Paul couderc, un homme passionné aux multiples casquettes

Autres informations / 20.05.2016

Paul couderc, un homme passionné aux multiples casquettes

Paul Couderc, un homme passionné aux multiples casquettes

Vézelay (Dom Alco) sera le deuxième partant de Paul Couderc dans le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), dimanche à Auteuil, quatre ans après la championne Net Lovely (Network). À quelques jours de cette grande course, Paul Couderc nous a parlé du fils de Dom Alco, son association avec Patrick Joubert (dont Vézelay porte les couleurs), sa trajectoire politique et sa vision du monde des courses.

Le "Grand Steeple" 2016 ? Une course très ouverte. Ce mercredi, à l’heure où nous l’avons contacté, Paul Couderc revenait de Vaumas dans l’Allier, où est installé Emmanuel Clayeux, entraîneur de Vézelay. Il venait d’assister au dernier travail du fils de Dom Alco : « Tout s’est bien passé. Vézelay est très bien, extra même. Il a fait une petite gymnastique et tout s’est bien déroulé. Le "Grand Steeple" 2016 ? Je le vois très ouvert, avec de bons chevaux qui sont proches les uns des autres. Le Prix La Haye Jousselin 2015 est une bonne référence, avec Milord Thomas qui l’a emporté devant Saint Palois et VézelayIl ne faut pas oublier bien sûr les pensionnaires de Guillaume Macaire, Storm of Saintly, As d’Estruval et So French. Nous verrons dimanche. »

Un partant dans le "Grand Steeple" : un rêve de gamin. Avoir un partant dans le "Grand Steeple", c’est un grand événement pour Paul Couderc. « Quand j’étais gamin, je rêvais d’avoir un cheval pour pouvoir participer au "Grand Steeple". Si nous ne vendons pas nos chevaux, si nous faisons de gros efforts financiers, c’est pour pouvoir vivre ces moments et en profiter, notamment avec mon épouse qui est partie prenante. C’est une aventure familiale. Nous aimons bien aller aux courses, et surtout à Auteuil ! C’est aussi pour accomplir ce travail d’équipe avec l’entraîneur jusqu’à la grande échéance que nous gardons nos chevaux. »

Vézelay, le fruit d’une méthode. Vézelay a vu le jour chez Michèle Juhen-Cyprès et il a été vendu très jeune à Patrick Joubert et Paul Couderc. « Nous l’avons acheté foal et c’est Patrick qui l’a élevé. Étant donné que j’habite à Aurillac, c’est plus compliqué pour moi d’élever ici. Nous avons le frère de Vézelay par Network qui est âgé de 2ans. Vézelay, c’est le fruit de notre méthode. Patrick sillonne la campagne pour voir des poulains et ensuite il m’en propose. Nous essayons de sélectionner les bonnes souches, comme celle de Vézelay. En emmenant des juments à Cercy, Patrick rencontre des éleveurs. De manière générale, nous essayons de faire des partenariats avec les éleveurs, pour travailler dans la continuité. Pour le choix des étalons, nous n’inventons rien, nous allons aux fondamentaux, au sang de Monsun et de Sadler’s Wells. Nous allons aussi à Network avec lequel nous avons connu de la réussite. »

La rencontre avec Patrick Joubert. Paul Couderc est associé sur cinq à six juments avec Patrick Joubert. Tous deux forment un tandem redoutable chez les propriétaires. La rencontre entre les deux hommes a eu lieu lors d’un événement majeur pour tous les passionnés d’obstacle, d’AQPS et de pedigrees. « Nous nous sommes rencontrés à Decize. C’est un lieu de rencontre et d’échange. Je m’y trouvais en compagnie de François Louis, mon entraîneur. Nous étions allés nous promener là-bas. Nous avons sympathisé et c’est comme cela que notre histoire commune a débuté. Nous collaborons également avec le haras de Saint-Voir. » En plus des juments qu’il détient en association avec Patrick Joubert, Paul Couderc possède également trois poulinières anglo-arabes à Aurillac, avec son frère Philippe.

Une philosophie anglaise. À l’heure où les sauteurs sont de plus en plus précoces, qu’ils soient pur-sang ou AQPS, Paul Couderc et Patrick Joubert font le choix de la patience. Une philosophie qui colle bien avec celle de leur entraîneur, Emmanuel Clayeux, et qui se rapproche de la manière d’exploiter les sauteurs outre-Manche. « Nous prenons le temps d’exploiter nos chevaux, en étroite collaboration avec Emmanuel Clayeux. Vézelay est par exemple un cheval que nous avons attendu et fabriqué. Nous fonctionnons un peu comme les Anglais qui patientent parfois jusqu’à 7 ou 8ans pour exploiter complètement leurs chevauxNous n’hésitons pas à remettre les chevaux au pré s’ils en ont besoin. C’est la politique maison. »

