Manifestation à l'initiative du Comité de réaction des jeunes professionnels de la filière cheval - Verbatims dans le cortège

Institution / Ventes / 29.03.2017

Manifestation à l'initiative du Comité de réaction des jeunes professionnels de la filière cheval - Verbatims dans le cortège

 

Tout au long de la journée, JDG a filmé la manifestation en live Facebook (que vous pouvez retrouver en cliquant ici : https://fr-fr.facebook.com/jourdegalop/ ) et a interviewé de nombreux acteurs de la filière. En voici quelques extraits.

Gabriel Leenders, cofondateur du Comité de réaction des jeunes professionnels de la filière cheval : « Tout le monde s’est organisé pour se battre. Aujourd’hui, toute la filière des chevaux est réunie, je pense que cela va redonner un élan de solidarité. Nous n’allons pas pouvoir nous arrêter là. Le but était de suspendre le live betting mais il faut pouvoir renégocier avec le prochain gouvernement et surtout protéger notre filière. Une loi de 2010 stipule que l’État doit protéger la filière, il ne faut pas hésiter à le lui rappeler et ce sont des événements comme celui-ci qui vont nous permettre d’y arriver. Nous nous levons tous les matins parce que nous aimons nos chevaux, nos propriétaires, nos salariés, nous aimons tous les courses et qu’y a-t-il de plus beau que de voir un cheval gagner ? C’est en étant là que nous défendons tout cela. »

Olivier Delloye, directeur général de France Galop : « La nouvelle d’aujourd’hui, sur la suspension du test, montre qu’il est important de se mobiliser. C’est assez bluffant de voir qu’il y a eu cette capacité à se rassembler, à faire des kilomètres, à traverser la France pour être là et se faire entendre. Et se faire entendre positivement. Ce n’est pas vraiment un rassemblement contre, c’est vraiment un rassemblement pour et pour la défense de notre filière qui est en danger. S’il n’y a pas de bienveillance et d’écoute de l’État, nous aurons des difficultés.

Ce test sur le live betting, c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais c’est bien le vase qui tombe plus que la goutte d’eau. La T.V.A. est au départ un sujet européen. Cette harmonisation autour de 20 % n’est pas un sujet franco-français mais la France a malgré tout son mot à dire pour défendre une position qui consisterait à revenir à une politique de taux réduit sur certains secteurs. C’est un sujet ouvert par la communauté européenne. Il n’y a pas de sujets sur lesquels l’État est totalement ignorant, et même sur la T.V.A.

Je pense que les fondements de notre filière sont assez trans-partisans. Je ne suis pas absolument certain qu’il y ait un candidat bien meilleur ou bien plus mauvais qu’un autre, s’agissant de l’avenir de nos courses. Il peut y avoir des sensibilités plus ou moins fortes chez chaque candidat ou dans ses équipes, une connaissance même de la filière qui n’est peut-être pas tout à fait la même partout mais qui peut se corriger. De toute façon, nous serons bien obligés de faire avec et d’être présents auprès de la future équipe gouvernementale. Nous restons confiants. En voyant cela, nous sommes toujours confiants. »

Édouard de Rothschild, président de France Galop : « Je pense qu’il était nécessaire d’être là aujourd’hui pour rendre le secteur et la filière audibles. Vous savez que le gouvernement a suspendu le test de live betting : c’est un premier pas nécessaire, mais pas suffisant. Il faudrait remettre à plat la politique des jeux. Mais à chaque jour suffit sa peine... »

Bertrand Bélinguier, ancien président de France Galop et du PMU : « Je suis un propriétaire qui fait courir depuis très longtemps et je viens exprimer ma solidarité à tous les jeunes professionnels de la filière et les responsables de l’Institution des courses. Aujourd’hui, nous devons tous être ensemble et unis pour défendre et promouvoir les courses. Je me suis longuement exprimé à maintes reprises sur la distorsion de concurrence qui existait entre la Française des Jeux et le PMU. Aujourd’hui, c’est aux responsables de l’Institution des courses de s’exprimer. Ils le font très bien et je ne voudrais surtout pas interférer avec mes propos. Si je suis là, c’est parce que j’ai confiance. Cela a été mon dernier mot quand j’ai quitté France Galop et c’est toujours le cas aujourd’hui. Nous devons tous avoir confiance et je suis tellement heureux de voir tous ces jeunes qui sont là aujourd’hui. »

Jean-Pierre Colombu, vice-président de France Galop : « Nous vivons dans un drôle de pays où tant que nous ne sommes pas dans la rue, nous n’existons pas. Aujourd’hui, il fallait être dans la rue parce que la situation est vraiment très grave. Le cheval en France est en danger. Il faut que les pouvoirs publics actuels et futurs nous entendent. Je suis d’un naturel qui penche vers la négociation. Négocier c’était bien, mais à partir du moment où les gens ne nous écoutent pas, il faut passer à la vitesse supérieure. Dans cette manifestation, il y a énormément de jeunes inquiets pour leur avenir. Elle va se passer dans le calme et la dignité. Comme je l’ai souvent dit, nous ne demandons pas l’aumône mais simplement notre juste dû pour continuer une activité qui rapporte beaucoup d’argent à l’État, par les prélèvements sur le PMU, les taxes foncières, les impôts. Elle sauve beaucoup d’emplois et permet aux campagnes de ne pas être totalement désertifiées. Cela vaut donc le coup de se battre pour une idée qui n’est ni de droite ni de gauche mais qui est totalement universelle et républicaine. »

Christiane Head-Maarek, présidente de l’Association des entraîneurs : « L’important, c’est que tout le monde soit ensemble et que nous montrions à notre chef d’État et à notre gouvernement actuel que la filière cheval en France est capable de se mobiliser. Cette manifestation est un avant-goût de ce qui peut arriver s’ils ne veulent vraiment pas nous écouter. Jusqu’à maintenant, chacun agissait un peu de son côté. Une cohésion est en train de naître. Je pense qu’il faut espérer. Un test suspendu ne veut peut-être pas dire grand-chose, et il y a beaucoup de problèmes autres que le live betting, notamment la T.V.A. Il va falloir que le gouvernement se rende compte que la Française des Jeux ne fait pas vivre 180.000 personnes. »

Emmanuel Viaud, directeur général d’Osarus : « Il est important d’être présent. Il faut se mobiliser tous ensemble. Nous aurions peut-être dû le faire encore plus tôt, lors de la hausse de la T.V.A. Mais cela fait plaisir de voir les gens main dans la main, toutes activités confondues. Maintenant, il faut que Bercy nous écoute. »