À LA DÉCOUVERTE DU BERLAIS - AU PAYS DES HOMMES DE CHEVAUX

21.01.2019

À LA DÉCOUVERTE DU BERLAIS - AU PAYS DES HOMMES DE CHEVAUX

Quel haras peut se prévaloir d’avoir vu grandir, en l’espace de six saisons, des lauréats de Groupes I en plat, sur les obstacles et avec les pur-sang arabes ? C’est le Berlais ! Jean-Marc et Cécile Lucas nous ont ouvert les portes de cette structure à cheval entre polyvalence et exigence 

Le haras du Berlais présente la particularité d’accueillir, aux côtés des juments pur-sang arabes de plusieurs grands propriétaires, la jumenterie personnelle d’entraîneurs français ayant fait leurs preuves au meilleur niveau avec les pur-sang anglais (François Rohaut, Robert Collet et Xavier Thomas-Demeaulte). La confiance de ces hommes de chevaux atteste du crédit que le haras du Berlais s’est forgé au fil des années. Cette évolution n’est pas le fruit du hasard, car les Lucas sont eux-mêmes des hommes de chevaux et ils le prouvent en étant capables d’élever des gagnants dans toutes les disciplines…

VOUS AVEZ DIT POLYVALENCE ?

Pour être tout à fait objectif, il faut savoir que la polyvalence du haras du Berlais s’exprime bien au-delà des courses au galop. Situé au sud de Poitiers, il a aussi été le berceau de gagnants internationaux en concours hippique… et d’une importante production de mules du Poitou ! Les environs de Ceaux-en-Couhé ont par le passé été un très important centre de production de mules du Poitou. Plus d’un demi-siècle après la disparition de cette filière, il est difficile de mesurer l’importance que ce véritable secteur économique a pu avoir. Elle faisait vivre une part importante de la population locale, de l’élevage jusqu’au commerce en passant par le dressage. Dans un monde beaucoup moins mécanisé, la mule du Poitou était considérée comme une production d’excellence, exportée aux quatre coins du globe, avec un véritable savoir-faire et une réelle valeur marchande. Le grand-père de Jean-Marc Lucas, lui aussi reconnu comme un véritable homme de cheval, était l’un des principaux acteurs du secteur mulassier. Son gendre, ingénieur agronome, n’a pas voulu suivre cette voie. Les terres furent donc dévolues aux grandes cultures.

CHASSEZ LE NATUREL… IL REVIENT AU GALOP

Parfois, la passion saute une génération. Et c’est Jean-Marc Lucas qui a très progressivement fait revenir les chevaux au Berlais. Du sortir de la guerre jusqu’aux années 1980, la région de Poitiers fut le quartier général de deux grands hommes de chevaux qui s’intéressaient à toutes formes de compétition et qui ont profondément marqué l’histoire équine de l’Hexagone : André Mage et Jean de Laurière. Ces deux hommes de grande classe sont devenus, au fil des ans, des dénicheurs de talent reconnus du côté des sports équestres. Leur spécialité ? Battre les campagnes de France pour trouver la perle rare, c’est-à-dire le foal qui sera un jour un cheval olympique ou un grand étalon. Leur influence, tant dans les palmarès que dans les stud-books, est encore tangible. Jean de Laurière a d’ailleurs fondé les ventes de Poitiers, les premières vacations aux enchères réservées aux chevaux de selle en France. Il était le seul capable de rivaliser avec l’immense Alfred Lefevre. Ce dernier, depuis son fief normand, était surnommé l’homme aux mille chevaux et il dominait alors le commmendraerce du cheval en Europe, vendant et achetant depuis l’Union Soviétique jusqu’à l’Afrique subsaharienne. C’est au contact de ces spécialistes de la conformation, capables de détecter et de vendre tous types de chevaux, que Jean-Marc Lucas a entamé sa formation. Jean de Laurière lui ouvrira les yeux en réveillant la vocation d’éleveur qui sommeillait en lui. André Mage lui vendra sa première poulinière, une pur-sang arabe, la désormais célèbre Nefta (Saint Laurent). Et ils avaient vu juste.

