À LA UNE - Édouard de Rothschild détaille son plan d’économies

Institution / Ventes / 26.06.2017

À LA UNE - Édouard de Rothschild détaille son plan d’économies

 

Devant le Comité réuni ce lundi, le président de France Galop a livré les éléments clés de son programme destiné à ramener la société-mère à l’équilibre dès 2018.

« C’est avec une approche globale que j’aborde la délicate question de la trajectoire financière de France Galop depuis mon élection. Les comptes 2016 que vous avez approuvés viennent confirmer que nous devons prendre des mesures à la hauteur de la situation pour assurer la pérennité de nos courses. Et il me paraît essentiel que le Comité de France Galop soit étroitement associé aux orientations que nous envisageons pour retrouver l’équilibre de nos comptes, seul garant de notre avenir.

Un mot tout d’abord sur les enjeux qui demeurent le véritable carburant de notre économie. Le premier semestre montre quelques signes encourageants avec un chiffre d’affaires en légère hausse par rapport à l’an dernier. Après plusieurs années de baisse, c’est un motif de relative satisfaction. Le lancement du Simple Jackpot dépasse les objectifs et les scores des lancements précédents, les enjeux online progressent après une année 2016 compliquée par la séparation des masses, et l’international poursuit sa croissance à deux chiffres. Les enjeux au galop progressent de 5,4 % alors que ceux du Trot reculent de 2,7 %. La nette amélioration de la situation des partants, malgré des effectifs en diminution de 3 %, contribue grandement à l’augmentation des enjeux.

 

Les réformes entreprises sur le programme de 2 et 3ans portent leurs fruits avec une baisse de 43 % du nombre de courses à moins de huit partants. Malgré des enjeux mieux orientés, le produit brut des jeux, notre "marge", ne progresse pas, notamment en raison d’un nouveau recul de l’activité dans les points de vente. Il ne faut pas attendre de rebond du résultat net pour cette année. Le plan d’économies de 10 millions d’euros engagé par France Galop est donc plus que jamais nécessaire et son plan de marche est respecté avec, pour 2017 :

- une baisse de la masse salariale de 3 millions d’euros (c’est la première fois depuis de nombreuses années qu’elle diminue)

- le transfert des réunions d’Enghien qui s’est très bien déroulé et générera 2 millions en année pleine

- la diminution du budget marketing d’1 million d’euros avec une compression significative des frais de réception ; c’est ainsi que nous n’organiserons pas le traditionnel dîner de l’Arc cette année ;

- la réduction du nombre de postes de vacataires lors des réunions de courses, soit près de 500.000 euros d’économies ;

- la mise en œuvre d’un plan de réduction des achats avec des premiers résultats concrets comme la diminution de moitié des frais de téléphonie mobile par le biais d’une mise en concurrence des opérateurs

Parallèlement, nous maintenons le cap sur les efforts de rationalisation de notre organisation :

- un nouveau calendrier de travail sur le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte permettra de dégager plusieurs centaines de milliers d’euros d’économies dès cette année

- nous poursuivons les négociations avec les partenaires sociaux pour rapprocher intelligemment les trois hippodromes parisiens et ainsi optimiser le fonctionnement des équipes de maintenance ; cela prend du temps et exige de la persévérance, mais la voie du dialogue social est celle que nous avons choisie car c’est la seule qui nous permet d’obtenir des résultats.

 

J’ai toujours été clair sur le fait qu’un plan d’économies de 10 millions est insuffisant lorsqu’on en perd 30 et que le résultat du PMU s’annonce stable à très court terme. Il faut donc aller plus loin sur le périmètre propre de France Galop. Il faut aussi être capable de challenger les principales lignes de notre compte d’exploitation.

