Le grand pedigree : d'odeliz à trêve, de 1920 à 2015

Élevage / 14.05.2017

Le grand pedigree : d'odeliz à trêve, de 1920 à 2015

LE GRAND PEDIGREE

D'ODELIZ À TRÊVE, DE 1920 À 2015

Par Adrien Cugnasse

En s'imposant dans le Darley Prix Jean Romanet, son premier Gr1, au cours du meeting de Deauville, Odeliz (Falco) a ajouté une ligne supplémentaire à la remarquable descendance de Marguerite. Cette jument, entre les deux guerres mondiales aux États-Unis, a considérablement marqué l'histoire du sport hippique par l'intermédiaire de ses très nombreux descendants, dont les célèbres Generous (Caerleon), Trillion (Hail to Reason), Triptych (Riverman), Imagine (Sadler's Wells), Moonlight Cloud K (Invincible Spirit)... Plus récemment, Ampère (Galileo), Trêve (Motivator) et Odeliz se sont distingués tout au long de la saison 2015.

 

Marguerite, la fondatrice

L'histoire de Marguerite (Celt), la huitième mère d'Odeliz et de Trêve, débute de l'autre côté de l'Atlantique, dans les années 1920. Le francophile William Woodward l'avait acquise auprès d'Arthur B. Hancock Senior, le fondateur de Clairbone Farm. Accidentée lors de son unique sortie à 2ans, Marguerite fut mise à la reproduction dans la foulée. Petee Wrack (Wrack), son premier produit, lança sa carrière de poulinière, en décrochant plusieurs victoires sur des distances intermédiaires. Croisée avec le "FR" Sir Gallahad (Teddy), Marguerite donnera le champion Gallant Fox (Sir Gallahad), qui a marqué l'histoire de la Triple couronne américaine. Ce remarquable croisement inbreed 4x5 sur Bend Or et 4x5 sur St Simon fut reconduit chaque année jusqu'à la fin de sa carrière de poulinière. Sur les sept produits issus de ce croisement, trois furent des Stakes winner, Gallant Fox, Figthing Fox et Foxbrough, meilleur 2ans de la saison 1938 en Angleterre.

 

De Sir Gallahad à Gallant Fox

Alors que sa première génération conçue en France ne fit pas des étincelles, Sir Gallahad s'est rapidement imposé comme un grand étalon aux États-Unis. Il fut tête de liste des pères de gagnants à quatre reprises ainsi que douze fois titré en tant que meilleur père de mères. Sa production compte trois lauréats du Kentucky Derby dont Gallant Fox, évoqué précédemment. Ce dernier peut se prévaloir de plusieurs faits d'armes remarquables. Cheval de l'année 1930, il fut le premier lauréat de la Triple Couronne à engendrer un gagnant de ce triptyque. Gallant Fox fait partie du Hall of Fame du musée des courses de Saratoga et le magazine Blood-Horse le classe dans les trente meilleurs chevaux américains du vingtième siècle. Avec un tel update, la cote de sa mère Marguerite, et de ses trois propres sœurs, fut considérablement revue à la hausse !

 

SIR GALLAHAD, LA PREMIÈRE SYNDICATION MODERNE

William Woodward, l'acquéreur de Marguerite, fit partie du syndicat d'éleveurs américains qui avait importé le français Sir Gallahad (Teddy) en 1926. Ce dernier avait brièvement fait la monte en France avant son exportation. Cet élève de Jefferson Davis Cohn avait eu la malchance de naître en 1920, une année exceptionnelle pour l'élevage français. C'est en effet cette année-là que naquit le célèbre Épinard (Badajoz), premier grand champion de la famille Wertheimer. Après deux premières tentatives infructueuses, Sir Gallahad brisa la glace à Deauville lors de sa troisième sortie. Malgré sa victoire dans le Prix du Petit Couvert, Sir Gallahad ne fut pas l'un des 2ans en vue au sein d'une grande génération. La saison suivante fut plus fructueuse mais également surprenante. L'époque pensait certainement plus au sport qu'à la fabrication d'étalons. Lauréat du Prix Daphnis et de la Poule d'Essai des Poulains, Sir Gallahad fut ensuite troisième du Prix Jockey Club (2.400m) avant de s'imposer dans le Prix Jacques Le Marois. Il décrocha ensuite une surprenante deuxième place dans le Prix Royal Oak. Après plusieurs victoires des deux côtés de la Manche à 4ans, Sir Gallahad vint à bout d'Épinard, handicapé par des problèmes de pieds à répétition, dans un match race sur 1.300m à Saint-Cloud.Après une tentative dans le Prix du Gros Chêne, Sir Gallahad fut orienté vers le haras, fort de onze victoires en vingt-quatre sorties au cours de trois saisons. La cote de Sir Gallahad fut revue à la hausse quand Épinard, qu'il avait dominé lors d'un mano a mano, a ensuite défrayé la chronique par ses victoires internationales cheval d'âge de l'année aux États-Unis en 1924. Arthur B. Hancock Senior ayant réussi à rassembler plusieurs éleveurs fortunés, Sir Gallahad fut syndiqué et traversa l'Atlantique.

