Observatoire social 2016 de l'afasec - le secteur défend ses emplois dans un contexte économique tendu

Autres informations / 14.07.2016

Observatoire social 2016 de l'afasec - le secteur défend ses emplois dans un contexte économique tendu

OBSERVATOIRE SOCIAL 2016 DE L'AFASEC

Le secteur défend ses emplois dans un contexte économique tendu

Ce lundi, l'Afasec a dévoilé à la presse son observatoire social 2016. Cette étude est basée sur l’analyse des données issues de la gestion des contrats de prévoyance, dont l'Afasec a la charge dans la filière hippique.

Photo : Observatoire social de l'Afasec (pas de légende)

L’emploi, un atout de la filière galop. En 2015, les effectifs d’employés et d’employeurs sont restés stable. Sur une décennie, le nombre d’entraîneurs public a peu varié. En revanche, celui des permis d’entraîner a fortement baissé depuis 2014 (570 à 481). Ce sont 3.999 salariés qui travaillent directement à l’entraînement de chevaux de course en France, dont 60 % au galop et 40 % au trot. Après plusieurs années de progression, la féminisation de la profession marque une pause, mais selon Didier Budka, le directeur de l'Afasec : « Elle devrait reprendre dans les années à venir car il y a actuellement de nombreuses filles en formation, plus particulièrement au galop. » En 2015, 3.242 des 3.999 employés d’écuries de course en France n’ont pas changé d’employeur. Il est difficile de mesurer les effets du climat économique sur ce point, mais il semblerait que le personnel du monde hippique soit désormais moins enclin à quitter un emploi stable. Cinquante-six pour cent des employés ont moins de 31 ans et la pyramide des âges de la filière évolue peu.

Photo : Didier Budka

« Nous aimerions avoir plus de candidats. » En ce qui concerne, l’attractivité des métiers des courses et la communication de l'Afasec, Didier Budka nous a précisé : « Il n’est pas facile de recruter de nouveaux élèves, surtout en comparaison avec les filières liées aux centres équestres et à l’équitation de loisir. Le principal obstacle reste la méconnaissance des courses et de leurs métiers. De plus la démographie et le grandissement des générations ne nous sont pas favorables. Nous avons donc progressivement fait évoluer notre politique de communication. Il y a une décennie, nous misions sur une présence dans la presse écrite, par le biais d’articles et de publicités. Désormais, nous effectuons un important travail sur les réseaux sociaux. Les jeunes nous découvrent sur internet et leurs parents sont confortés par ce qu’ils peuvent voir dans la presse. En parallèle, nous poursuivons nos actions sur le terrain, au Salon du cheval et dans les forums de l’emploi. Nous voulons faire connaître l’école et, d’une manière plus large, les métiers des courses. Peu de gens connaissent le potentiel en termes d’emploi de notre filière. Nous ne manquons pas de candidatures. Même s’il n’y a pas un nombre illimité de places en entreprises, nous aimerions tout de même avoir plus de candidats, afin d’être plus sélectifs. Les professionnels rêvent d’avoir des garçons, doués à cheval et avec le gabarit adéquat. Ce profil n’est plus le standard. Pour faire connaître la réalité du métier, nous organisons un stage de découverte et positionnement. Pendant une semaine, les jeunes découvrent en immersion ce qui constitue le cœur de leur futur métier. Un premier tri s’effectue de lui-même à ce moment-là. Un sur deux ou un sur trois, selon les années, souhaite poursuivre. Les gens qui restent après ce stage ne sont pas là par hasard. Leurs motivations sont multiples : la vitesse, l’animal, la compétition… Parfois, il faut aussi rappeler à leur entourage les particularités du métier. Un cheval mange les jours fériés et le monde des courses ne fonctionne pas selon les horaires de bureau. Ce n’est pas forcément évident à comprendre pour des parents urbains qui travaillent dans le secteur des services. On entend souvent que les jeunes d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’il y a 30 ans. Mais il y 30 ans, on entendait déjà cela ! Il est certain que les adolescents urbains et connectés de 2016 ne sont pas en tous points comparables avec les enfants du baby boom des années 1960. Nous sommes aussi là pour rappeler le cadre légal aux employeurs. L’État français a instauré une réglementation pour le travail, et celui des mineurs en particulier. Ces règles ne s’appliquent pas qu’aux courses, et afin que les professionnels ne soient pas piégés par méconnaissance, nous travaillons à les informer. »

