Samedi, le galop anglais retrouve le gazon

Courses - International / 31.03.2017

Samedi, le galop anglais retrouve le gazon

Samedi, le galop anglais retrouve le gazon

La réunion du Lincoln Handicap, pour tous ceux qui ont commencé à aimer le galop anglais en même temps que les Rolling Stones et les Beatles, marque le vrai coup d’envoi de la saison. Difficile de s’intéresser à l’hiver sur le sable quand on peut apprécier le magnifique gazon des îles. Le Lincoln Handicap, qui se dispute à Doncaster depuis 1965, est l’une des courses plus populaires. Son histoire remonte à 1853. Les chevaux du Totopoly, un jeu de société, étaient nommés d’après les lauréats du Lincoln Handicap de la période 1926-1938. À cette époque, le grand public connaissait les noms de trois chevaux : les gagnants du Grand National, du Derby et du Lincoln Handicap.

 

Un handicap avec 72.500 € au gagnant. Avant l’ère des P.S.F., le Lincoln Handicap était la première course d’un niveau correct de la saison et les parieurs, après un hiver sur les obstacles, avaient hâte de jouer sur le plat. C’était une course difficile, car elle était visée depuis des mois. Tout a changé. Plus de la moitie des 22 chevaux déclarés partants dans le Lincoln 2017 (situés dans une fourchette entre 109 et 97 de rating soit 49,5 à 44 de valeur) ont couru pendant l’hiver. Le favori, Yuften (Invincible Spirit), dont la cote a fondu, n’échappe pas à la règle. Il a fait une course de rentrée (troisième dans une Listed sur la P.S.F.). Son entraîneur, Roger Charlton, ne veut pas prendre de risques, car l’allocation au gagnant (62.500 livres sterling, soit 72.500 €) est plus élevée que celle d’un bon Gr2.

 

Deux Listed à 20.000 livres. La réunion de Doncaster compte aussi deux Listed, une pour les vieux sprinters et l’autre sur le mile, donc dans le même créneau que le Lincoln. Il y a du black type à prendre, mais le gagnant ne touche qu’un peu plus de 20.000 livres sterling. Et surtout son nom ne rentra jamais dans un jeu comme Totopoly… Le Godolphin Cymric (Kitten’s Joy), deuxième du Prix Jean-Luc Lagardère en 2015, sera au départ du Doncaster Mile et il vient de courir à deux reprises pendant le Carnival de Meydan. Stormy Antartic (Stormy Atlantic), deuxième du Jean Prat (Gr1) a préféré rester chez lui que venir en France pour le Prix Edmond Blanc (Gr3). John Gosden présente Crazy Horse (Sleeping Indian), sous les couleurs de sa femme Rachel Hood, un autre client de nos hippodromes.

 

Les Brocklesby Stakes pour les 2ans. Les Brocklesby Stakes sont le premier acte de la saison pour les 2ans. Cette année l’épreuve a eu beaucoup trop de partants – vingt-deux – et a été dédoublée en deux courses de onze sujets. Au contraire de ce qu’on a tendance à penser au sujet de leur précocité, les mâles et les hongres sont en large majorité (dix-neuf).

 

De La Teste à Doncaster. La française Jurisprudance (Panis) est la seule parmi ces 2ans à avoir déjà couru. Son entraîneur, George Baker, qui l’avait achetée par l’intermédiaire de ITS Bloodstock lors de la vente Osarus de La Teste pour 30.000 €, a décidé de prendre un avantage sur ses adversaires. Il a couru la pouliche dans le Prix du Début, à Saint-Cloud. Elle a terminé troisième derrière Evabienchope (Captain Chop), une pouliche élevée au Haras des Faunes. Les bookmakers ont installé Jurisprudance cofavorite à 4/1, avec le poulain Move to the Front (Lord Shanakill), dans la deuxième division. Almane (Sir Prancealot), un pensionnaire de Richard Fahey est le grand favori de la première division.

 

La légende de Provideo. Les gagnants des Brocklesby Stakes ne trouveront pas une place dans une nouvelle édition du Totopoly. Mais de bons chevaux sont souvent sortis de cette épreuve. C’est le cas de The Last Lion (Choisir), le lauréat 2016, qui a terminé sa carrière par un succès dans les Middle Park Stakes (Gr1). Il a démarré sa carrière d’étalon chez Kildangan Stud. Le plus célèbre de tous les gagnants de Brocklesby fut Provideo (Godswalk). En 1984, il avait débuté à Doncaster une saison impossible à imaginer. Le poulain entraîné par Bill O’Gorman a enchaîné 15 autres victoires tout au long d’une campagne de 24 courses, dont la dernière, dans le but de battre le record de The Bard (Petrarch) qui résistait depuis 1885. Le nom de Provideo restera associé pour toujours à celui de The Bard, lui aussi issu des Brocklesby, même si ce dernier fut ensuite deuxième du Derby et gagnant des Goodwood Cup et Doncaster Cup. Avec seize victoires à deux ans, le double lauréat de Listed Provideo a reçu en fin de saison un rating Timeform de 114, soit 24 pounds de moins que le champion El Gran Senor (Northern Dancer). Mais il fut choisi comme Horse of the Year. C’est aussi pour cela qu’on aime le galop anglais, même à l’époque du Brexit.