L’EMIR’S SWORD 2018, UNE DES ÉPREUVES LES PLUS RELEVÉES DE L’HISTOIRE DES COURSES DE PUR-SANG ARABES

15.03.2018

L’EMIR’S SWORD 2018, UNE DES ÉPREUVES LES PLUS RELEVÉES DE L’HISTOIRE DES COURSES DE PUR-SANG ARABES

DOHA (QA), 24 FÉVRIER

Ryan Skelton est le handicapeur officiel du Qatar and Racing Equestrian Club (Qrec). À ce titre, il est un observateur privilégié de l’évolution des courses dans le pays. Ce Britannique nous a donné son sentiment sur le niveau de la compétition locale, à quelques jours de la plus belle réunion hippique de l’année, le 24 février à Doha.

Jour de Galop. – Quel a été votre parcours hippique avant d’accéder à ce poste ?

Ryan Skelton. Je suis né au Zimbabwe, où j’ai débuté ma carrière de handicapeur avant de prendre la direction de l’Afrique du Sud. J’officie au Qatar depuis douze ans et je constate que le niveau des courses s’est considérablement amélioré. Chez les pur-sang arabes, l’édition 2018 de l’Emir’s Sword (Gr. I PA) a rassemblé trois des meilleurs chevaux au monde qui ont d’ailleurs constitué le podium de la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA) : Yazeed (Munjiz), Ebraz (Amer) et Gazwan (Amer).

Que pensez-vous du niveau de l’Emir’s Sword, la grande course des pur-sang arabes ?

Le niveau est toujours très bon dans cette épreuve. Mais tout pousse à croire que nous allons assister à une grande édition. Certainement l’une des plus relevées de l’histoire. Et peut-être même l'une des meilleures épreuves depuis que l’on fait courir des pur-sang arabes à l’international. Ebraz est vraiment un très bon poulain et il n’a été battu que par Yazeed, à plusieurs reprises, qui a vraiment une qualité peu commune. La valeur de ces deux chevaux n’est pas éloignée, 127 pour le premier et 126 pour le deuxième. Nous allons assister à un beau match. Il ne faut pas oublier Gazwan, qui répond souvent présent pour les grandes occasions, même s’il lui manque certainement une course préparatoire. Ce dernier a battu une liste impressionnante de bons chevaux pendant sa carrière, dont Al Mourtajez (Dahess), Yazeed, Ebraz… On peut difficilement trouver mieux avec les pur-sang arabes sur le gazon. En outre, il faudra suivre avec attention Chaddad (Mared Al Sahra). Il a eu des problèmes, mais sur sa meilleure valeur, c’est un très bon cheval. Enfin, Shabih Alreeh (Jaafer ASF) vient de se classer deuxième d’une course à un million de dollars en Arabie Saoudite.

Comment faites-vous pour évaluer le niveau des chevaux acquis à l’entraînement en Europe pour faire carrière au Qatar ?

Les ratings attribués ici sont comparables à ceux qui sont donnés à l’international. Dès lors, nous pouvons nous baser sur ces chiffres pour situer le niveau d’un nouveau venu au Qatar. Néanmoins, il est toujours intéressant de regarder comment le cheval s’habitue au contexte local. Au bout de deux ou trois courses à Doha, on y voit généralement plus clair sur ce point.

Comment évoluent l’entraînement et l’élevage local ?

Au Qatar, il existe quatre catégories de compétitions. Nous avons des épreuves de chevaux de toute provenance et d’autres réservées à ceux élevés au Qatar, pour les pur-sang anglais comme pour les pur-sang arabes. L’élevage local de pur-sang arabes est fort, et d’ailleurs, des sujets nés au Qatar ont remporté des Groupes I PA à l’international. Nous avons donc un peu réduit le nombre de courses réservées aux chevaux arabes issus de l’élevage local pour qu’ils se confrontent plus régulièrement aux importés, car ils en ont le niveau. En contrepartie, ceux qui terminent parmi les cinq premiers reçoivent une prime. D’une manière générale, au Qatar, le nombre de pur-sang arabes est stable, avec une population de très grande qualité. Enfin, au sujet de l’entraînement, on peut constater l’amélioration du niveau des professionnels locaux. C’est lié au fait que les épreuves internationales permettent de pousser tout le monde à se confronter à la concurrence extérieure et ainsi essayer d’améliorer son niveau de performance. En outre, dans un monde ouvert, les gens voyagent, ce qui est formateur. La compétition chez les pur-sang arabes est souvent dominée par Al Shahania et Umm Qarn. Mais pour les pur-sang anglais, avec l’arrivée de très bons chevaux importés, la compétition est très ouverte entre les différentes casaques locales. Par exemple, Khalifa bin Sheail Al Kuwari connaît une belle réussite avec les chevaux qu’il achète à l’étranger, souvent en France d’ailleurs, dans les deux races. Avec Easter de Faust (Mahabb), il dispose d’une pouliche pur-sang arabe dotée de grandes qualités.

La population du Qatar s’intéresse beaucoup au sport et au football en particulier. Quelle est la place des courses dans la culture locale ?

Le cheval fait partie de la vie des pays arabes. C’est un élément majeur de leur culture. L’hippodrome de Doha rassemble un public nombreux pour les réunions de prestige. En sachant que les gens viennent uniquement pour l’aspect sportif car il n’y a pas de paris hippiques au Qatar. C’est moins évident pour les réunions qui ne constituent pas de grands rendez-vous et les autorités sont à la recherche de solutions pour améliorer la situation.