EN RÉGIONS - Prunelli-di-Fiumorbo lance sa saison

Courses / 12.04.2017

EN RÉGIONS - Prunelli-di-Fiumorbo lance sa saison

 

Par Adrien Cugnasse

Lundi 17 avril, l’hippodrome de Calzarellu accueille sa première réunion de l’année 2017. Jean-Baptiste Andréani est le président de la Fédération régionale des courses de Corse et le président de la Société des courses de Prunelli-di-Fiumorbo. Il nous a présenté ce champ de course typique d’une île où la passion des courses est forte.

 

Jour de Galop. –  Que représente le lundi de Pâques pour Prunelli-di-Fiumorbo ?

Jean-Baptiste Andréani. – La réunion du lundi de Pâques est une institution à Prunelli-di-Fiumorbo. C’est une journée de courses qui attire les familles, avec un pique-nique sur l’hippodrome. C’est une véritable tradition. Les enfants auront bien sûr un accueil particulier avec des jeux et des poneys. Les établissements Leclerc de Corse jouent le jeu. Ils offrent des œufs en chocolat ainsi que des lots pour la tombola. Nous avons des partenaires fidèles, comme Corsica Ferries, Air Corsica et Corse GSM. Ils nous suivent depuis plusieurs années et répondent toujours présent lorsque nous avons besoin d’eux. Ces partenariats sont le fruit d’un travail de prospection. On ne peut pas dépendre que des sociétés-mères. Les collectivités locales nous ont aidés au départ mais elles sont aujourd’hui plus timides. Tout le monde doit faire des économies et leurs budgets sont sous pression. On ne peut plus avoir d’aide de ce côté-là. À Prunelli-di-Fiumorbo, les hommes payent leur entrée 4 €, mais elle est gratuite pour les femmes et les enfants. En contrepartie, les spectateurs ont accès à un buffet. Ce lundi nous organisons aussi une oursinade.

 

Combien de journées de courses organisez-vous chaque année ?

Nous avons à présent cinq réunions par an et elles sont toutes mixtes. Par le passé, nous en avions six. L’année dernière, on nous a demandé de diminuer le nombre de journées P.M.H. et la Corse a fait l’effort de supprimer une réunion par société de courses. Nous sommes donc passé de 24 à 20 réunions sur l’île par an, soit une baisse de 20 épreuves au galop. Nous n’avons pas le choix si nous voulons faire des économies et avoir plus de partants. L’hippodrome de Prunelli-di-Fiumorbo a une seule réunion mini premium, le 24 septembre. Elle fonctionne bien et génère une moyenne de 600.000 € d’enjeux pour trois courses.

Ambitionnez-vous d’organiser une réunion PMU ?

La piste de Prunelli-di-Fiumorbo fait presque 1.500m et en moyenne 20m de large. Elle est en gazon et il y a 400m de ligne de droite. Nous avons également une piste intérieure d’entraînement qui est utilisée par les entraîneurs locaux. Ces derniers peuvent aussi aller à la plage qui est toute proche, à environ 600m. Nous avons un arrosage et nous aurons bientôt des stalles de départ. Lorsque l’on veut organiser des réunions mini premium, il faut pouvoir répondre au même cahier des charges qu’une société qui accueille des journées premium. Nous serions d’ailleurs théoriquement capables de le faire mais ce n’est pas d’actualité. Je me bats depuis plusieurs années pour avoir deux réunions mini premium supplémentaires, une à Ajaccio et une à Zonza. Ce sont deux hippodromes qui fonctionnent bien. Les courses hippiques accueillent en majorité un public local, sauf l’été dans le cadre pittoresque et montagnard de Zonza où il y a plus de touristes. Il y a environ 3.000 spectateurs par réunion et beaucoup d’enjeux en P.M.H.

 

Quelle est l’origine de la tradition hippique corse ?

Les courses de chevaux font partie des traditions et de la culture corses. Elles sont répertoriées dès 1800. Après les campagnes napoléoniennes, les grognards de retour sur leur île natale ont importé des chevaux de sang qui ont abouti à la création d’une population d’anglo-arabes en Corse. Les Haras nationaux ont ensuite pris le relais en envoyant des étalons. D’une manière générale, la passion des courses est forte chez insulaires. Il y a eu jusqu’à 18 hippodromes sur l’île et il n'en subsiste que 4 à présent. Les Corses et les Antillais sont proportionnellement les plus gros joueurs enregistrés au PMU. Non loin de la Corse, en Sardaigne, la passion est aussi très forte. D’ailleurs, Mickaël Barzalona a des racines corses, et Lanfranco Dettori et Andrea Atzeni sont d’origine sarde. Il y a une centaine d’éleveurs de chevaux en Corse, principalement d’anglo-arabes. Sur l’île, les réunions sont mixtes, avec deux courses de trotteurs et cinq épreuves pour les galopeurs. Les propriétaires corses ont souvent des représentants sur le continent mais ils aiment aussi gagner les épreuves à domicile. En Corse comme sur le continent, nous allons aborder une période difficile pour les courses hippiques. Mais je pense qu’il faut faire preuve de volontarisme. Je suis optimiste pour l’avenir des courses car je sais que nous sommes capables de surmonter les difficultés actuelles. Mais pour cela, nous allons tous devoir continuer à faire des efforts et l’État devra lui aussi aller dans notre sens.