Ventes au Kentucky : l’impact d’American Pharoah

Institution / Ventes - International / 06.11.2017

Ventes au Kentucky : l’impact d’American Pharoah

Par Franco Raimondi

Chez nous, en Europe, ce n’est pas commun. Les chefs-d’œuvre de la nature, les grandes championnes, ne passent pas aux ventes. Soit elles sont gardées par leurs éleveurs, soit elles sont achetées par les grands éleveurs avant la fin de leur carrière. Aux États-Unis, il peut arriver que des stars comme Songbird (Medaglia d’Oro), Tepin (Bernstein) ou Stellar Wind (Curlin) passent sur un ring. Les chefs-d’œuvre ne font pas la tendance et, en attendant de découvrir qui achètera ces championnes, nous avons choisi un autre angle pour parler des grandes ventes d’élevage au Kentucky, qui ont démarré ce lundi soir chez Fasig Tipton pour continuer mardi à Keeneland.

Secretariat, 28 produits. L’un des faits marquants est le passage sur le ring des premiers foals d’American Pharoah (Pioneerof the Nile), le crack qui a remporté la Triple couronne 37 ans après Affirmed (Exclusive Native). Ils sont 28, 6 chez Fasig Tipton et 22 chez Keeneland. Il s’agit d’une offre assez importante parce que la génération 2017 du champion compte 163 foals. Il est impossible de comparer des époques différentes. Le premier fils de Secretariat (et Dahlia !) avait été acheté yearling, en juillet, à Keeneland. Le Canadien Ted Burnett et John Sikura avaient sorti 1,5 million de dollars, soit presque 6,5 millions d’aujourd’hui, pour l’avoir. C’était une pièce très rare parce que Secretariat n’avait que 28 produits issus de sa première saison, alors qu’American Pharoah en a 28 à vendre...

Frankel, une petite offre. Le jeu que l’on vous propose est la comparaison entre les premiers foals issus de quelques autres grands champions de notre époque. Le cas plus récent est celui de Frankel (Galileo). Sa première production comptait 119 sujets nés en 2014. Sept d’entre eux sont passés en vente en Europe et trois ont trouvé preneur à un prix moyen de 647.884 Gns avec un top price de 1,8 million d’euros payés par l’Australien Paul Makin pour une pouliche issue de la championne Finsceal Beo (Mr Greeley). Les trois vendus sont toutes des femelles et une autre pouliche fut proposée et vendue par Qatar Bloodstock au Japon pour 96 millions de yens, presque 700.000 €.

Sea the Stars, très prisé.  Les premiers Sea the Stars (Cape Cross) ont été proposés en 2011. Le champion de la famille Tsui avait 115 foals, dont 14 sont passés en Europe et presque tous (13) vendus pour un prix moyen de 324.086 Gns et un top price de 850.000 €. Il s’agissait d’un mâle élevé par Jim Bolger et acheté par les Tsui. Il faut noter aussi que Sea the Stars, qui officie à Gilltown Stud, le haras irlandais de Son Altesse l’Aga Khan, appartient encore à son éleveur et plusieurs de ses produits sont le fruit d’accords de foal-sharing.

Les records de Deep Impact. La première génération de Deep Impact (Sunday Silence) a fait son apparition sur le ring d’Hokkaido en 2008. Il était déjà l’étalon plus cher du marché lors de ses débuts, en affichant un tarif de 12 millions de yen, soit 71.000 €. Il a produit 147 foals, dont 36 (24,4 %) sont passés aux ventes J.R.H.A. Une offre énorme, même si au Japon, plusieurs propriétaires préfèrent acheter les foals que les yearlings. Tout le monde en voulait ! Deep Impact a enregistré un top à 220 millions de yens (1,3 million d’euros), trois autres sujets à plus de 100 millions et huit des dix lots les plus chers. Le jeune étalon avait engendré un chiffre d’affaires de 1.910 millions de yens (11,33 millions d’euros) et un prix moyen de 361.000 €.

Les premiers foals de quatre étalons de légende

Étalon                    Prix (€)         Année       Foals     Prés.      Ven.          Prix moyen (€)            Top price (€)

Galileo                   60.000          2003         123        17          13             216.612                      494.292

Deep Impact          71.000          2008         147        36          31             361.000                      1.300.000

Sea the Stars          85.000          2011         115        14          13             435.984                      850.000

Frankel                   150.000        2014         119        8            4               788.283                      1.800.000

Galileo, une autre époque. Le grand Galileo (Sadler’s Wells) n’était pas aussi attendu. Sa première production, issue de saillies vendues 60.000 €, a eu un bon accueil avec 13 vendus sur 17 et un prix moyen de 144.000 Gns. Le futur Champion Sire avait terminé sa carrière sur deux défaites mais ce n’est pas pour cette raison que ses premiers foals ne furent pas l’objet de folies. C’était en 2003, donc il n'y a pas loin de quatorze ans, mais le marché du pur-sang était moins dépendant du buzz de la mode et de la publicité.

Neuf millionnaires en puissance. Lundi soir, le premier American Pharoah entre dans le ring de Fasig Tipton et l’attente est énorme. Le champion affichait un tarif de 200.000 $ en 2016 et parmi son premier cru sur le marché, on compte cinq poulains et pouliches issus de gagnantes de Gr1 et quatre frères ou sœurs de lauréats de Gr1, dont un demi frère de Caravaggio (Scat Daddy). Il s’agit de neuf lots millionnaires en puissance. Combien d’acheteurs signeront un bon d’achat à sept chiffres ?