Une ouverture internationale. « Dans le cadre de L’E.A.R.S., l’Association européenne des écoles des courses, Longines sponsorise une course internationale qui s’est déroulée le jour du Prix de Diane Longines. Un prix de 5.000 euros a récompensé l’école gagnante du trophée des Longines Future Racing Stars. Nous avons aussi travaillé à la création d’une école des courses hippiques au Maroc. Ces rencontres à l’international sont un temps d’échange, qui souligne la qualité du système français de formation. »

Photo : Les participants de l’édition 2016 des Longines Future Racing Stars

Former et accompagner. « Dans un certain nombre de pays, les problèmes de main d’œuvre sont très importants. Notre volet social et notre ambition pédagogique correspondent à cette problématique. L'Afasec a pour mission de former mais aussi d’aider les gens à se maintenir dans le métier. Outre-Manche, la formation est purement technique, sans enseignement général. En visant le baccalauréat, en donnant aux jeunes un bagage plus général, nous essayons de leur offrir des atouts pour l’avenir. C’est important pour l’attractivité de nos formations et pour une éventuelle reconversion. De même nous avons mis en œuvre une classe européenne, où ils peuvent se perfectionner en anglais, et un B.T.S. ACSE. Il y a une quinzaine d’années, notre offre de formation se limitait au C.A.P. et au B.E.P. En diversifiant notre offre, nous essayons de proposer un parcours adapté à tous les profils et métiers. Désormais, l'Afasec peut accueillir les jeunes qui veulent rapidement être dans l’action, mais aussi ceux qui veulent un parcours scolaire plus long et, pourquoi pas, devenir entraîneur. Cela renforce l’attractivité des métiers des courses. Plus de la moitié de notre budget est consacré à l’action sociale : logement, reconversion, assistantes sociales, crèches et garde d’enfants dans les centres d’entraînement, foyer pour les salariés en déplacement… tout cela participe à l’amélioration de la vie du personnel. Les employés sont donc activement encouragés à rester dans la filière. Quand un jeune décroche un emploi dans une écurie, l'Afasec peut lui accorder un prêt à taux zéro pour l’aider à s’installer dans la vie. Cela peut lui permettre d’acquérir un premier moyen de transport et du mobilier de base. Récemment, nous avons eu des personnes en provenance d’Italie qui souhaitaient venir exercer leur activité en France. Ils ont pu bénéficier d’un logement à la résidence Afasec, ce qui leur a permis de préparer leur installation à Chantilly. Cela a aussi incité d’autres Italiens à venir. Les entraîneurs ont ainsi pu recruter du personnel qualifié et directement opérationnel. »

Photo : L’arrivée des Longines Future Racing Stars, lors de la réunion du "Diane"

Une large palette de formations. « Chaque année, nous accueillons 180 stagiaires dans le cadre d’une large palette de formations. Nous proposons par exemple des stages pour passer le Captav, pour améliorer son niveau d’anglais et pour se perfectionner au niveau des soins. L'Afasec organise aussi des formations pour les permis d’entraîner, entraîneurs publics, commissaires, juges au départ… nous faisons donc bien plus que former des apprentis. »

Pour consulter l’édition 2016 de l’observatoire social de l'Afasec, cliquez ici

http://www.ecole-des-courses-hippiques.fr/userfiles/images/externe/OS2016.pdf