LE TOUR DES HARAS - Antoinette Tamagni-Bodmer : « Je souhaite sélectionner encore davantage ma jumenterie, afin de mettre toutes les chances de mon côté pour élever un classique »

Institution / Ventes - Élevage / 17.08.2017

LE TOUR DES HARAS - Antoinette Tamagni-Bodmer : « Je souhaite sélectionner encore davantage ma jumenterie, afin de mettre toutes les chances de mon côté pour élever un classique »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont visité les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé, placé sous le signe du dix, en hommage au dixième anniversaire de Jour de Galop. Dans cet épisode, Antoinette Tamagni-Bodmer nous a reçus au haras de Saint-Julien, sa nouvelle structure. Les yearlings de son haras seront consignés par le haras du Petit Tellier.

HARAS DE SAINT-JULIEN

Chemin de la Pipardière

14130 Bonneville-la-Louvet

Jour de Galop. – Qui est, selon vous, le plus grand champion des dix dernières années ?

Antoinette Tamagni-Bodmer. – Goldikova (Anabaa), Trêve (Motivator) et Frankel (Galileo). Ce sont ces trois chevaux qui m’ont vraiment marquée au cours des dix dernières années. Concernant Goldikova et Trêve, elles ont aussi battu les mâles, ce qui, dans mon esprit d’éleveur, est exceptionnel. Frankel était quant à lui un phénomène.

Quel cheval issu de votre haras ou de votre consignation vous a le plus marqué au cours de ces dix dernières années ?

C’est This Time (Zafeen), que j’ai élevée et qui est lauréate de Groupe sous mes couleurs. Elle m’a vraiment donné le courage de me lancer à fond en créant ma propre structure. C’est aussi la raison pour laquelle nous l’avons choisie pour créer le logo du haras de Saint-Julien. Le logo la représente, suitée de son foal par Frankel.

 

À quoi rêviez-vous quand vous aviez dix ans ?

Depuis toute petite, mon rêve est de construire un haras et de vivre au milieu de mes chevaux.

Que faisiez-vous il y a dix ans, en 2007 ?

En 2007, cela faisait dix ans que Premier Création était née, puisqu’elle a vu le jour le 12 février 1997. Elle est devenue une pouliche de Groupe, puis la grand-mère de Sistercharlie (Myboycharlie). C’est une énorme fierté pour un éleveur de créer une souche ; c’est aussi un défi.

Comment vous voyez-vous évoluer, vous-même et/ou votre structure, dans dix ans ?

Je souhaite sélectionner encore davantage ma jumenterie, afin de mettre toutes les chances de mon côté pour élever un classique.

Nous avons demandé à un de vos proches de vous attribuer une qualité, parmi les dix listées ici : à l’écoute, calme, courageux, droit, enthousiaste, humble, infatigable, intelligent, original, sage… À votre avis, laquelle a-t-il choisie ?

C’est difficile pour moi de répondre. J’ai posé la question à mon mari, Patrick Chedeville, qui m’a dit : « Tu es droite et courageuse ! »

Nous avons demandé à un de vos proches de vous attribuer un défaut, parmi les dix listés ici : autoritaire, bavard, distrait, entêté, impatient, moqueur, possessif, rancunier, secret, stressé… À votre avis, lequel a-t-il choisi ?

Difficile aussi pour moi de répondre, alors j’ai aussi demandé à mon mari qui a dit : « Lequel dois-je supprimer ? Joker ! » (rires)

 

Qui est votre modèle dans le monde des courses ?

Paul Chedeville, le père de Patrick. Un homme que, malheureusement, je n’ai pas eu la chance de connaître. Il a été un pionnier pour son époque, en faisant venir en France des étalons américains, et il a élevé des chevaux classiques dont on trouve aujourd’hui encore le nom dans les souches des plus grands élevages européens.

Qui est votre modèle dans le monde tout court ?

Je ne veux pas citer une personne en particulier. Pour moi, l’exemple vient des personnes de l’ombre, qui font un travail extraordinaire au quotidien sans être l'objet d'un commentaire et sans qu’elles ne se mettent elles-mêmes en avant.

Que vous apprend une victoire ?

J’essaie toujours de fêter cela avec mes proches, autour d’un bon dîner. Une victoire se partage ; il faut en profiter tous ensemble. Mais la gloire ne dure que quelques instants et dès le lendemain, il faut se remettre au travail !

Que vous apprend une défaite ?

J’essaie d’analyser la course au calme pour trouver une solution et essayer d’améliorer la performance pour la prochaine fois.

APLAT

Le coup de cœur d’Antoinette Tamagni-Bodmer. La propriétaire du haras de Saint-Julien nous a présenté le lot 86, un mâle par Frankel et premier produit de sa jument de cœur, This Time. This Time a été une pouliche brillante à 2ans, remportant le Prix d’Arenberg (Gr3) et se classant deuxième du Critérium de Maisons-Laffitte (Gr2). À 3ans, elle a aussi terminé quatrième du Prix Imprudence (Gr3) et aurait mérité de remporter les Oak Tree Stakes (Gr3) si elle n’avait été malheureuse…

Yearlings consignés par le haras du Petit Tellier

 

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT (haras du Petit Tellier)

Lot Sexe Père Mère

86 M Frankel This Time

282 F Olympic Glory Watchful

304 M Dabirsim Blue Roses

321 M Myboycharlie Fragrancia

LES YEARLINGS DE LA VENTE V.2 (haras du Petit Tellier)

Lot Sexe Père Mère

342 M Olympic Glory Jules J

454 F Dabirsim Big Monologue

475 M Myboycharlie Femme Fatale