 

Russ-Marie, une piètre jument de course.

Marguery (Sir Gallahad), la propre sœur de Gallant Fox, n'a jamais couru. Mais, au haras, elle a donné deux stakes winner. En 1955, William Woodward est assassiné par sa femme et son élevage est dispersé. À Keeneland, en janvier 1956, Marguery fut le top price de la vente. Elle était alors pleine de Nasrullah (Nearco). Bien que remarquablement né, le produit de ce croisement aura des performances sportives modestes : en six tentatives tout au long de sa saison de 2ans, Russ-Marie (Nasrullah) fut incapable de décrocher une victoire. Pire encore, elle ne décrocha qu'une place, dans un lot faiblement relevé. L'année suivante, le bilan fut un peu meilleur avec une modeste victoire et deux troisièmes places en sept sorties. Ne souhaitant pas prendre le risque de la courir à réclamer, vu son pedigree, l'entourage de Russ-Marie décida de l'envoyer au haras.

 

La famille intègre l'élevage de Nelson Bunker Hunt.

L'élevage est cette surprenante activité où les règles ne semblent êtres faites que pour être bafouées et les théories pour être mises à mal. Songez à l'éleveur de bovins qui achète un lot de semence sur les conseils d'un technicien dont la science ne repose que sur le croisement des indices... Mais c'est aussi cela qui fait son charme. On fait aisément abstraction des accidents et autres erreurs de parcours quand une pouliche est très bien née. Mais, dans le cas de Russ-Marie, le problème était bien différent : elle n'était pas bonne. C'est pourtant par son intermédiaire que quelques décennies voire près d'un demi-siècle plus tard naquirent quelques aéroplanes du calibre de Trêve (Motivator), Generous (Caerleon), Trillion (Hail to Reason), Imagine (Sadler's Wells), Tamarisk (Green Desert), Bullish Luck (Royal Academy), Moonlight Cloud (Invincible Spirit)... En attendant la gloire et les Grs1, Margarethen (Tulyar), le premier produit de Russ-Marie, fut une bonne jument de course. Elle décrocha seize victoires en soixante sorties, affichant une très nette préférence pour le turf. Passée sous le giron de Nelson Bunker Hunt, Margarethen produira Margravine (Hail to Reason).

 

Trillion, dauphine d'Alleged dans l'"Arc"

Au tout début des années 1970, Margravine fit en sens inverse le chemin que ses aïeux avaient emprunté quelques décennies plus tôt. Direction l'Europe et la France plus précisément, où elle s'imposa dans le Prix du Calvados (L, à l'époque). Sa propre sœur, Trillion, fut un "roc". Cette jument importante, très marquée par son père hail to Reason (Turn To), a gagné neuf de ses trente-deux sorties. Elle s'était notamment imposée dans les Prix Ganay (Gr1) et d'Harcourt (Gr2), ainsi que deux fois dans le Prix Dollar (Gr2). Trillion a accumulé une impressionnante série de dix deuxièmes places au niveau Gr1, dont le Grand Prix de Saint-Cloud, le Prix de Diane, le Prix d'Ispahan, le Prix Ganay et le Prix Royal Oak. Sa "plus belle défaite" fut certainement sa deuxième place dans l'édition 1978 du Prix de l'Arc de Triomphe. Elle fut battue par le phénomène Alleged (Hoist The Flag) qui fait partie des vingt-cinq meilleurs chevaux de l'histoire des courses selon le rating établi par Timeform. Jument dure, comme sa mère, Trillion s'inclinait ce dimanche d'octobre 1978 de deux longueurs face à l'un des rares doubles lauréats du Prix de l'Arc de Triomphe. Cette dureté, Trêve (Motivator) en a indéniablement hérité pour parvenir à intégrer la liste très restreinte des chevaux ayant gagné deux fois la plus célèbre épreuve du programme français. Sa quatrième mère, Trillion, fut élue jument d'âge de l'année en Europe pour les saisons 1978 et 1979. Il arrive régulièrement que les championnes, ayant beaucoup donné en piste, déçoivent au haras. Trillion ne fut pas de ce type-là.

