Les sept faits marquants du Festival de Cheltenham 2017

International / 21.03.2017

Les sept faits marquants du Festival de Cheltenham 2017

 

Le Festival de Cheltenham 2017 s’est conclu vendredi 17 mars, à l’issue de la journée de la Gold Cup (Gr1). Une fois encore, il a été ponctué de nombreuses victoires ou places acquises par des French breds. Nous avons choisi de revenir sur cet événement en détachant sept faits marquants. Qu’ils soient chevaux ou hommes, ils ont laissé leurs empreintes sur ce Festival 2017.

1 • Défi du Seuil, un talent énorme

Les AQPS sont de plus en plus précoces et capable de s’affirmer là où on ne les attendait pas auparavant. Comme chez les 4ans en Angleterre par exemple. C’est ce qu'il s’est passé cette année avec l’écrasante domination de Défi du Seuil (Voix du Nord) dans le Triumph Hurdle (Gr1). Invaincu sous l’entraînement de Philip Hobbs et John-Patrick McManus, il a couru cinq fois préalablement au Festival. C’est beaucoup pour un cheval, quel qu’il soit, avant Cheltenham. En règle générale, trois courses en prélude à un objectif lors de la grande semaine de l’obstacle anglais, c’est suffisant. Défi du Seuil a donc eu droit à cinq courses, dont trois à Cheltenham et une à Chepstow, en terrain très lourd, dans le Future Champions Finale Juvenile Hurdle (Gr1). Il a bien encaissé ses efforts et la facilité avec laquelle il a passé la montée finale de Cheltenham est tout bonnement incroyable.

Jamais un 4ans n’avait gagné le Triumph Hurdle avec une telle supériorité. Arriver à l’entrée de la ligne droite débordant de ressources, alors que l’on a refait plusieurs longueurs sur les animateurs, est simplement le fait d’un crack. Il n’y a aucune raison pour que Défi du Seuil ne soit qu’une étoile filante. D’autant que ses limites sont inconnues. C’est notre premier fait marquant et il l’est aussi pour nos confrères du Racing Post qui lui ont attribué la performance de la semaine !

2 • Buveur d’Air, roi des courtes distances

Les AQPS ont brillé avec Défi du Seuil dans un exercice de précocité et ils ont aussi remporté le Champion Hurdle (Gr1) avec Buveur d’Air (Crillon). L’élève de Gérard Ferté a gagné sûrement cette Grande Course de Haies de vitesse. Là encore, les two miles (3.200m) en haies, ce ne sont pas les courses où l’on attend le plus les AQPS. Encore moins quand ils ont un vrai pedigree de cheval de longue distance, ce qui est le cas de Buveur d’Air. C’est le frère de Punchestowns (Morespeed) – vainqueur du Long Walk Hurdle, du Scilly Isles Novices'  Chase et deuxième du World Hurdle (Grs1) – et il appartient à la famille de Fujiyama (Lute Antique), double gagnant du Grand Cross de Craon (L) et de Darjeeling III (Quart de Vin), lauréat du Grand Prix de Pau (Gr3) 1998. Buveur d’Air a donc démontré que les AQPS étaient polyvalents et capables de tout faire. Son entourage a pris la bonne option en restant sur les courtes distances, créneau qui se cherchait un leader et l’a trouvé avec le fils de Crillon.

3 • Un de Sceaux étend sa domination

Gagnant de l’Arkle Chase (Gr1) 2015, Un de Sceaux (Denham Red) est également un AQPS. Il a fait le spectacle dans les bons steeples sur courte distance et son entourage a décidé de le rallonger pour ce Festival en participant au Ryanair Chase (Gr1) sur 4.200m. L’élève du haras de la Rousselière et de Monique Choveau a fait le spectacle en prenant la course en main à un tour de l’arrivée, tout en partant de loin pour couvrir ses obstacles, voire en marchant dessus. Mais cela ne l’a pas empêché de repartir en fin de parcours pour accrocher une nouvelle épreuve du Festival à son palmarès. Outre son pays de naissance, Un de Sceaux a une autre connexion avec la France : sa cavalière, Virginie Bascop. Cavalière amateur et de complet, elle a géré le jeune et fougueux Un de Sceaux et si ce dernier est devenu le champion que l’on connaît, c’est aussi grâce à elle.

4 • Apple’s Jade, l’ironie de l’histoire pour Willie Mullins

Willie Mullins présentait Vroum Vroum Mag (Voix du Nord) et Limini (Peintre Célèbre) dans le Mares’ Hurdle (Gr1). Du lourd donc ! Mais il a subi la domination de son ex-pensionnaire Apple’s Jade (Saddler Maker), qu’il a perdue pour un autre entraînement en début de saison. Cette dernière paraissait battue après l'ultime claie, mais elle est revenue au courage pour l’emporter de peu. Elle sort de l’ordinaire, comme elle nous l’avait prouvé la saison dernière, et cette course pourrait bien lui revenir plusieurs fois de suite. Rendez-vous en 2018 !

5 • Labaik, la chasse à courre et ça repart !

À quatre reprises en un an, l’élève des Monceaux Labaik (Montmartre) avait refusé de s’élancer. Un petit tour à la chasse pour lui changer les idées et le pensionnaire de Gordon Elliott a daigné prendre le départ du Supreme Novices’ Hurdle (Gr1). Bien lui en a pris puisqu’il s’est imposé nettement, justifiant la confiance de son entourage qui le surnomme la "machine" » !

6 • L’explosion de Let’s Dance

Willie Mullins a plusieurs très bonnes juments dans ses boxes. Pour prendre la relève de Vroum Vroum Mag et Limini dans le futur, il peut compter sur Let’s Dance (Poliglote) qui reste sur cinq succès, dont le dernier acquis dans le Trull House Stud Mares’ Novices’Hurdle (Gr2). Petite par la taille, Let’s Dance a explosé cette saison, après trois places de Gr1 l’année dernière. Pratique dans un parcours, elle doit pouvoir être rallongée et devenir une postulante sérieuse pour le Mares’ Hurdle 2018.

7 • La performance du tandem "Mullins-Walsh"

Voir gagner le tandem constitué de Willie Mullins et de Ruby Walsh sur l’hippodrome de Cheltenham, ce n’est pas un scoop ! Mais la vraie performance que les deux hommes ont réussie est de revenir des profondeurs où beaucoup les avaient enterrés après deux premières journées de Festival catastrophiques. Les défaites de Vroum Vroum Mag et Limini, la blessure de Douvan (Walk in the Park)… Tout partait mal pour l’entraîneur et le jockey. Mais le jeudi, ils ont changé la donne avec un coup de quatre, dont le succès dans le World Hurdle (Gr1) grâce à Nichols Canyon (Authorized). Willie Mullins n’a pas décroché l’Award de l’entraîneur tête de liste du Festival, remporté par Gordon Elliott, mais il revient de loin !