AU SOMMET DE LA POLYVALENCE

Cette jument aura une production absolument exceptionnelle et sans équivalent du point de vue de la polyvalence. Sa capacité à produire sur tous les fronts fut en quelque sorte le signe avant-coureur de l’explosion tous azimuts du Berlais… quelques décennies plus tard. Nefta a en effet donné des gagnants en plat dans les courses de pur-sang arabes, ainsi que deux étalons qui sont encore bien présents dans l’actualité. Njewman (Djourman et Nefta) est à l’origine de nombreux gagnants de Groupes I PA, en tant que père et en tant que père de mère. Nuits St Georges (Dunixi) est le père de mère du crack et désormais étalon Al Mourtajez (Dahess). Nefta est par ailleurs l’aïeule d’Adhiana (Adieu Au Roi), lauréate de vingt-trois courses dans le circuit anglo-arabe. Certains étalons de sa descendance, comme Nuits St Georges, Newday (Djelfor) ou Jaman (Dormane) ont donné de bons gagnants en endurance. Enfin, Nefta est l’aïeule de très bons gagnants en CSO, dont quatre dans des épreuves de niveau professionnel ou international : Noble Mer (Véloce de Favi) ISO 152, Nuance de Rêve (Fol Avril) ISO 141, Pak du Berlais (Kashtan) ISO 149 et Mack du Berlais (Greyhound) ISO 152. Jean-Marc Lucas se souvient : « Nefta n’était pas très grande, mais elle était compacte et cylindrique. Un peu comme son fils Njewman. C’était une alezane avec beaucoup de prestance : le vrai modèle du pur-sang arabe français. Je l’ai vendue à la jumenterie de Pompadour au moment de mon départ à l’étranger. Les victoires de Groupe I PA de Macaste (Munjiz) et de l’élève des écuries royales d’Oman Nafees (Azadi) me sont d’autant plus sympathiques qu’ils ont grandi au Berlais et que leurs mères sont des filles de Njewman. »

SE FORMER ET DÉCOUVRIR D'AUTRES PRATIQUES

Dès ses début dans l’élevage, que ce soit avec les anglo-arabes de course (comme Albert du Berlais, lauréat du Grand Prix des Anglos à Longchamp) ou les selles français pour les sports équestres, Jean-Marc Lucas a obtenu de bons résultats. Mais, rapidement, au début des années 1980, il va prendre deux décisions qui vont donner un nouvel élan à sa carrière. Partir aux États-Unis, pour apprendre l’anglais et découvrir d’autres pratiques. Puis réorienter sa jumenterie personnelle vers les courses d’obstacle à son retour en France. Après trois décennies sans pur-sang arabes, ces derniers sont revenus en force au haras du Berlais au milieu des années 2010.

LE RETOUR DES PUR-SANG ARABES

Jean-Marc Lucas nous a expliqué : « Au moment où le taux de T.V.A. a augmenté, certains propriétaires ont arrêté d’élever. Il fallait donc remonter les effectifs. Dès lors, revenir aux pur-sang arabes m’a semblé une évidence mais aussi un nouveau challenge. C’est par l’intermédiaire de Jean-Pierre Deroubaix que les écuries royales d’Oman ont commencé à élever au Berlais. Valentin Bukhtoyarov et Al Shaqab Racing sont arrivés dans un second temps. En parallèle, mon ami Martial Boisseuil, la bible du stud-book pur-sang arabe, m’avait fait acheter une paire de juments arabes. Il me faisait en quelque sorte réviser mes leçons, pour me remettre dans le bain ! Je le connais depuis très longtemps. À l’époque où il était entraîneur, j’avais placé des chevaux chez lui et, parmi ses lads, on trouvait un certain Arnaud Chaillé-Chaillé ! Martial Boisseuil est toujours de bon conseil lorsque j’ai besoin d’informations sur une origine. Au total, nous hébergeons une trentaine de juments arabes. Ces trois propriétaires nous confient de très bonnes juments et elles produisent des gagnants. Travailler avec des pedigrees d’une telle qualité, c’est très motivant et cela laisse espérer de belles victoires pour leurs casaques à l’avenir. À nous de bien faire notre travail. Au Berlais comme ailleurs dans le grand Sud-Ouest, les pur-sang arabes occupent une grande place. Sur le plan sportif bien sûr, mais également au niveau économique. Ces courses sont nécessaires à la filière hippique française. Beaucoup de professionnels de l’élevage ou de l’entraînement leur doivent beaucoup. C’est une race qui est bien mise en valeur en France et qu’il faut respecter. Vu de l’extérieur, il est parfois difficile de mesurer le niveau de compétitivité de ce programme. Dans les faits, la compétition est extrêmement relevée entre les grandes écuries. Aujourd’hui, il y a beaucoup de bons chevaux, très bien nés, avec des éleveurs qui investissent beaucoup. C’est aussi une ouverture à l’international pour des entraîneurs qui n’auraient parfois jamais pu courir hors de France sans les pur-sang arabes. Et l’horizon ne cesse de s’élargir pour ces chevaux. Peut-être qu’un jour, par exemple, les courses russes seront ouvertes aux sujets entraînés hors de leurs frontières. Notre chance, c’est que le monde entier veut élever et faire courir en France. Et cela mérite le respect. »

