Herpès virus équin, le cri d’alarme de Bernard Le Gentil

Courses - Élevage / 28.04.2017

Herpès virus équin, le cri d’alarme de Bernard Le Gentil

Herpès virus équin

Le cri d’alarme de Bernard Le Gentil

On connaît le profond attachement de Bernard Le Gentil à l’intérêt général de la filière. On connaît aussi son honnêteté intellectuelle et son courage. Aujourd’hui, il affiche une fois de plus toutes ces qualités pour lancer un appel à la mobilisation générale contre l’Herpès virus équin, qui lui a personnellement coûté 70 % de sa production à naître en 2017 !

Et il propose quelques pistes pour combattre plus efficacement ce terrible virus.

« Chacun a pu mesurer la dangerosité d’une attaque de l’Herpès virus équin type 1 dans le cas de Jean-Claude Rouget à Pau. Ce prédateur n’est pas moins redoutable lorsqu’il prend la forme abortive. Cette saison, dans mon élevage, il est la cause de l’avortement de 70 % de mes poulinières !

Étant très isolé dans le Pas-de-Calais, à l’abri de tout transit commercial, j’étais en droit de me croire protégé, comme Jean-Claude Rouget pouvait l’espérer avec sa politique très stricte de vaccination… Mais ce virus est un tueur efficace et sournois, qui peut attendre des mois avant de se révéler. Les dégâts qu’il a faits cette année sont très au-dessus des chiffres officiels, car la plupart des avortements ne déclenchent pas une recherche sur leurs causes.

 

Alors, que pouvons-nous faire ? D’abord éviter le mauvais réflexe qui pousserait au fatalisme, la vaccination, seule protection connue, n’étant pas efficace à 100 %. En effet, elle l’est d’autant moins qu’une grande partie du cheptel équin, toutes races confondues, n’est pas vaccinée ou mal protégée à cause des ruptures de stock que nous subissons depuis plusieurs années.

Pour réduire au maximum la circulation de ce virus sur le territoire national, il faut vacciner correctement (sans rupture) un maximum de sujets.

 

SEULE UNE MOBILISATION GÉNÉRALE DES GALOPEURS, DES TROTTEURS ET DES CHEVAUX DE SELLE POURRA NOUS PRÉMUNIR CONTRE UNE GRAVE CRISE SANITAIRE, AUX CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES TRÈS ALARMANTES.

 

Créer une assurance spéciale ? Les laboratoires marquent peu d’intérêt à fournir des vaccins pour une population équine jugée trop petite. En faisant appel à une population plus vaste, nous passons d’un cercle vicieux à un cercle vertueux. Chaque utilisateur de chevaux doit prendre conscience des risques qu’il court, mais aussi de sa responsabilité collective.

Réagissons tous pour rétrécir les mailles du filet au travers desquelles le virus passe allègrement aujourd’hui.

Je sais que les sociétés mères et les syndicats se préoccupent du problème. Il y a urgence.

En contrepartie de l’effort financier demandé aux éleveurs et aux propriétaires, les associations pourraient collectivement mettre au point une assurance qui indemniserait les propriétaires victimes d’une attaque malgré une vaccination respectueuse du protocole.

Chacun aurait ainsi le sentiment que son effort lui apporte une protection sanitaire et financière. »