UNE SAISON DANS LE GOLFE EXCEPTIONNELLE POUR AL SHAHANIA

11.04.2017

UNE SAISON DANS LE GOLFE EXCEPTIONNELLE POUR AL SHAHANIA

Grâce à Ebraz (Amer) et Reda (Burning Sand), l’équipe d’Al Shahania s’est imposée dans l’Emir's Sword et le Dubai Kahayla Classic. Julian Smart, l’entraîneur de l’écurie de Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, nous a confié ses ambitions pour la saison européenne 2017 et nous a ouvert les coulisses de la victoire de Reda.

The French Purebred Arabian. – Pour l’équipe d’Al Shahania, la saison 2016-2017 s'achève de la meilleure des manières avec un succès dans deux épreuves de prestige. Que cela représente-t-il pour vous ?

Julian Smart. – C’est une satisfaction collective. Mais ces réussites font suite à une période plus difficile. L’été dernier, nous n’avons rien gagné, même si les jeunes chevaux avaient bien couru en France. Reda est un cheval né et élevé au Qatar, ce qui renforce l’importance de sa victoire.

Pourquoi avoir couru Reda dans le Dubai Kahayla Classic ?

C’est un cheval qui est venu en France pendant l’été 2016, mais il a eu quelques problèmes. Je l’ai finalement utilisé comme leader, bien qu’il vaille beaucoup mieux que cela. Nous avons fait examiner nos chevaux par un ostéopathe qui a fait du très bon travail avec Reda, Gazwan [vainqueur de la Qatar Gold Sword depuis, ndlr] et Ebraz. Au Qatar et en France, Reda a affronté des lots de qualité. Dans le Qatar Derby, il s’est classé sixième, à trois longueurs de Tayf (Amer) qui est un très bon cheval. Ce jour-là, nous avons commencé à penser à Dubaï, car c’était une très bonne performance. Nous avons été invités à prendre part au Dubai Kahayla Classic au tout dernier moment. C’était une chance à saisir et nous ne l’avons pas laissée passer.

Pensez-vous que c’est un cheval qui fait des survaleurs sur le dirt par rapport à son niveau sur le gazon ?

Oui, je le pense. Après la course, beaucoup de personnes m’ont dit qu’il allait certainement devenir un champion. Mon opinion est qu’il faut rester prudent. Le cheval n’a pas produit la même valeur à Doha, sur le gazon, face aux meilleurs chevaux de turf. Comme pouvait le laisser espérer son origine paternelle, il est vraiment très à l’aise sur le sable. Le Dubai Kahayla Classic ne représentait que sa deuxième sortie seulement sur cette surface. Lors de la première, au Qatar, il avait bien gagné sur ce type de sol, mais il était muni d’œillères et je pense que cela l’a aussi beaucoup aidé.

A-t-il bien récupéré de la course ? Quel va être son programme dans les mois à venir ?

Ce jour-là, compte tenu des conditions climatiques, c’était très difficile. Mais il a bien récupéré. C’est un cheval dur et je suis vraiment très content de sa récupération comme de son comportement. Sa dureté, c’est aussi sa force pour courir sur le sable. Il n’a que 5 ans et a donc un bel avenir devant lui. J’espère recourir le Dubai Kahayla Classic dans les années à venir. Pour l’instant, il va prendre des vacances et restera au Qatar cet été. Concernant l’année prochaine, nous verrons bien comment les choses se présenteront. Nous pourrions peut-être reprendre à partir du Maktoum Challenge.

Est-ce difficile de faire un programme pour un cheval qui préfère le dirt ?

C’est vrai. Ce n’est pas facile. Mais c’est un cheval né et élevé au Qatar. Il peut donc bénéficier des courses réservées à ces chevaux. Même s’il préfère le dirt, Reda peut faire de bonnes valeurs sur le gazon, en particulier dans le circuit réservé aux Qatari bred. Dans cette catégorie, il n’a pas été battu de beaucoup par des sujets de la valeur de Majeed (Amer), qui est un bon cheval.

Parmi les autres bons chevaux de votre écurie, qui pensez-vous courir en Europe pour la belle saison ?

Pour l’instant, seuls deux chevaux sont certains de se déplacer, Ebraz et Gazwan. Pour les autres, il faudra attendre le verdict de la Qatar Gold Sword. Je vais aussi emmener quelques 3 ans, comme je l’ai fait avec Ebraz et Shabih Alreeh (Jaafer As) en 2016. Ils devraient participer aux belles épreuves de Saint-Cloud et Deauville. Je pense qu’il s’agira d’une équipe resserrée, mais avec de la qualité.

Ebraz a réalisé une grande performance en remportant l’Emir's Sword face à ses aînés. Pensez-vous que sa génération est particulièrement forte ?

Le jour de l’Emir's Sword, il a vraiment livré une très grande performance. Sa génération, qui a 4 ans en 2017, compte beaucoup de bons sujets. En France, cette saison, cela va être très intéressant car tous ces bons poulains vont se recroiser en piste. À Saint-Cloud, dans le Qatar Total Arabian Trophy des Poulains (Gr. I PA), Ebraz a été gêné pendant le parcours. Le record de l’épreuve a été battu, et pourtant, ceux qui ont recouru par la suite ont livré de belles performances. Ils sont donc certainement bons. Dans l’Emir's Sword, il avait un avantage de 6 kg, ce qui représente beaucoup sur 2 400 mètres. Mais en descendant de cheval, son jockey, Alan Munro, m’a dit qu’il aurait été compétitif même à poids égal avec ses aînés. C’est encourageant pour l’avenir. Battre des sujets comme Tayf (Amer), Al Mourtajez (Dahess), le meilleur cheval du monde, et Gazwan (Amer), c’est remarquable, mais le faire avec ce style, c’est impressionnant. Dans les bonnes courses françaises, si son entourage décide de le garder à l’entraînement, Al Mourtajez sera difficile à battre. Mais Ebraz et sa génération vont apporter une grosse concurrence et la compétition sera très relevée.

Depuis 2016, vous avez choisi de rester à Chantilly pendant près de six mois. Pour quelles raisons ?

C’est une décision du chef ! Par le passé, nous étions basés à Lambourn pendant la saison européenne. Nous traversions la Manche quelques semaines avant le week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. L’année dernière, nous étions basés près de Chantilly. Nous procéderons de la même manière cette année.

Que pensez-vous du programme français pour les pur-sang arabes ?

La France est le seul pays qui réserve un programme aussi important et régulier pour les chevaux arabes. En tout cas, c’est mieux que dans les autres pays européens. En France, on dispose de bonnes courses, et surtout de bons hippodromes. À Paris ou en province, les pur-sang arabes ont droit aux meilleures pistes. Mais c’est normal car en France, les courses de pur-sang arabes ne sont pas un sport d’amateurs. Tout est réalisé avec le même sérieux que pour les pur-sang anglais.