LA COMPÉTITION INTERNATIONALE

« Une des choses formidables avec les pur-sang arabes, c’est qu’ils correspondent à une réalité mondiale. Ils ont des courses un peu partout à travers le monde. Cela a poussé Berend van Dalfsen à se lancer dans l’aventure en investissant dans des juments arabes, tout en ayant plusieurs chevaux à l’entraînement. C’est une personne qui n’a pas d’œillères et qui aime courir à l’étranger. Il a connu une belle réussite avec les pur-sang anglais élevés au haras du Berlais. Je pense notamment à Turtle Bowl (Prix Jean Prat, Gr. I), Bannaby (Prix du Cadran, Gr. I), Irish Wells (Grand Prix de Deauville, Gr. II, deux fois), Finsbury Square (Prix de Meautry et Prix de Saint-Georges, Gr. III), Age of Aquarius (Derby Trial, Gr. I), Bal de la Rose (Prix André Baboin, Gr. III)… Sans que cela soit intentionnel, ses deux meilleurs élèves ont brillé en Russie ! Avonmouth (Cambrydge) a gagné sept Groupes dans ce pays, dont plusieurs Groupes I PA. De même, Mascate (Munjiz), dont je suis le coéleveur et qui est issu d’une mère par Njewman, s’est imposé dans la Great Moscow Cup (Gr. I PA). Nous allons d’ailleurs nous rendre en Russie pour voir leurs grandes courses, suite à ces bons résultats. L’effectif de Valentin Bukhtoyarov, un client russe, est suivi par Jean-Pierre Deroubaix et Eugene Kappushev. Ce client ne nous a pas rejoints suite aux victoires de Mascate et d'Avonmouth, mais elles l’ont conforté dans son choix de nous confier des juments. C’est ça la mondialisation. »

UNE JUMENTERIE EXCEPTIONNELLE

Pas moins de dix-huit juments arabes ayant gagné des Groupes ou produit à ce niveau sont stationnées au haras du Berlais. Al Shaqab Racing a confié huit poulinières à cette structure, dont les jeunes Al Fahda (Qatar Arabian Trophy des Pouliches, Gr. I PA), Bint Jakkarta (Al Rayyan Cup - Prix Kesberoy, Gr. I PA), Jeyoosh (Grand Prix de S.A.R. le Prince Héritier Moulay El Hassan, Gr. III PA)… Les écuries royales d’Oman ont envoyé dix-sept juments au Berlais, dont Samima (Qatar Cup - Prix Dragon & Qatar Total Arabian Trophy des Juments, Gr. I PA), Maxensse (Qatar Oaks, Gr. II PA), Djebelia Al Mels (Prix Nefta, Gr. II PA), Sahlambo (Critérium des Pouliches, Gr. II PA), Starmania (la mère de Worood), Vivamaria (la mère de Nafees), Worood (Prix Nevadour, Gr. III PA), Vahess du Croate (Prix de l’Élevage et Prix Nevada II, Grs II PA), Karimah (French Arabian Breeders Challenge Pouliches - H.H. Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Cup, Gr. II PA), Rhoda du Paon (Prix Al Sakbe, Gr. III PA) et la championne Sylvine Al Maury (huit Groupes dont quatre Groupes I PA). Valentin Bukhtoyarov a confié à Jean-Marc et Cécile Lucas deux juments ayant produit un gagnant de Groupe I PA, Mendra (la mère de Manark) et Mlaika (la mère de Radames). Berend van Dalfsen est représenté par Anastasya (la mère de Dubai Heros et Avonmouth). Mhaya (la mère de Mascate) a été vendue à Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, mais elle reste stationnée au haras du Berlais.

