L’odyssée de Lanfranco Dettori, d’Ulysses à Almandin

Courses / 30.10.2017

L’odyssée de Lanfranco Dettori, d’Ulysses à Almandin

Par Franco Raimondi

Lanfranco Dettori a rangé dans sa valise ce lundi matin les souvenirs d’une grande saison européenne et a pris son avion pour San Diego, où il sera à l’œuvre pendant le week-end de la Breeders’ Cup. À l’heure du petit déjeuner, il a reçu une bonne nouvelle : avant de prendre quelques vacances, le pilote italien sautera dans un autre avion, direction Melbourne. Il sera en selle sur le favori Almandin (Monsun) dans la Melbourne Cup, en remplaçant de luxe de Damien Oliver. Les commissaires ont rejeté l’appel du jockey qui a reçu samedi une mise à pied (sévère) de vingt jours pour avoir gêné à plusieurs reprises un adversaire.

Un seizième essai. La presse australienne a tout de suite souligné que Frankie en sera à sa seizième monte dans la Melbourne Cup, une course qu’il n’a jamais remportée, bien qu’il ait pris les deuxièmes places avec Max Dynamite (12/1) en 2015 et Central Park (50/1) en 1999. Un lecteur sous un pseudo fantaisiste a commenté : « On peut rayer Almandin. Pour quelle raison ont-ils engagé un jockey qui a une longue histoire de favoris assassinés dans la Cup ? » Lanfranco rigole : « C’est beau d’avoir des amis de l’autre côté du monde… Heureusement, j’ai d’excellentes relations depuis plus de vingt ans avec Lloyd Williams, le propriétaire d’Almandin. J’avais monté pour lui Order of St George (Galileo) quand il a pris la troisième place dans l’Arc. Il m’avait prévenu ce week-end qu’il y avait une chance de remplacer Damien Oliver. Cette année, la Melbourne Cup est encore plus compliquée que d’habitude mais Almandin possède une belle chance, même s’il a été remonté de quatre kilos et demi par rapport au poids qu’il avait quand il a gagné l’année dernière. »

Une année 2017 inoubliable. La Melbourne Cup sera la dernière course de l’année pour Lanfranco qui a connu une saison assez exceptionnelle, avec neuf Grs1. La saison d'Enable (Nathaniel), de Cracksman (Frankel) mais aussi celle d’Al Wukair (Dream Ahead)… « C’est une saison inoubliable et il faut la terminer sur une note haute. La Breeders’ Cup est toujours un meeting excitant et cette année sera encore plus belle car on va découvrir un nouvel hippodrome, celui de Del Mar, qui, pour nous en Europe, est presque inconnu. Il ne s’agit pas d’un tracé facile, il a ses petits secrets et ses pièges. »

Del Mar et ses secrets. C’est pour cela que Lanfranco sera en piste dès mercredi sur l’anneau californien. Il explique : « Mon agent, Ray Cochrane, a pris contact avec celui de Flavien Prat pour récupérer quelques montes. Je veux jeter un œil à la piste parce que, déjà, pour les chevaux qui viennent de l’Europe, il n’est pas facile de se retrouver sur les pistes en Californie. Donc il faut que le jockey connaisse un peu la route…  En plus, presque toutes mes montes ont lieu sur le gazon. Sur le dirt, de ce qu’on m’a dit, c’est un peu la boîte aux surprises : soit un cheval s’adapte à la surface, soit il n’avance pas. Sur le gazon c’est différent, il faut aider le cheval à négocier les virages, découvrir s’il est préférable d’aller à la corde ou à l’extérieur. »

Deux montes pour Sir Michael Stoute. Tous les engagements de Dettori sont dans les courses sur le gazon, sauf celui avec Mopotism (Uncle Mo), une représentante de Paul Reddam au départ du Longines Distaff de vendredi. Et sur le gazon, un bon numéro à la corde est primordial. Frankie découvrira cela à son arrivée à Del Mar, car le tirage au sort a lieu dans la nuit de lundi à mardi. Son carnet comprend Queen’s Trust (Dansili), avec laquelle il a gagné le Filly & Mare Turf, les 2ans James Garfield (Exceed and Excel) et Juliet Capulet (Dark Angel), le français Karar XX (Invincible Spirit) dans le Mile et, surprise, Ulysses (Galileo), qu’il avait monté l’année dernière lors de sa quatrième place dans la Longines Breeders’ Cup Turf. Lady Aurelia (Scat Daddy) n’est pas dans le carnet de Frankie.  Il explique : « Aucune surprise, c’était l’accord depuis le début de saison, moi je la monte en Europe et John Velazquez aux États-Unis. »

Karar en mode Californie. Cette année, Lanfranco n’a jamais été associé au pensionnaire de Sir Michael Stoute. Il est très heureux de le retrouver : « Ulysses est un très bon cheval et l’a démontré tout au long de la saison. Il n’a été battu que quand il a rencontré Enable ainsi que dans les Prince of Wales’. Je pense qu’il peut s’adapter au parcours. Highland Reel est toujours redoutable mais on va lui donner chaud. Toutes mes autres montes ont des bonnes chances. Queen’s Trust trouvera enfin son terrain, James Garfield et Juliet Capulet sont des gagnants de Groupe et Karar est un cheval qui possède beaucoup de vitesse et peut progresser sur une piste américaine. »

Frankie et les fils de Galileo. Dettori en selle sur un fils de Galileo, cela n’est pas commun. Question pour un champion (jockey) : « Avec quel fils de Galileo as-tu gagné un classique et avec lequel as-tu remporté le Breeders’ Cup Turf ? » Réponse : « Je donne ma langue au chat ! »  « Somaro (bourrique en italien) !  En septembre 2006, tu as gagné le St Leger avec Sixties Icon et deux mois plus tard la Breeders’ Cup Turf avec Red Rocks… »