Ipompieridiviggiu, cet italien qui hésite entre le Papin et le Morny

Courses - International / 28.06.2017

Ipompieridiviggiu, cet italien qui hésite entre le Papin et le Morny

Par Franco Raimondi

Les 2ans italiens ont une excellente réussite dans le Prix Robert Papin (Gr2). Depuis 1977, en quarante éditions, un italien a terminé dans les trois premiers à onze reprises. Deux ont gagné : Rolly Polly (Mukaddamah) en 2000 et Lui Rei (Reinaldo) en 2008. Ils ont fait le déplacement après avoir remporté le Premio Primi Passi (Gr3), tout comme trois autres lauréats du sprint de San Siro qui sont montés sur le podium de Maisons-Laffitte : Shifting Place (Compton Place) en 2004, Golden Titus (Titus Livius) en 2006 et Magritte (Modigliani) en 2007. Omaticaya (Bernstein), deuxième du Primi Passi 2013, avait trouvé Vorda XX (Orpen) sur son chemin. Un succès dans le Primi Passi vaut donc un ticket pour Maisons-Laffitte.

Ne pas avoir de regret. Bruno Grizzetti est l’homme de terrain pour Il Cavallo In Testa, la société qui possède le lauréat 2017 du Premio Primi Passi, Ipompieridiviggiu (Pastoral Pursuits). Il est en train d’envisager le déplacement : « J’hésite encore entre le Prix Robert Papin et le Darley Prix Morny (Gr1). La logique impose de courir à Maisons-Laffitte, dans un Gr2 moins relevé par rapport au Gr1 de Deauville. Mais dans le même temps, je ne voudrais pas rester avec le regret de n’avoir pas osé. Courir les deux est presque impossible. Sous la chaleur de l’été, il serait criminel d’imposer à un 2ans deux voyages depuis Milan. Je l’avais fait avec Rolly Polly. Dans le Morny, elle avait certes perdu un fer, mais elle n’était surtout plus la même pouliche qu’à Maisons-Laffitte. »

Des progrès attendus. Ipompieridiviggiu a dominé le Primi Passi en perdant ses adversaires en route. Sandro Marranini, le handicapeur du site www.tuttoippicaweb.com, a attribué au poulain un rating de 106, équivalent à une valeur française de 44,5. C’est un peu limite pour prendre une place dans le Robert Papin. Bruno Grizzetti n’aime pas trop les ratings et il a expliqué : « Ipompieridiviggiu vaut beaucoup plus que ce chiffre. C’est un 2ans vite et précoce, et il a progressé à chaque sortie. Dimanche, il a battu de trois longueurs et demie Sestilio Jet (French Fifteen), qui l’avait devancé d’un rien lors de leurs débuts communs. Je pense que Sestilio Jet a pourtant fait sa valeur. C’est donc mon poulain qui a progressé. Dimanche, j’ai eu Mirco Demuro au téléphone. Il avait gagné le Robert Papin en selle sur Rolly Polly. Lui aussi, il a été impressionné par le poulain. Je pense que les 2ans italiens 2017 sont bons. C’est l’une des meilleures générations depuis quelques saisons. »

Un italien qui ressemble à un anglais. Dimanche dernier à San Siro, en terrain souple et peu rapide, Ipompieridiviggiu a parcouru 1.200m en 1’11’’70. Mais surtout, les 600 derniers mètres ont été couverts en 34’’94 et les 200 derniers en 10’’83. La vitesse est donc son point fort : « C’est un magnifique poulain. Quand je l’ai vu chez son éleveur, Giuseppe Rosati Colarieti, je n’ai même pas regardé le pedigree. C’est un athlète et il associe son talent à un mental parfait. De ce point de vue, le déplacement en France ne lui posera pas de problème. C’est un poulain qui ne fait que trois choses : il mange, il dort et il galope. Je pense d’ailleurs qu’il dormira tout le trajet… Dimanche, il avait déjà gagné la course au rond. En le regardant, on aurait dit un poulain anglais, un de ceux qui courent à Royal Ascot. » Maisons-Laffitte ou Deauville ? Bruno Grizzetti reste avec ses doutes sur le poulain qui porte le nom d’une chanson populaire et qui ressemble à un anglais. Il faut certainement y voir un signe car quatre des cinq dernières éditions du Robert Papin ont été remportées par des concurrents venus d’outre-Manche.

 

La chanson qui a inspiré le nom d’Ipompieridiviggiu : https://youtu.be/80W1AihBIOQ