ADRIE DE VRIES : « JE PRENDS ENCORE BEAUCOUP DE PLAISIR À MONTER »

19.10.2017

ADRIE DE VRIES : « JE PRENDS ENCORE BEAUCOUP DE PLAISIR À MONTER »

Adrie de Vries, le plus célèbre des jockeys hollandais, a vu sa carrière prendre un nouvel essor il y a quelques années grâce au cheval arabe. Lauréat des plus belles épreuves réservées à la race (Emir's Sword, Kahayla Classic), le jockey de 48 ans se confie sur l'importance de sa rencontre avec ce cheval et sur son évolution.

The French Purebred Arabian. – Avez-vous toujours voulu être jockey ?

Adrie de Vries. – Oui, je n’ai jamais pensé à faire autre chose. J’ai grandi au milieu des chevaux car mon père était propriétaire. J’ai dû commencer à monter à l’âge de 6 ou 7 ans. Je n’ai jamais su faire autre chose.

Vous montez la majeure partie de la saison en Allemagne, mais vous n’hésitez pas à venir régulièrement dans le Golfe. Est-ce le goût de la compétition qui vous motive à voyager ainsi ?

Bien sûr, c’est toujours bon d’affronter les meilleurs jockeys au monde. J’ai été champion des Pays-Bas pendant treize ans mais quand je suis arrivé en Allemagne, j’ai vraiment progressé au contact des autres jockeys, et monter dans le Golfe est un bon moyen de s’améliorer face à la crème des jockeys.

Ce n’est pourtant pas dans le Golfe mais en France que vous avez croisé la route du cheval arabe, en remportant la Coupe d’Europe avec un certain Drug…

C’était il y a très longtemps ! J’étais très jeune. Drug était un cheval russe, difficile à monter comme beaucoup de chevaux arabes à l’époque. Ils ont beaucoup changé depuis. Je me souviens qu'il avait une tête magnifique. Cela a marqué le début de ma carrière avec ces chevaux. Cette victoire m’a beaucoup apporté et m’a fait connaître dans de nombreux pays arabes. Le propriétaire du cheval m’a ensuite permis d’aller à Abu Dhabi, puis à Dubaï où je retourne chaque année, comme au Qatar d’ailleurs.

Aujourd'hui, les chevaux arabes restent-ils différents à monter même s’ils ont évolué ?

Oui, ils restent encore un peu délicats. Ils peuvent toujours faire quelque chose d’inattendu et vous ne pouvez pas leur faire totalement confiance, notamment s’ils prennent l’avantage trop tôt. Tous les jockeys sont d'accord pour dire que le pur-sang anglais est plus facile à monter. Mais je le prends comme un challenge.

Richard Hills expliquait, dans une interview, qu’un jockey sachant monter un pur-sang arabe aussi bien qu’un pur-sang anglais, est un meilleur jockey. Êtes-vous d'accord avec cette affirmation ?

Tout à fait. Les chevaux arabes ne vous rendent pas le travail facile, mais si vous y arrivez, vous êtes un jockey plus complet.

Vous avez monté beaucoup de pur-sang arabes, mais s'il fallait n'en citer qu'un...

Jaafer ! Sur le dirt, il était extraordinaire… Il avait beaucoup de classe. C'est sans doute le meilleur cheval arabe que j’aie monté.

Vous avez désormais 48 ans. Pensez-vous à votre reconversion, peut-être en tant qu'entraîneur ?

Devenir entraîneur, cela a toujours été dans mes plans, mais ma carrière a vraiment pris son envol il y a quelques années seulement. Dix ans auparavant, je m’y préparais mais j’ai aujourd’hui 48 ans et je suis toujours jockey ! Je prends encore beaucoup de plaisir à monter. Je pense donc continuer encore un peu. Je ne suis pas tout à fait sûr de ce que je ferai ensuite, mais je me sens capable d'entraîner.