UN TERROIR MAÎTRISÉ ET DES RÉSULTATS

La qualité des installations du Berlais est impressionnante. Mais la véritable valeur d’un haras est invisible à l’œil nu : ce sont les compétences et le sérieux du personnel, ainsi que la qualité des herbages. Jean-Marc Lucas nous a expliqué : « Nous faisons attention à ne pas surcharger nos terres. Nous avons en permanence, sur nos 180 hectares, 30 à 40 qui restent libres, pour pouvoir faire tourner les chevaux sur les herbages. Notre terroir est un peu séchant et nous en avons fait une force. Nous pouvons en effet maîtriser de manière précise sa richesse, avec les amendements bien sûr mais également du fait que nos parcelles disposent d’un système d’irrigation relié à une importante retenue d’eau qui nous appartient. Nos herbages sont donc toujours verts, même si en fin d'été, nous faisons appel à l'irrigation. En ce qui concerne les pur-sang arabes, il faut bien sûr veiller à ne pas les suralimenter. De même nous essayons de les faire évoluer sur des terrains plus calcaires. Notre nutritionniste effectue un suivi précis de chaque cheval et les pur-sang arabes ont droit à une alimentation spécifique. Nous voulons produire des chevaux de course et à ce titre, il faut éviter la surcharge pondérale. » Les résultats ne se sont pas fait attendre avec déjà huit gagnants de Groupe, dont quatre au niveau Groupe I PA : Nafees (Qatar Derby des Pur-Sang Arabe de 4 ans & UK Derby, Grs I PA), pour les écuries royales d’Oman, Aba’Ath (Qatar International Cup & Qatar Derby, Grs I PA), Mascate et Avonmouth.

LES ROHAUT, TOUTE UNE AVENTURE

François Rohaut a entraîné pas moins de sept gagnants de Groupe qui ont grandi au Berlais. Le Palois a aussi connu une belle réussite avec ses juments personnelles qui sont stationnées dans ce haras. Il est en effet l’éleveur de Baie (Prix de Psyché, Gr. III), Baldwina (Prix Pénélope, Gr. III), Baïne (deuxième de la Poule d’Essai des Pouliches, Gr. I)… Jean-Marc Lucas nous a confié : « C’est le père de François Rohaut qui a commencé à élever ici. Bapaume (AES Champion Four Year Old Hurdle, Gr. I) a d’ailleurs vu le jour au haras du Berlais pour le compte de Maurice Rohaut-Léger. Et aujourd’hui, c’est son fils qui a pris le relais en nous confiant ses poulinières. Nous leur devons beaucoup. Les visites de Maurice Rohaut-Léger étaient très instructives. Il m’a appris ou fait remarquer beaucoup de choses. Il nous a malheureusement quittés et c’est une personne à laquelle je souhaite rendre hommage. C’est tout de même l’éleveur de Cadoudal, un chef de race en France pour l’obstacle, et de Balbonella, la mère du grand étalon Anabaa. Après avoir élevé chez lui pendant longtemps, il avait fait le choix de me confier ses juments. C’était vraiment un honneur. »

