à la découverte des acheteurs d’août - paul nataf

Autres informations / 10.08.2016

à la découverte des acheteurs d’août - paul nataf

À LA DÉCOUVERTE DES ACHETEURS D’AOÛT

Ils vont bientôt arpenter les cours de l’établissement Élie de Brignac, inspectant les yearlings inscrits à la vente Arqana. Puis ils prendront place autour du ring, mettant les enchères sur ceux qui les ont séduits. Eux, ce sont les courtiers. Nous leur avons demandé de se présenter autour de quelques questions.

PAUL NATAF 

« Le métier de courtier est un travail personnel »

Installé depuis les années 1970, Paul Nataf est l’un des courtiers français les plus expérimentés, avec la particularité d’intervenir sur tous les segments du marché.

Jour de Galop. – Comment êtes-vous devenu courtier ?

Paul Nataf. – Mon père avait créé un journal de courses en Tunisie, L’Écho des Courses de Tunis. Il est arrivé en France dans les années 1950. Il a alors collaboré à Paris Turf. J’ai donc grandi dans le monde des courses. Pourquoi ai-je choisi le courtage ? J’ai fait des études d’art, où l’on apprend à voir. J’ai essayé d’adapter cette formation aux chevaux, et le métier de courtier requiert justement cette notion d’observation. J’ai commencé par le transport des chevaux, notamment les champions trotteurs comme Une de Mai et Tidalium Pelo. Par la suite, j’ai acheté quelques chevaux. Je suis tombé amoureux de l’Irlande en y transportant des poulinières, et j’ai pu faire connaissance avec des personnalités comme John Magnier, avant qu’il n’achète Coolmore ! C’était l’époque où tout le monde achetait des chevaux en Angleterre. Moi, j’ai joué la carte irlandaise et cela m’a aidé.

Depuis combien de temps exercez-vous ce métier ?

Je me suis installé comme courtier le 1er janvier 1970.

Où êtes-vous basé ?

Je suis basé à Boulogne-Billancourt. Dans le passé, nous avions des bureaux en Grande-Bretagne, en Irlande et aux États-Unis, mais c’était plutôt pour les activités de transport. Le métier de courtier est un travail personnel.

 

Depuis combien de temps achetez-vous des chevaux à Deauville ?

J’ai acheté mes premiers yearlings à Deauville en 1974, lors de la première vente spéciale de l’Agence française. Il y avait 30 poulains inscrits au catalogue, trois absents, et j’ai acheté neuf yearlings pour un client italien. C’était beaucoup plus facile à l’époque. Les Japonais et les Américains s’étaient retirés, et les plus gros acheteurs venaient d’Italie. Parlant l’italien, j’avais des connexions dans le pays. C’étaient les années bénies. Les chevaux que j’ai achetés ont dû gagner toutes les grandes courses italiennes.

Quels sont vos clients principaux ?

Je travaille avec des personnes qui me font confiance depuis plusieurs décennies. On peut citer Naji Pharaon, Malcolm Parrish, Bryan Lynam, Enrico Ciampi, Claudio Marzocco, madame Jacques Cygler… Mais la meilleure des publicités, c’est le bouche à oreille ! C’est un métier de relations. Quand un propriétaire est satisfait de vos services, il vous recommande à un ami et ainsi de suite.

Quel est le meilleur cheval que vous ayez acheté ?

Je pense que c’est Triptych, qui a gagné neuf Grs1, mais c’est aussi la plus chère, puisque je l’avais achetée yearling pour 2,15 millions de dollars, à Keeneland.

Comment jugez-vous le catalogue de Deauville cette année ?

Un catalogue de ventes, cela évolue lentement : il y a rarement de mauvaises années ! Les graduates d’Arqana ont eu d'excellents résultats sur les pistes cette année, et le catalogue, qui propose des frères et des sœurs de ces chevaux, s’en retrouve forcément enrichi.

OLIVIER GAISFORD-ST. LAWRENCE

« J’ai assuré les souches d’Harzand en achetant sa mère »

Originaire d’Irlande, Olivier Gaisford-St. Lawrence est installé à Newmarket. Présent sur toutes les grandes ventes internationales, il peut revendiquer cette année l’achat de la mère d’Harzand (Sea the Stars), gagnant du Derby d’Epsom et du Derby irlandais (Grs1).

Jour de Galop. – Comment êtes-vous devenu courtier ?

Oliver Gaisford-St. Lawrence. – J’ai été élevé dans le milieu des courses hippiques grâce à mon père qui était propriétaire. Il faisait aussi partie de l’Irish Turf Club en tant que senior steward et tout est venu de là.

Où êtes-vous basé ?

Je suis installé à Newmarket et nos bureaux sont exactement à Aislabie Stud, qui appartient à l’un de mes clients les plus importants, Fawzi Nass [également entraîneur bahreïnien, ndlr]

Depuis combien de temps exercez-vous ce métier ?

Cela fait pas mal de temps (rires), puisque j’exerce ce métier depuis le début des années 1990.

Depuis combien de temps achetez-vous des chevaux à Deauville ?

J’étais venu aux ventes à Deauville avec BBA, puis CBA (Curragh Bloodstock Agency). Je ne suis pas venu pendant quelques années, et je suis retourné à Deauville quand j’ai commencé à travailler avec Fawzi Nass. Cela fait donc environ une dizaine d’années.

Quels sont vos clients principaux ?

C’est sûrement Fawzi Nass. Nous aimons beaucoup Deauville pour la qualité des chevaux présentés mais aussi l’ambiance, les bons restaurants, etc. Nous apprécions aussi l’enceinte de l’établissement des ventes, qui est très jolie et accueillante. Ensemble, nous avons acheté Asmar (Cape Cross), en août 2012, à Éric Puerari (haras des Capucines). Il est entraîné à Dubaï par son propriétaire et désormais placé de Gr2 à Meydan.

Quel est le meilleur cheval que vous ayez acheté ?

Je pense que le meilleur cheval que j’aie acheté est Krypton Factor (Kyllachy), toujours pour le même propriétaire et entraîneur. Il a gagné le Dubai Golden Shaheen (Gr1) et s’est classé troisième des Diamond Jubilee Stakes (Gr1) à Ascot. J’ai aussi assuré la mère d'Harzand (Sea the Stars).

Comment jugez-vous le catalogue de Deauville cette année ?

Le catalogue d’août cette année est assez fort, il y a de beaux produits, du moins sur les pedigrees ; il ne reste plus qu’à voir les modèles. Je suis aussi très intéressé par le nouveau format de la vente.