S’agissant de France Galop, d’autres voies complémentaires au plan d’économies engagé doivent être explorées :

- la mutualisation d’autre services avec Le Trot et ou le PMU dès lors que cela peut avoir du sens en terme d’efficacité et d’optimisation de coûts ;

- la remise en question du coût du travail ; dire qu’il est élevé n’est un secret pour personne ;

- l’accélération de la transformation informatique, seul levier tangible pour réduire les effectifs du siège tout en assurant la même profondeur et la même qualité de service

- l’éventuelle réduction de périmètre de missions et services rendus par la maison-mère

Sur les services partagés entre France Galop et le Trot :

- je ne reviendrai pas sur la présentation de Laurent Eichinger mais sur la base des 70 millions de charges du pôle Media, nous visons déjà 8 millions d’euros d’économies en 2018 ; une grande partie de cette diminution de charges proviendra de la solution retenue pour Equidia Life qui ne coûtera, quoi qu’il arrive, plus rien aux sociétés-mères

- le PMU est également tenu de délivrer son plan d’économies de 18,5 millions sur 2016-2019, doublé d’une baisse de la masse salariale de 7,4 million sur la même période

En complément de ces différents plans d’économies, j’ai l’intention d’entreprendre des discussions avec les partenaires concernés sur les Fonds Équitation et Éperon qui représentent respectivement 7,8 millions et 5 millions en 2016 :

- le Fonds Équitation, alimenté par un prélèvement de 0,2 % sur les enjeux, vient en soutien des clubs hippiques à la suite de l’augmentation du taux de T.V.A. Il s’agit d’un dispositif mis sur pied à titre provisoire et des discussions sont en cours avec la Fédération française d’équitation concernant son avenir ;

- pour le Fonds Éperon, qui a soutenu la filière cheval sur l’ensemble du territoire national depuis des années, il convient désormais de dimensionner son enveloppe, non pas à l’aune de nos engagements historiques, mais des moyens réels de l’Institution ;

Il y a quelques mois, j’ai également demandé, au titre de président de la Fédération nationale des courses hippiques, et en accord avec Dominique de Bellaigue, que l’on travaille à une évolution du régime commun des sociétés premium ainsi qu’au cas particulier des sociétés régionales bénéficiant encore aujourd’hui d’un taux dérogatoire. La rémunération globale des sociétés organisant des courses premium s’élève à 29 millions pour France Galop.

- Pour la cinquantaine de sociétés de courses soumises au régime commun, un groupe de travail a été constitué par plusieurs présidents, lesquels ont formulé des propositions d’économies. Parallèlement, les équipes de France Galop, du Trot et de la Fédération planchent sur une évolution du barème de rémunération des sociétés premium. Je tiens à ce que ce processus soit mené dans la plus parfaite transparence et dans le dialogue avec les sociétés concernées. J’ai aussi fixé pour cadre de la réflexion qu’il soit tenu compte dans cet exercice des engagements financiers des sociétés ayant investi, souvent avec l’accord des sociétés-mères, afin de pouvoir organiser des réunions premium dans de bonnes conditions. Si nous devons trouver des marges de manœuvre dans ce dispositif, il n’est pas question de mettre en difficulté des sociétés bien gérées mais qui doivent encore digérer les investissements effectués. Pas question non plus de remettre en question le poids global de ces sociétés régionales dans le calendrier premium national.

- Pour les 7 sociétés régionales à taux dérogatoires qui représentent à peu près 19 millions sur les 29 millions évoqués à l’instant, j’ai demandé lors du Conseil d’administration de la Fédération en avril que l’on mette un terme à ces régimes d’exception, à horizon 3 ans. C’est la raison pour laquelle un audit a été mené dans chaque société et c’est maintenant au cas par cas que nous verrons comment faire revenir chacune vers un régime de droit commun tout en prenant en compte leurs spécificités.

 

L’ensemble des actions que je viens de vous décrire doivent alléger les charges de France Galop d’au moins 25 millions d’euros d’ici 2019, mais si le résultat du PMU reste en l’état, ces économies pourraient s’avérer insuffisantes. C’est pourquoi, maintenant qu’un nouveau gouvernement est en place, nous devons engager sans tarder les discussions avec l’État.

