66 propositions pour l’avenir de la filière… qui auraient dû rester confidentielles !

Autres informations / 21.04.2017

66 propositions pour l’avenir de la filière… qui auraient dû rester confidentielles !

66 propositions pour l’avenir de la filière… qui auraient dû rester confidentielles !

Cliquez ici pour télécharger la lettre des ministres et le tableau confidentiel regroupant les 66 propositions de la filière aux ministres

Certes, le temps électoral est celui des promesses. Mais franchement, après avoir lu la lettre ministérielle révélée par nos amis de Paris-Turf, on se serait cru à Noël ! Cinq ministres exerçant une tutelle sur le cheval en France (Économie et finances, Agriculture et porte-parole du Gouvernement, Ville, Jeunesse et Sport, Budget et comptes publics, et Sports) ont écrit aux « professionnels de la filière équine » pour leur dire qu’un grand nombre de bonnes nouvelles étaient à venir s’ils restaient en place : baisse de la TVA, regroupement des masses PMU online et offline, autorisation de nouveaux types de paris, etc. Et aussi pour leur rappeler qu’au cours des derniers mois, ils ont fait beaucoup de choses pour la filière : ils ont notamment suspendu la demande de test de la FDJ, ont décidé un soutien à Hippolia et ont retardé l’identification des parieurs au 1er janvier 2019 – en la limitant, de plus, aux paris unitaires supérieurs à 2.000 €.

À la veille d’une échéance électorale capitale, tout cela est de bonne guerre…

Ce qui est plus surprenant, ce sont deux choses : d’abord, un certain nombre de professionnels ont pu lire cette lettre alors qu’aucune des grandes institutions ne l’a reçue (ni France Galop et le PMU, que JDG a contactés, ni leTrot, que Paris-Turf a contacté) ; ensuite et surtout, les ministres ont fait fuiter cette lettre, alors qu’elle comprend douze pages d’annexes plutôt confidentielles. Que trouve-t-on en effet dans ces annexes ? Rien de moins que la synthèse des groupes de travail lancés lors la réunion du 11 janvier sur l’avenir de la filière équine !

 

Cette lecture est passionnante et permet de mesurer l’intense travail de lobbying mené par l’Institution des courses. On se demande d’ailleurs pourquoi elle n’en parle jamais, car c’est tout à son honneur de pousser l’État dans ses retranchements. Mais cela est un autre sujet…

Les groupes étaient au nombre de trois : 1) attractivité des courses, attractivité des paris hippiques, équilibre financier – 2) financement de la filière, sujets divers – 3) compétitivité, gouvernance. France Galop, LeTrot et le PMU ont délivré bon nombre des 66 propositions… surtout dans les Groupes 1 et 2. De façon amusante, le sous-groupe 3 sur la gouvernance n’a donné lieu à aucune suggestion de leur part. Décidément, depuis que le rapport Augereau a été enterré, la gouvernance est devenue un sujet tabou dans les courses.

Nous vous invitons vraiment à télécharger et à lire ce document qui aurait dû rester secret, car, comme nous, vous allez vous instruire ! On apprend notamment que les sociétés mères et le PMU ont demandé un soutien financier à l’État pour implanter le tracking sur les 70 hippodromes Premium français. On reçoit aussi la confirmation que France Galop n’a pas demandé un centime à l’État pour bâtir le Nouveau Longchamp.

Plus décalé, on apprend que la Coordination rurale (que l’on imaginait plutôt anticapitaliste) a proposé d’organiser sur les hippodromes des courses de poneys et de chevaux de trait… donnant lieu à des paris !

Au registre des propositions piquantes, on note que l’ARJEL a proposé du live betting sur les courses ! Et des paris sur les jockeys !

Encore plus chaud : le PMU a suggéré d’autoriser l’organisation d’instant races (en français : courses instantanées). Ce jeu est extrêmement controversé, même dans les endroits où il est autorisé. Comment fonctionne-t-il ? D’abord, le turfiste parie sur les numéros de son choix. Puis, comme le ferait une machine à sous, le logiciel de l’opérateur produit une arrivée aléatoire… mais pas imaginaire, puisque la course en question, que le parieur va découvrir en vidéo comme si elle était en direct, est en réalité une course ayant déjà eu lieu. Prenons un exemple : après avoir choisi ses numéros et appuyé sur « Lancer la course », le turfiste découvre que l’épreuve sur laquelle il a joué est le Prix de l’Arc de Triomphe 1999 ; l’ordinateur lui diffuse les 200 derniers mètres de la course ; le parieur n’a plus qu’à comparer les numéros de son ticket avec celui des chevaux à l’arrivée de l’Arc 1999. Ainsi, ce pur jeu de hasard est dans le virtuel sans tout à fait y être.