 

De Trillion à Ampère et Odeliz

Au haras, Trillion n'a donné que quatre produits : barger (Riverman), Trevilla (Lyphard), Triple Couronne (Riverman) et Triptych (Riverman). Trois de ces quatre pouliches ont eu l'opportunité de produire. Trevilla, née en 1981, n'a pas couru et elle fut rapidement orientée vers la reproduction. Barger s'imposa dans le Prix Vanteaux (Gr3) mais elle fut également troisième du Prix Saint-Alary (Gr1) avant de donner naissance à Narrative (Sadlers Wells), meilleur stayer de l'année 2002 en Italie. Triple Couronne, autre produit de Trillion, fut une modeste compétitrice, décrochant une place en deux sorties. Au haras, Triple Couronne a déçu, ne donnant qu'un seul gagnant : Tanzania (Alzao). Cette dernière à elle-même engendré Amorama (Sri Pekan), une élève de Jean-Étienne Dubois qui s'est imposée dans les Del Mar Oaks et dans le John C. Mabee Handicap (Grs1). Amorama est la génitrice d'Ampère (Galileo). Ce produit du haras de Saint-Pair a débuté cette année à 3ans. Il s'est imposé au niveau Groupe dès sa deuxième sortie, dans le Prix Hocquart (Gr2), avant de décrocher une bonne deuxième place dans le Juddmonte Grand Prix de Paris (Gr1) et dernièrement la troisième place du Prix Guillaume d'Ornano-Haras du Logis Saint-Germain (Gr2).

 

Odeliz est l'autre descendante de Triple Couronne à avoir animé le meeting normand 2015. Cet élève d'Aleyrion Bloodstock a modestement débuté à 3ans au niveau handicap. La pensionnaire de Karl Burke a progressivement gravi les échelons. Lauréate du Prix de Liancourt (L) pour sa première tentative au niveau black type, elle a enchaîné dix sorties "dans l'argent" au niveau Groupe et Listed avant de tenter une première fois sa chance dans un Gr1. Le 19 octobre 2014, sur l'hippodrome de Woodbine au Canada, Odeliz s'est inclinée d'une demi-longueur dans les E. P. Taylor Stakes (Gr1) de Just the Judge (Lawman), lauréate des 1.000 Guinées irlandaises et troisième des Coronation Stakes (Grs1). C'est à Deauville, près d'un an plus tard, dans l'édition 2015 du Prix Rothschild (Gr1), qu'Odeliz tente à nouveau sa chance dans un Gr1. Elle termine quatrième de l'épreuve, à moins de trois longueurs de la lauréate, Amazing Maria (Mastercrafstman), dans un lot qui comprenait Ervedya (Siyouni) et bawina (Dubawi). Vingt jours plus tard, Odeliz s'impose à la lutte dans le Darley Prix Jean Romanet (Gr1), devant les lauréates de Gr1 We Are (Dansili), Avenir Certain  (Le Havre) et Ribbons (Manduro). Suite à cette victoire, l'entraîneur d'Odeliz nous a expliqué : " " Les E.P. Taylor Stakes sont à son programme désormais (...) Elle avait bien couru en dernier lieu, ici, sur le mile, mais les 2.000m sont sa distance. "

 

L'histoire de cette souche ressemble parfois à un éternel va-et-vient entre la France et les États-Unis. En effet, le haras de Grandcamp a présenté en août 2015 le lot 196, une fille de Siyouni (Pivotal) et Acatama (Efisio). Jason Litt, accompagné d'Alex Solis, l'acheteur de cette sœur utérine d'Odeliz, nous a expliqué : " Je connais sa sœur. C'est une très belle pouliche et j'aime beaucoup Siyouni. J'avais déjà essayé d'en acheter dans le passé mais c'est le premier que j'obtiens. Elle va partir en Amérique. Je m'attendais à payer ce prix, c'était ce que nous avions prévu. C'est vraiment une très belle pouliche. "

 