Une passion pour les courses née avec l’anglo-arabe. C’est grâce aux anglo-arabes que Paul Couderc s’est passionné pour le monde des courses. Pour lui, tout a commencé dans le Cantal, comme il nous l’a raconté : « Je suis né à Aurillac. Mon père et mon grand-père élevaient des chevaux et en faisaient commerce. Très jeune, dès l’âge de cinq ou six ans, j’ai fréquenté les hippodromes de Gramat, Aurillac et Pompadour. J’allais notamment au Grand Cross de Pompadour le 15 août, mais aussi au Grand Cross des Anglos, sauf lorsque celui-ci avait lieu le premier dimanche de septembre, au moment de la rentrée scolaire. Dans ce cas, mes parents préféraient que je n’y aille pas (rires)… C’était un peu le pèlerinage d’aller aux courses là-bas. Au Haras national d’Aurillac, il y avait aussi un concours d’élevage qui qualifiait pour la finale. C’était quelque chose qui me passionnait déjà. » En grandissant, Paul Couderc a pu développer sa passion pour les chevaux et les courses. En plus des anglo-arabes, il a investi dans des sauteurs. « Acheter des chevaux d’obstacle, c’est quelque chose qui s’est fait naturellement. Mon père et mon grand-père étaient dans le commerce de chevaux de concours, ce qui se rapproche plus de l’obstacle. Et puis je pense que courir à un certain niveau en plat dépasserait mon potentiel économique. J’ai toujours bien aimé la compétition et la performance. Ma motivation dans les courses est toujours liée à un but d’amélioration, que ce soit dans les courses ou l’élevage. »

COUDERC, LE POLITIQUE…

… au service de l’anglo-arabe. En plus de ses investissements sportifs, Paul Couderc s’est également tourné vers la politique hippique. Président du Syndicat Anglo Course depuis 2013, il fait aussi partie du Conseil de l’obstacle à France Galop. Deux rôles au service de la filière qu’il a acceptés avec plaisir. « J’ai accepté la présidence d’Anglo Course pour rendre aux anglos tout ce qu’ils m’ont donné. C’est par leur biais que je me suis passionné pour les courses et que tout a commencé. Il était logique que j’accepte la fonction de président. Je délègue à mon équipe qui est très soudée et motivée. Une commission de programme a été mise en place pour gérer le programme de plat et d’obstacle. Ce n’est pas évident, sachant qu’il nous faut réunir un minimum de partants lors des courses premium. Nous préparons aussi le Grand show anglo-arabe qui aura lieu, pour la troisième année consécutive, à La Teste, le jeudi 22 septembre. C’est un grand moment pour notre syndicat. »

… et de l’obstacle. En plus de son rôle de président du Syndicat Anglo Course, Paul Couderc assume donc celui de membre du Conseil de l’obstacle. « Je suis arrivé au Conseil par le biais des élections et du Comité galop du Sud-Ouest. Jean-Paul Moutafian m’a proposé de prendre sa place. Cela permet d’être au courant des obligations de la filière et de la ligne de conduite à tenir pour la discipline. C’est quelque chose de très important. » Siéger au Conseil de l’obstacle de France Galop, c’est aussi avoir un regard sur le futur de la discipline. Et la vision de Paul Couderc est optimiste concernant celui-ci : « D’une façon générale, je suis optimiste quant à l’avenir de l’obstacle. Nous avons un élevage très performant, ainsi nous vendons beaucoup de chevaux à l’étranger. Nous avons aussi deux hippodromes, Auteuil et Enghien, qui sont parfaits pour exploiter les sauteurs. Bien évidemment, nous ne sommes qu’en 2016, et il faut faire attention aux finances. Mais nous avons des raisons d’être optimistes. » La fuite des talents français à l’étranger est de plus en plus importante. Cela peut devenir un motif d’inquiétude, mais sous certaines conditions. « Tant que les ventes se limitent aux hongres, cela crée un appel d’air. Mais nous risquons d’avoir des problèmes si nous avons des femelles de bonnes familles, de bonnes souches, qui s’en vont à l’étranger. C’est pour cela que lors des réunions au Conseil de l’obstacle, de grands éleveurs ont insisté pour qu’il y ait plus de courses pour femelles en vue de les envoyer au haras avec du caractère gras. »

Des nouvelles de Net Lovely

Net Lovely (Network) a été la première partante de Paul Couderc dans le "Grand Steeple". C’était en 2012 et elle était tombée alors qu’elle allait facilement. À l’automne, elle s’était classée deuxième du Prix La Haye Jousselin (Gr1). Auparavant, elle s’était imposée dans les Prix Héros XII, Ingré, Robert de Clermont-Tonnerre et André Michel (Grs3). Désormais poulinière, elle a donné le jour à Sainte Lovely (Saint des Saints), une femelle âgée de 2ans, et à Kap Love (Kapgarde), un yearling. La suite, c’est Paul Couderc qui nous en parle : « Net Lovely était vide cette année et elle est partie à la saillie d’Authorized. Nous avons aussi son frère, Lucky net Love, qui est parti au pré. »