L’enjeu principal, c’est bien évidemment la fiscalité sur les paris hippiques. Nous l’avons souvent rappelé au sein de ce Comité : la principale conséquence de la loi de 2010 d’ouverture des paris en ligne a surtout été le cadeau fait à la Française des Jeux de bénéficier d’un monopole sur les paris sportifs dans le réseau de points de vente. En 6 ans, 1 milliard d’euros de paris hippiques a ainsi été transféré sur les paris sportifs dans ce réseau physique, provoquant le déséquilibre de notre filière. Ce que nous allons plaider, c’est donc la mise en œuvre d’une politique des jeux cohérente au niveau de l’État et un réaménagement de la fiscalité des paris hippiques offline, tout en faisant valoir l’ensemble des efforts consentis par les acteurs des courses pour réduire nos frais de fonctionnement.

C’est donc clairement avec l’objectif de trouver un nouvel accord gagnant-gagnant que le président du Trot et moi-même allons engager ces discussions. Un accord qui permet aux sociétés-mères de retrouver l’équilibre financier, sans toucher aux encouragements, et qui offre la perspective à un État déficitaire de récolter les fruits de son investissement, une fois la croissance revenue.

 

Néanmoins, ma responsabilité ainsi que celle des administrateurs, est de préparer France Galop et les acteurs de nos courses à tous les scenarios, y compris les moins favorables. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu aborder la question des encouragements dès le début de cette année.

J’ai ainsi demandé aux différentes associations professionnelles représentées au sein du Conseil d’administration, ainsi qu’aux membres associés, de formuler des propositions de diminution de l’enveloppe d’encouragements de 282 millions tenant compte du déficit structurel de France Galop d’une trentaine de millions.

Ces propositions ont été analysées, et à l’occasion de deux séances de travail lors des Conseils de mai et de la semaine dernière, les administrateurs de France Galop ont voté un plan de  baisse des encouragements pouvant aller jusqu’à 25 millions d’euros. Nous avons agi par anticipation dans le cas où les négociations avec l’État n’aboutiraient pas au résultat escompté. Je l’ai souhaité ainsi pour ne pas devoir entreprendre une telle réflexion à l’automne, dans la précipitation et l’absence totale de sérénité.

 

C’est aussi parce qu’aucune décision de mise en œuvre ne sera prise tant que nous n’aurons pas été au bout des discussions avec l’État que j’ai souhaité ne pas en dévoiler le détail. Rien ne sert de débattre d’un catalogue de mesures qui pourraient ne pas être activées. Si nous devions en arriver là, ce plan serait évidemment présenté dans tous ses détails en temps voulu.

Néanmoins, je tiens à rassurer toutes celles et ceux attachés aux fondamentaux de notre politique d’encouragements qui, quoiqu’il advienne, seront respectés :

  1. La répartition 2/3 – 1/3 ne sera pas remise en cause
  2. Nous maintiendrons des enveloppes importantes sur les dispositifs encourageant les partants, comme les indemnités de transport
  3. Les grands équilibres entre les catégories de courses seront préservés
  4. Le système de primes propriétaires et éleveurs, qui est une spécificité française, restera au cœur de notre politique d’encouragements. Cela n’exclut pas des évolutions nécessaires mais ce dispositif constituera encore et toujours une belle exception française.

L’exercice est difficile puisque avec moins de ressources, nous devons maintenir les effectifs à niveau pour remplir nos courses et assurer la recette tout en consolidant la valeur sportive de notre programme et sa compétitivité sur la scène internationale. C’est cette excellence sportive, dans les deux disciplines, qui créé de la valeur pour les propriétaires, les éleveurs et les entraîneurs.

Enfin, comme je l’ai déjà indiqué au lendemain du Conseil d’administration de lundi dernier, un tel plan serait assorti d’une clause de retour à meilleure fortune. Autrement dit, les fruits de l’amélioration des résultats du PMU, au-delà des objectifs fixés, viendront servir en priorité l’augmentation des encouragements.

Chers amis,

Vous m’avez élu pour remettre France Galop, alors déficitaire de 45 millions d’euros, sur les bons rails. C’est une mission difficile et sa réussite est l’affaire de tous : vous voyez que les encouragements ne seront pas une variable d’ajustement "facile" venant pallier les déficiences de gestion de l’Institution. Non, les efforts demandés sont collectifs et je suis et resterai extrêmement vigilant à ce que le partage de ces efforts entre les salariés de l’Institution, les sociétés de courses et fédérations régionales et les socioprofessionnels soit le plus équitable possible. »