Triptych, le destin brisé 

Le meilleur produit de Trillion fut incontestablement Triptych (Riverman). Comme sa mère, elle a parfaitement incarné la dureté, cette qualité si précieuse qui fait office de fil rouge dans cette famille. Son père, Riverman (Never Bend),  apporta  le  changement de vitesse qui pouvait manquer à Trillion pour s'imposer au meilleur niveau. Achetée 2,15 millions de dollars par Alan Clore, elle fut la meilleure de sa génération en France à 2ans, après avoir décroché le Prix Marcel Boussac (Gr1). La suite de sa carrière sera une incroyable succession de combats au meilleur niveau, sur trois continents, sous la monte d'une pléiade de jockeys et sous la férule de trois entraîneurs différents. En quarante-et-une course de 2ans à 6ans, elle a décroché quatorze victoires mais également les titres de 3ans de l'année en Irlande en 1985, puis de jument d'âge de l'année en France et en Angleterre. Triptych fut la première femelle à s'imposer dans les 2.000 Guinées irlandaises (Gr1). Parmi ses neuf victoires au niveau Gr1, on se souviendra des Champion Stakes (deux fois), du Coronation Cup (deux fois) et du Prix Ganay (Grs1). Elle fut également deux fois troisième du Prix de l'Arc de Triomphe, dans l'édition 1987 de Trempolino (Sharpen Up) et dans l'édition 1986 de Dancing brave (Lyphard). Dans le remarquable 100 favourite racehorses, un ouvrage où la rédaction du Racing Post a consigné les cent meilleurs chevaux de l'histoire des courses obstacle et plat confondus la jument est décrite en ces termes : " Triptych a fait preuve d'une résistance sans limite au cours d'une épuisante carrière internationale qui a duré cinq saisons. Elle a couru dans six pays et s'est imposée au meilleur niveau en Angleterre, en Irlande et en France. S'il y avait un Gr1 sur une distance intermédiaire, vous pouviez parier que Triptych serait là. Malgré le fait qu'elle a changé régulièrement d'entraîneur et de jockey (...), elle n'a jamais perdu sa dureté, son courage et sa classe. Les voyages et les péripéties de sa carrière ne furent pas capables de venir à bout de sa volonté. Elle semblait incapable de fournir une mauvaise valeur en course. "

 

La vente qui a changé le destin de la famille Head.

Quelques années après la faillite de Nelson Bunker Hunt, l'éleveur de Triptych, c'est au tour de son propriétaire, Alan Clore, de subir les revers d'un krach boursier. En 1988, Triptych passa sous le feu des enchères à Deauville, avec une retransmission en direct des deux côtés de l'Atlantique. C'est Peter Brandt qui remporta l'âpre lutte des enchères pour 3,4 millions de dollars. La jument n'aura malheureusement jamais l'occasion de perpétuer la brillante épopée familiale. Elle fut en effet mortellement percutée dans son paddock, en pleine nuit, par la voiture du gardien du haras. Lors de sa vente à Deauville, plusieurs acheteurs étaient en lice pour tenter de décrocher Triptych. La famille Niarchos et Alec Head faisaient partis des sous-enchérisseurs. Le mentor du haras du Quesnay, qui a toujours promu l'apport de sang américain, tentait depuis un moment d'intégrer cette souche dans son effectif. À défaut de Triptych, c'est sa nièce, Trevillari (Riverman), qui fut acquise par Alec Head. C'est donc une vente, ou plutôt l'impossibilité d'acheter une championne sur le ring, qui fut à l'origine du porte-drapeau de la famille Head. Trêve est en effet une petite-fille de Trevillari, elle-même issue de Trevilla (Lyphard), une sœur de Triptych accidentée à l'élevage et inapte à la course. Trevilla avait produit Treble (Riverman), lauréate du Prix Saint-Alary (Gr1) sous l'entraînement de Christiane Head-Maarek, et Sine Labe (Vaguely Noble), la mère de Tamarisk (Green Desert). Ce dernier fut le meilleur sprinter de l'année 1998 en Europe mais sa carrière d'étalon fut écourtée pour cause d'infertilité.

Une famille de chevaux durs

Trevillari décrocha trois places en treize sorties de 2ans à 4ans. Au haras du Quesnay, elle a transmis la remarquable dureté de sa famille. Tsigane (Anabaa), son meilleur produit, a gagné six de ses trente-quatre sorties de 2 à 6ans. Troisième du Prix Cor de Chasse (L), deuxième du Grand Prix Anjou Bretagne (L) et troisième du Prix Jacques de Bremond (L) à Vichy, il fut ensuite exporté aux États-Unis. Il y décrochera la troisième place des Shoemaker Breeders' Cup Mile Stakes (Gr1).

