LONGINES GRAN PREMIO LATINO AMERICANO (Gr1) - Sixties Song à l’heure d’Ascot

International / 06.03.2017

LONGINES GRAN PREMIO LATINO AMERICANO (Gr1) - Sixties Song à l’heure d’Ascot

VALPARAISO (CL), DIMANCHE

 

L’argentin Sixties Song (Sixties Icon) a gagné sa place dans l’histoire du galop en Amérique du Sud en remportant dimanche, à Valparaiso (Chili), la 33e édition du Longines Gran Premio Latinoamericano, la course la plus riche du sous-continent.

Depuis 1981, l’année de création du Latinoamericano, deux chevaux avaient gagné le Carlos Pellegrini, l’épreuve de tradition considérée comme l’Arc de Triomphe d’Argentine, et la course internationale itinérante : le brésilien Much Better (Baynoun) et l’argentin Potrillon (Ahmad). Sixties Song est devenu le troisième auteur du doublé et comme son compatriote, il a réussi ce doublé à 3ans. Mais en plus, il a dû voyager de l’autre côté des Andes alors que Potrillon avait remporté les deux courses à San Isidro.

Une leçon aux chiliens. Sixties Song a eu un bon parcours juste derrière les animateurs et son jockey, Juan Villagra, n’a eu qu’à attendre la ligne droite, appuyer sur la touche start et fêter la victoire. Le pensionnaire d’Alfredo Gaitan Dassie a laissé à deux bonnes longueurs le chilien Full of Luck (Lookin at Lucky), rétrogradé à la troisième place pour avoir gêné son compatriote Tinku (Lookin at Lucky). Sixties Song a affiché un bon chrono (2’24’’88 sur 2.400m) à l’issue d’une course très tactique.

Un 3ans sur la montante. Son propriétaire, le Stud Santa Elena, a empoché 300.000 $ avec ce succès, le quatrième en sept sorties, dans une carrière qui a commencé par une deuxième place sur le dirt de Palermo, le 6 août 2016. Le Latinoamericano est le troisième Gr1 de Sixties Song, qui a dépassé les 620.000 € de gains, une fortune par rapport aux allocations offertes en Argentine. Le 3ans peut ainsi profiter de l’invitation de l’hippodrome d’Ascot et participer aux King George VI and Queen Elizabeth Stakes. Sixties Song avait terminé l’année 2016 avec un rating de 116, qui sera probablement revu à la hausse. C’est un peu juste pour la grande course d’Ascot, mais avec un jeune cheval en plein épanouissement, tout est possible.

Sixties Icon, quelle origine ! Sixties Song est un produit de la première saison en Argentine de Sixties Icon, un fils de Galileo et de la gagnante des Oaks Love Divine (Diesis), qui avait remporté le St. Leger. Un défaut, peut-être, pour les éleveurs en Angleterre, où il a quand même sorti des gagnants black types avec un petit nombre de poulinières. En Argentine il a sailli plus de cent juments durant trois de ses cinq saisons et il a 175 chevaux en âge de courir.

30.000 $, un cadeau. La mère de Sixties Song est l’américaine Blissful Song (Unbridled’s Song), un judicieux achat du haras Firmamento qui l’avait avait payée 30.000 $ à Keeneland, en novembre 2009. Elle avait gagné deux courses sur le gazon et n’était pas mauvaise. Son nouveau propriétaire l’a gardée à l’entraînement pendant quelque mois à 6ans – avec, à la clé, deux accessits dans des courses à conditions à Keeneland – avant de l’envoyer en automne rencontrer le champion argentin Candy Ride (Ride the Rails) qui officiait à Lane’s End.

Une souche américaine de gazon. Blissful Song a donné son premier foal, une femelle par Candy Ride, nommée Celestial Candy. Elle a gagné 11 de ses 18 sorties, dont quatre Groupes. Sixties Song est son troisième produit, suivi par le 2ans Full Day (Harlan’s Holiday) et un foal par Roman Ruler. Blissful Song a été saillie par Mastercraftsman pendant la saison 2016 en Argentine, quand l’étalon de Coolmore a débarqué au haras Firmamento après avoir fait la navette au Chili, au haras Don Alberto. Blissful Song est une demi-sœur de Paradise Creek (Irish River), champion sur le gazon et lauréat de quatre Grs1 aux États-Unis, et de deux autres gagnants de Gr1 sur le turf, Forbidden Apple (Pleasant Colony) et Wild Event (Wild Again).