Vers une "silicon valley" du cheval en normandie ?

Autres informations / 19.07.2016

Vers une "silicon valley" du cheval en normandie ?

Vers une "Silicon Valley" du cheval en Normandie ?

La Région Normandie et le Département du Calvados ont obtenu le transfert à Goustranville (entre Caen et Deauville), des activités cliniques équines de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA). Des travaux d’un montant de plus de 10 millions d’euros vont être réalisés. Le CIRALE - EnvA, l’A.N.S.E.S. (Agence nationale de sécurité sanitaire, laboratoire de pathologie équine de Dozulé), LABEO et l’Université de Caen-Normandie sont désormais les quatre organismes de recherche équine qui travaillent de concert dans la région. Romuald Glowacki, directeur de la fondation Hippolia, nous a expliqué plus en détail ce projet qui vise à créer une "Silicon Valley" du cheval.

Jour de Galop - L’EnvA a décidé de regrouper toutes ses activités "équines" au CIRALE, à Goustranville, dans le Calvados, créant ainsi une "Silicon Valley" du cheval. Dans quel objectif ?

Romuald Glowacki - Avec la création de la fondation Hippolia il y a six ans, nous voulions rassembler les forces de recherche en France sur la santé du cheval. Ceci représentait plus de cent chercheurs dans onze grands organismes comme l’I.N.R.A. (Institut national de la recherche agronomique) par exemple. Mais l’éclatement géographique ne simplifie pas les échanges. C’est pourquoi nous avons décidé de nous recentrer sur les équipes présentes en Normandie, et particulièrement dans le Calvados, autour de deux sites : à Caen Saint-Contest (avec LABEO Frank Duncombe et l’Université de Caen) et à Goustranville (avec l’EnvA et l’A.N.S.E.S.). Concentrées autour de ce noyau dur, dans LA région française d’élevage et de courses, les activités autour de la santé et le bien-être du cheval seront renforcées et beaucoup plus visibles. Nous souhaitons vraiment conforter et développer un centre d’excellence comparable à ceux qui existent aux États-Unis et en Angleterre. Ce développement s’articule autour d’un projet phare, celui du transfert des activités équines de l’École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort. L’investissement humain et financier pour les années à venir est très important. Il est donc logique de concentrer tous ces efforts. À titre d’exemple, sur le seul site de Goustranville, les partenaires – Région Normandie, Département du Calvados, fonds ÉPERON, fonds européens, État – investiront plus de 10 millions d’euros dans des infrastructures de haut niveau. Plus précisément, cet investissement servira à construire des logements d’étudiants, à agrandir le bâtiment d’imagerie, à aménager une piste et une carrière ainsi qu’un centre de physiothérapie et de rééducation fonctionnelle. Prochainement, ce sont plus de 170 étudiants de l’EnvA qui étudieront chaque année sur le site de Goustranville. Nous essaierons aussi d’en attirer d’autres, en provenance d’horizons divers.

Comment vont s’articuler les différentes activités de l’EnvA ?

J’aime bien l’idée que l’on puisse utiliser l’image d’un C.H.U. (centre hospitalo-universitaire) en y rajoutant le V de vétérinaire. En tant qu’établissement d’enseignement, nous avons un triple rôle. D’abord, nous proposons des services cliniques à la filière, avec des équipements et des compétences de haut niveau. Ensuite, nous avons une activité de formation. Nous sommes une école vétérinaire et nous devons donc former des étudiants, mais aussi des vétérinaires, et ce, tout au long de leur carrière. Enfin, notre troisième mission est la recherche académique. Nous devons faire avancer la science pour imaginer et mettre au point de nouveaux traitements, de nouvelles techniques diagnostiques ou préventives. Ces trois pôles fonctionnent main dans la main. Les patients attendent une expertise en complément et en partenariat avec leur vétérinaire habituel.

L’idée de regrouper les forces, aussi bien celles de l’EnvA que celles de LABEO Frank Duncombe, de l’Université et de l’ANSES, ne sort pas de nulle part. Ce projet phare de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort, associé à la fédération des forces déjà existantes sur le territoire, est une opportunité pour tous les acteurs de la filière équine : propriétaires, entraîneurs, éleveurs... Grâce à l’arrivée de nouveaux enseignants-chercheurs et d’étudiants, nous amenons du "sang neuf", des cerveaux, donc des idées nouvelles pour toujours accélérer les résultats des travaux scientifiques et mettre au point des solutions pour améliorer la santé des chevaux.