Le sport par le temps - pourquoi almanzor a-t-il gagné le prix du jockey club 2016 ?

Autres informations / 08.06.2016

Le sport par le temps - pourquoi almanzor a-t-il gagné le prix du jockey club 2016 ?

LE SPORT PAR LE TEMPS

Pourquoi Almanzor a-t-il gagné le Prix du Jockey Club 2016 ?

Disputé depuis 2005 sur 2.100m à Chantilly, le French Derby s’est pour la première fois couru en terrain très souple (pénétromètre 3,7) sur cette distance. Alors que la génération de mâles de 3ans se cherche un leader, Almanzor (Wootton Bassett) remporte l’édition 2016 à l’issue d’une course parfaite.

Photo : L’arrivée de l’édition 2016 du Prix du Jockey Club

Par Bruno Barbereau, éditorialiste à Jour de Galop et animateur de Horse Racing Chrono

https://twitter.com/HorseRacingChro

La corde pour se pendre. Dans une génération des mâles de 3ans qui n’a pas encore clairement identifié un leader, les prétendants au sacre sont nombreux. Le tirage des numéros à la corde dans une course est toujours une épreuve traumatisante. Elle l’est encore plus dans une course de Groupe où vous hypothéquez une partie de vos chances à cause du hasard. Il faut de la "marge" et de l’inspiration pour limiter la casse ou se sortir d’une situation désespérée. L’idéal étant d’avoir le meilleur rapport : valeur/corde/parcours.

Une grande partie du résultat se joue dans les cent premiers mètres. Dès la sortie des stalles, chaque concurrent doit avoir fait le choix d’avancer ou de reprendre en fonction de sa position dans les stalles. L’hésitation ou l’absence de stratégie rend tout succès impossible. Il faut faire le bon choix. Vous pouvez forcer le départ avec un numéro extérieur mais vous consommez immédiatement de l’énergie. Ce que vous dépensez dès les premiers mètres vous manquera dans les dernières encablures, au moment de faire la différence.

Dès le départ, Robin of Navan (corde 2), comme à son habitude, mène la course à un train régulier. Almanzor (corde 7) profite de sa corde pour se placer à trois longueurs de la tête en restant bien calé le long de la lice. Talismatic (corde 11) a décidé d’avancer et de se placer avec les leaders. Dicton (corde 13), Zarak XX (corde 16) et Apilobar (corde 17) ont décidé de reprendre et par conséquent de se placer à l’arrière du peloton. Après 10 secondes de course, le scénario et les acteurs sont en place.

Un parcours sur mesure pour Almanzor. Les 1.100 premiers mètres sont parcourus à un train régulier en 1’08’’48, toujours sous l’impulsion de Robin of Navan (American Post). Talismanic (Medaglia d’Oro) s’est placé à une longueur à son extérieur. À quel point le représentant de Godolphin avait-t-il déjà puisé dans ses réserves afin de prendre une bonne position ? Almanzor voyage à trois longueurs de la tête, en position idéale, caché et sur la trajectoire la plus courte.  Son seul souci sera de trouver l’ouverture au bon moment. Apilobar (Slickly), Dicton (Lawman) et Zarak (Dubawi) sont réduit au rôle de closer et leur souci sera de trouver les bons espaces pour finir en espérant avoir suffisamment de réserve. À cet instant, ils évoluent respectivement à cinq, six et sept longueurs de la tête. À l’entrée de la ligne droite, après 1’35’’13 de course, il reste six cents mètres à parcours. Les positions ont peu varié. C’est en général à ce moment-là que les espaces se créent et les potentiels d’accélération permettent de faire la différence. À ce jeu, Almanzor est le mieux placé pour placer une bonne accélération et profiter de sa position. Talismanic lutte avec courage. Zarak, Dicton et Apilobar doivent compter sur leurs bonnes étoiles pour progresser et refaire leur retard.

Photo : Almanzor devant Zarak

Almanzor s’impose d'une longueur et demie en 2’11’’62. Il est impossible de comparer le temps brut de cette course par rapport aux éditions précédentes, en raison de l’état du terrain. Almanzor franchit les six cents derniers mètres en 36’’18. Il remporte une victoire légitime, en partie grâce à un parcours parfait. Zarak a été victime de son numéro à la corde mais a fourni la meilleure dernière section de la course (L600 35’’88), à l’issue d’un parcours sans faute. Il aurait probablement lutté pour la victoire avec un meilleur numéro de corde. Dicton termine très bon troisième sur une distance qui paraît friser la limite de ses aptitudes. Talismanic, courageux, conserve de peu la quatrième place face à Apilobar. Ce dernier réalise la meilleure valeur de sa carrière en ayant dû s’élancer tout à l’extérieur et à l’issue d’un très bon parcours.

Au lendemain des Derby anglais et français, l’avantage est clairement du côté anglais où le gagnant d’Epsom, Harzand (TF128), prend un avantage de près de cinq longueurs sur Almanzor (TF118), gagnant du "French Derby".

Photo : L’étude des temps donne une valeur supérieure au Derby anglais en 2016

Volta survoltée. En remportant le Prix de Sandringham (Gr2) en 1’39’’00 et par quatre longueurs, Volta (TF116) est clairement entrée dans la catégorie des pouliches de 3ans de très haut niveau. Elle peut suivre facilement un rythme élevé et possède une très bonne accélération qui lui permet de creuser un écart conséquent dans les quatre cents derniers mètres. Elle est une des grandes révélations de cette journée du Prix Jockey Club. Pour mieux évaluer le niveau de Volta (Siyouni), il est intéressant de comparer ses temps bruts et partiels par rapport aux deux courses handicaps disputées le même jour dans les mêmes conditions. Celles-ci ont l’avantage d’être des épreuves souvent régulières et très rythmées.

Photo : La victoire de Volta dans le Prix de Sandringham

Sur la base du temps brut, Volta domine les deux gagnants des handicaps du jour de quatorze longueurs.

Dans la phase d’accélération, Volta est là encore supérieure. Elle est capable de creuser un écart situé entre de huit longueurs un quart et quatorze longueurs. Sur la base de son pace et speed rating, Volta domine Livinginafantasy (Monsun) de onze longueurs et demie, et Randulina (Early March) de douze longueurs et demie.