 

À défaut d'avoir engendré d'autres black types, Trevillari a donné quelques stakhanovistes comme Trivellino (11 victoires et 44 places en 87 courses) ou Toricelli (6 victoires et 54 places en 98 sorties). Trémière (Anabaa), la propre sœur de Tsigane, fut exportée en Grande-Bretagne où elle a donné le jour à Thunder Teddington (Halling), l'un des meilleurs chevaux du circuit hongrois, qui s'est imposé à la surprise générale dans l'édition 2015 du Grand Prix d'Avenches (L) à la cote de 30/1 ! Lauréate d'une "F", Trévise (Anabaa) débuta sa carrière de poulinière en donnant Trois Rois K (Hernando). Fidèle à la tradition familiale, ce dernier a couru trente-trois fois en six saisons de compétition. Il s'est notamment imposé dans le Grand Prix de Marseille (L) et s'est classé troisième du Prix Greffulhe (Gr2), avant d'être exporté aux Émirats Arabes Unis. Freddy Head, qui fut l'entraîneur de la mère et du fils, nous a expliqué : " Trévise était une pouliche "très vite" qui a d'ailleurs battu Six Perfections (Celtic Swing) pour ses débuts. Elle a ensuite connue une série d'ennuis de santé et elle n'a pas eu une longue carrière. Trois Rois, son fils, était un cheval utile qui a gagné le Grand Prix de Marseille et a tenté sa chance au niveau Groupe. C'était un gentil cheval, physiquement assez différent de Trêve, étant par Hernando. " Le quatrième produit de Trévise fut Trêve (Motivator). En dix sorties, huit victoires et deux places, la championne d'Al Shaqab Racing n'a jamais fini plus loin que proche quatrième. À ce jour, elle a déjà annexé à son palmarès le Prix de Diane Longines (Gr1), le Qatar Prix Vermeille (Gr1), le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe (Gr1) 2013, le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe (Gr1) 2014, le Prix Corrida (Gr2) et le Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1). Trêve n'a jamais été aussi bien que cette année, à l'âge de 5ans. Alors que sa tentative dans un troisième Prix de l'Arc de Triomphe se précise, elle semble être le premier cheval en mesure de réaliser cet exploit. L'élève du haras du Quesnay est déjà entrée dans l'histoire. Une troisième victoire attribuerait une place toute particulière au panthéon du sport hippique à celle que Timeform n'a étonnamment créditée que d'un rating de 134.

 

Les autres branches de la descendance de Margarethen

Margarethen (Tulyar) ne s'est pas uniquement distinguée par le biais de la descendance de sa meilleure fille, Trillion (Hail to Reason). Prix (Vaguely Noble & Margarethen) et Doff The Derby (Master Derby & Margarethen) ont elles aussi engendré une descendance de qualité. Doff the Derby est la mère de Generous (Caerleon), meilleur 3ans de l'année 1991, lauréat du Derby d'Epsom, des Dewhurst Stakes, des King George VI & Queen Elizabeth Stakes et du Derby Irlandais (Grs1). Imagine (Sadler's Wells), autre produit de Doff the Derby, fut championne des 3ans de la saison 2011 en Irlande. Elle a gagné les 1.000 Guinées irlandaises et les Oaks d'Epsom (Grs1). Plus récemment, Doff the Derby s'est distinguée en tant que troisième mère de Moonlight Cloud (Invincible Spirit), la meilleure jument d'âge de la saison 2013 en Europe. La pensionnaire de Freddy Head s'est notamment imposée dans le Qatar Prix de la Forêt, le Qatar Prix du Moulin de Longchamp, le Prix Fresnay-le-Buffard -Jacques Le Marois ainsi que trois fois dans le Prix Maurice de Gheest (Grs1).

 

La sœur de Doff the Derby, est quand à elle la quatrième mère de bullish Luck (Royal Academy), champion miler à Hongkong pour les saisons 2004-2005 et 2005-2006. Juvenia (Trempolino), issue d'une fille de Prix, a remporté le Prix Marcel Boussac (Gr1) sous l'entraînement de Christiane Head Maarek. Si l'on remonte au début de notre article, c'est-à-dire aux juments de base Marguery (Sir Gallahad) et sa fille Russ-Marie (Nasrullah), on peut identifier de nombreux rameaux de cette famille ayant essaimé un peu partout dans le monde, aux États-Unis bien sûr, mais également en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon. De manière plus inattendue, Mandarino (Trempolino), lauréat du Grand Steeple Chase de Paris en 1999, est issu de cette famille.