10 ans déjà pour Jour de Galop…

Autres informations / 03.01.2017

10 ans déjà pour Jour de Galop…

Par Mayeul Caire, Directeur de Jour de Galop

Quinze jours sans vous, c’est toujours long : vous nous avez manqué et c’est une grande joie de vous retrouver ! Ce qui a passé vite, en revanche, ce sont les dix ans qui viennent de s’écouler, depuis le numéro 1 de JDG le 30 juillet 2007. J’ai l’impression que c’était hier.

Dans la section "Archives" de notre site (http://jourdegalop.com/2008/01/page/3/?post_type=journal), j’ai retrouvé l’édition du 3 janvier 2008 – celle où, pour la première fois, nous vous présentions nos vœux. Dans un long éditorial introductif, nous nous demandions si Sean Mulryan resterait tête de liste des propriétaires en obstacle et si Christophe Pieux serait capable de reprendre la Cravache d’or à Jacques Ricou, si Jean-Claude Rouget devancerait un jour l’indétrônable André Fabre en plat, si la première P.S.F. parisienne verrait le jour à Chantilly ou ailleurs, si Arqana pourrait faire mieux encore qu’en 2007, année record pour l’agence de ventes deauvillaise, si Zarkava confirmerait à 3ans… et enfin : si et comment allait s’écrire l’ouverture du marché des jeux en ligne.

Toutes ces questions ont trouvé des réponses. En 2007, Sean Mulryan termine numéro 1 en obstacle avec plus de gains que le numéro 1 des propriétaires en plat (!) – un exploit qui restera (pour toujours ?) inédit, du fait de l’explosion de l’allocation de l’Arc depuis 2008 ; l’année suivante, l’Irlandais rend son sceptre à Jean-Paul Sénéchal. Christophe Pieux ne remportera pas une seizième Cravache d’or, lui qui détient (à jamais) le record de trophées avec quinze récompenses ; son tombeur, Jacques Ricou, préside aujourd’hui l’Association des jockeys et gagne toujours des Groupes 1 à Auteuil.

Jean-Claude Rouget a bien été le premier, depuis 1987, à devancer André Fabre chez les entraîneurs de plat. Ce ne fut pas en 2008 mais en 2009 – l’année de Le Havre notamment. Il a réitéré en 2016.

La première P.S.F. parisienne a vu le jour à Chantilly le 3 mars 2012 – plus de quatre ans après notre éditorial… Et Arqana a battu record sur record au cours de la décennie : avec presque 130 millions d’euros d’échanges en 2016, l’agence française s’est découvert un nouvel Everest.

Zarkava n’a pas seulement confirmé à 3ans ; elle est entrée dans la légende des courses mondiales.

… 2017-2027 : décennie de tous les défis

Reste l’ouverture du marché des jeux en ligne. De toutes les questions que nous posions, c’était la plus cruciale (à dessein, nous l’avions placée en tête de notre article). En 2017, l’évolution des jeux d’argent reste la question numéro 1 sur notre sol, avec des casinos qui s’écroulent, des paris hippiques qui n’ont pas fini de souffrir et une Française des Jeux dont la santé est plus insolente que jamais. Malgré cela, je garde une confiance totale dans l’avenir de notre univers – qui possède de vrais atouts. Premier atout : la place croissante que les loisirs occupent dans la société française (le propriétariat et le pari hippique sont de formidables hobbies). Second atout : deux des priorités absolues de nos décideurs politiques sont l’emploi et l’aménagement du territoire (nous sommes forts sur ces deux plans). Troisième atout (propre au galop) : nous possédons deux centres de profit – d’une part les allocations, qui reposent sur les paris ; et d’autre part le commerce – ventes publiques, amiables et réclamers –, lequel rétribue régulièrement l’investissement des éleveurs et des propriétaires. Avec un peu d’humour, j’ai envie de citer un quatrième et dernier atout : l’incroyable retard que les courses ont pris dans de nombreux domaines aujourd’hui vitaux. Je pense au numérique, à la télévision, à la communication en général, au sens de l’accueil et du service, aux infrastructures, à la nécessaire adaptation des règles pour simplifier notre sport et le rendre plus attractif, à la main tendue vers les jeunes, etc. Si nous rattrapons ne serait-ce que la moitié de notre retard sur ce qui se fait dans d’autres sports, dans d’autres jeux d’argent ou dans d’autres pays du monde, nous serons les rois du pétrole ! C’est pourquoi, pour qualifier la décennie qui nous attend, je crois qu’il faut parler d’une décennie de défis.

Les hommes capables de relever ces défis auront nécessairement trois qualités. Première qualité : ils seront travailleurs, car rien de grand ne se fait sans effort (*). Deuxième qualité : ils seront compétents (c’est un défi en soi que d’attirer des compétences quand vous êtes dans un secteur un peu moins à la mode). Troisième qualité : ils seront passionnés. Certains aimeront les courses avant de signer à France Galop ou au PMU ; les autres devront se prendre au jeu, pour devenir encore plus passionnés que ceux de la première heure. Allez, soyons fous : aussi passionnés qu’un socioprofessionnel ! Pour moi, c’est la clé. Si le feu de la passion ne brûle pas du rez-de-chaussée jusqu’au dernier étage de l’Institution, nous pouvons tous partir élever des vers à soie en forêt de Tronçais.

(*) Sur l’effort qui précède la récompense, j’adore la phrase de Paul Valéry : « Tous les livres qui m’ont servi à quelque chose sont des livres assez difficiles à lire ; les uns m’ont servi, quoique difficiles, les autres parce qu’ils l’étaient. » À l’identique, un championnat du monde de boxe se gagne dans des litres de sueur et un gagnant de Derby naît des nuits blanches passées par son éleveur à pouliner et/ou à concevoir ses croisements.