SON MEILLEUR SOUVENIR EN PLAT

Avec les pur-sang anglais, il est une course qui garde une place toute particulière dans la mémoire de Jean-Marc Lucas : « C’est le Prix Jean Prat de Turtle Bowl (Dyhim Diamond). Il a été élevé au haras du Berlais et courait sous les couleurs de Berend van Dalfsen. C’était vraiment un bon cheval et avec ce Groupe I, il nous a offert un superbe souvenir. Je ne peux pas oublier la deuxième place de Baïne, dans la Poule d’Essai. Là encore, c’est une belle histoire. Mais Turtle Bowl, c’est aussi le lien avec Dyhim Diamond (Night Shift), un étalon que j’ai acheté et qui a fait la monte ici. J’ai cru en lui et il nous apporté beaucoup de satisfaction. Il est le père ou le grand-père de plusieurs bons chevaux qui ont grandi au Berlais, comme Lucayan, Bannaby, Finsbury Square… Mais avec Dyhim Diamond, on mesure également la difficulté à faire "émerger" un étalon de plat hors de Normandie. Il n’a pas énormément sailli, et surtout il n’a pas forcément rencontré la jumenterie idéale pour sortir du lot. Mais il me plaisait et on lui doit tout de même de très bons chevaux comme ceux cités précédemment, mais également Milanais [deuxième de la Poule d’Essai des Poulains, Gr. I, ndlr]. Son fils Turtle Bowl a lui aussi produit des gagnants de Groupe I avant d’être vendu comme étalon au Japon. »

SE CONCENTRER SUR L’ÉLEVAGE

« Avec le temps, j’ai compris que nous nous éparpillons trop avec la monte. Plusieurs centaines de juments venaient à la saillie et cette double activité ne nous permettait pas de suivre la jumenterie en pension aussi bien que nous le souhaitions. Il fallait donc faire un choix et compte tenu de l’évolution de la filière, nous avons décidé il y a une dizaine d'années de nous concentrer sur l’élevage, avec les poulinières de nos clients et les nôtres. En abandonnant l’étalonnage, nous pouvons nous concentrer à 100 % sur les juments et leur descendance. Cela implique que nous fassions de la route pour aller à la saillie. Mais nous sommes équipés pour cela et les juments font l’aller-retour dans la journée. Les pur-sang arabes sont la plupart du temps inséminés sur le haras, où nous sommes bien équipés pour cela. Mon épouse gère toute la partie insémination et gynécologie, mais également le suivi des foals, ce qui est un travail colossal à l’échelle d’une saison. Je prends le relais lorsqu’ils sont yearlings. Je m’occupe également de la gestion du haras et du contact avec les clients. »

ÉTABLIR UNE RELATION DE CONFIANCE

« Quoi que nous fassions, je souhaite que nous le fassions bien. Et c’est aussi la raison pour laquelle j’essaye de travailler avec des propriétaires avec lesquels on peut se projeter dans le long terme. Des affinités se créent. Quand les chevaux restent longtemps et sur plusieurs générations dans un haras, cela vous permet d’accumuler des observations, de mieux les comprendre et de bien les connaître. C’est aussi comme cela que l’on améliore le service et que l’on peut donner des conseils constructifs. Dès lors, nous n’avons pas un nombre excessif de propriétaires. Et c’est un avantage, car ils savent que nous gardons une faible densité de chevaux. D’autre part, il y a un peu un esprit "club house" et ils n’hésitent pas à parrainer des personnes de confiance qui voudraient nous confier leurs juments. C’est ainsi que Xavier Thomas-Demeaulte et Roberto Cocheteux nous ont rejoints. Côté pur-sang arabes, nous sommes en contact avec les racing managers comme Nicolas de Watrigant [Al Shaqab Racing] et Jean-Pierre Deroubaix [Royal Cavalry of Oman et Valentin Bukhtoyarov]. Avec ces personnes, on peut parler de professionnel à professionnel. Ils savent ce que c’est que de travailler avec du vivant. Même si vous faites bien les choses, il y a des aléas. Le fait que des professionnels comme Robert Collet, ou ceux cités précédemment, nous fassent confiance pour élever leurs chevaux est gratifiant. Nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne qui mène jusqu’à la victoire… mais toutes les étapes sont importantes. Ici, les poulains sont suivis de manière très précise. Nous avons un maréchal-ferrant qui travaille pour nous tous les matins. Le haras est équipé pour les analyses de sang. Et nous ne travaillons pas avec des stagiaires : le personnel d’élevage est compétent et présent sur le long terme. Beaucoup viennent des sports équestres et ils apprécient le fait de pouvoir travailler dans de bonnes conditions, dans un contexte où il y a les moyens nécessaires pour bien faire son travail. »