Smadoun, disparu l’an dernier, a été un reproducteur très apprécié, engendrant des lauréats de Gr1 en plat comme en obstacle. Le haras peut désormais compter sur Barastraight, père de bons sauteurs, et Red Dubawi, qui fait ses premiers pas en tant qu’étalon en 2016

Photo : Spiritjim, un élève du haras des Sablonnets.

Les principaux gagnants nés au haras des Sablonnets

(pour le compte de la famille de Talhouët-Roy ou pour des clients)

Alino, 2e Grand Steeple-Chase des 4ans (futur Prix Maurice Gillois)

Bienséance, 2e du Prix La Haye-Jousselin, 3e du Grand Steeple-Chase des 4ans (futur Maurice Gillois)

Clear River, Prix de la Grotte, Imprudence, 3e Poule d’Essai des Pouliches

Elseneur, Grand Prix du Printemps (futur Prix Jean de Chaudenay)

Eugène de Savoie, Prix du Président de la République (futur Grand Prix de Saint-Cloud)

Fair Tom, Grande Course de Haies de Printemps

Fléchois, deux fois 2e du Prix de l’Arc de Triomphe et du Grand Prix de Paris.

Filibert de Savoie, Grand Prix de Paris, Prix Royal Oak, Prix du Cadran, 2e du Gold Cup d’Ascot et 3e du Prix de l’Arc de Triomphe

Flush Royal, Prix Noailles

Folina, Prix de Flore

Gardefeu, Prix du Jockey Club, Prix Lupin

Go Ahead, Prix Cambacérès

Holocauste, Grand Critérium, Critérium de Maisons-Laffitte et Prix Lupin, 3e du Prix du Jockey Club et 2e du Derby d’Epsom

Imogène, 2e Prix Morny

Jacobite Prix Royal-Oak,  Grand Prix de Deauville

Le Marmot, Prix Greffulhe, Prix Hocquart, 2e Prix du Jockey Club, 2e Prix de l’Arc de Triomphe, 3e King George VI and Queen Elizabeth Stakes

Marend, Grand Prix de Deauville

Marinous, Grand Prix de Deauville

Mistress Gilly, Prix de Flore

Nistralin, Prix Lupin, Grand Prix des 3ans (futur Prix Cambacérès), Prix Juigné

Ronde de Nuit, Poule d’Essai, Prix Vermeille, Prix La Forêt

Port Said. Grand Prix d’Automne

Primesautier, Prix Henri Foy (futur Foy), 2e Prix d’Ispahan

Quart de Vin, Prix Cambacérès, Grand Prix d’Automne

Quirinal, Prix Maurice Gillois

Red Dubawi, Premio Vittorio di Capua

Sablonnet, Gran Premio di Milano, Prix Jean Prat

Spirito del Vento, Prix Daniel Wildenstein

Spiritjim, Grand Prix de Chantilly

Tiffauges, Prix de la Côte Normande (futur Guillaume d’Ornano) 2e du Prix Eugène Adam, 2e du Prix Jean Prat

Ultimatum, Grand Steeple-Chase de Paris, Grand Prix de Pau

Uniprix, 3e de la Poule d’Essai des Poulains

Sapotille, Prix de Diane

Véronèse, Gran Premio di Milano, Premio Presidente della Republica, Gran Premio del Jockey Club

Vinteuil, Gran Critérium de Milan

Volandry, 2e du Prix Hocquart

Walk By, 3e Grand Steeple-Chase de Paris et de la Grande Course de Haies d’Auteuil