Mathieu Pitart et Nicolas Gauffenic, destins croisés

Courses / 18.04.2018

Mathieu Pitart et Nicolas Gauffenic, destins croisés

Par Alice Baudrelle

L’entraîneur Mathieu Pitart et le jockey Nicolas Gauffenic ont remporté leur premier Groupe le 7 avril dernier grâce à Wildriver (Willywell). La représentante de Marc Pimbonnet et de Jean-François Anthore a survolé le Prix de Pépinvast (Gr3). Nous avons profité de ce premier succès de prestige pour en savoir plus sur les deux protagonistes.

Jour de Galop. – Comment a récupéré Wildriver suite à son succès dans le Prix de Pépinvast (Gr3) ?

Mathieu Pitart. – La pouliche est très bien rentrée de sa course. Il faut dire que Nicolas Gauffenic l’a montée de main de maître. Elle a repris de la fraîcheur ! Son prochain objectif est le Prix Alain du Breil (Gr1), le 19 mai. C’est une pouliche qui a besoin de récupérer entre ses courses. Nous allons donc tout faire pour l’amener au top pour la "bonne". Si vous allez voir Wildriver dans son box, vous serez surpris de voir à quel point elle est calme. Mais dès qu’elle met un pied sur la piste, c’est une vraie jument de course !

Beaucoup de gens m’ont félicité après sa victoire dans le Pépinvast, en me disant que ça faisait longtemps qu’ils n’avaient pas vu une telle émotion sur l’hippodrome d’Auteuil. Cela m’a vraiment touché.

Comment êtes-vous arrivé dans le milieu des courses ?

Je ne suis pas issu du sérail. Mais quand j’étais jeune, je n’étais pas passionné par l’école. Je montais à poney et c’est ma mère qui m’a poussé à entrer à l’Afasec, à l’âge de 14 ans. Je suis entré au service de Marc Pimbonnet, et j’y suis resté jusqu’à mon installation. Je n’ai connu qu’un autre patron en la personne de Jacques Ortet, chez qui j’ai travaillé durant un an. Mais j’ai fini par retourner chez mon patron d’apprentissage. Marc Pimbonnet est comme un père pour moi. C’est lui qui m’a confié Wildriver, ma première pensionnaire, avec l’aide de son éleveur, Éric Bietola.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à devenir entraîneur ?

J’ai été jockey d’obstacle pendant plus de quinze ans. J’ai accumulé treize fractures au total, qui me faisaient de plus en plus mal au fil du temps. Et lorsqu’on a des enfants, on commence à réfléchir à changer de métier… J’ai toujours aimé prendre des initiatives et préparer les chevaux pour les courses. C’est ce qui m’a poussé à franchir le pas. J’ai l’envie, tout simplement !

Où et comment êtes-vous installé ?

Je me suis installé en novembre dernier, à Chazey-sur-Ain. Je gère actuellement un effectif mixte de dix chevaux. Je suis particulièrement fasciné par les 2ans, ces bébés que nous voyons évoluer, qui font de la croissance… Mais j’entraîne les chevaux que mes clients me proposent. Je m’occupe donc aussi bien de chevaux de plat que de chevaux d’obstacle. Jean-Pierre Gauvin m’a confié une 2ans que j’aime bien. Elle s’appelle Sweety Willy (Willywell) et elle devrait débuter à Vichy. J’entraîne aussi une 3ans, Willytova (Willywell), qui va débuter en haies le 22 avril à Lyon-Parilly. Elle a un bon comportement sur les obstacles le matin. Si elle montre la même chose l’après-midi, elle devrait nous faire plaisir.

 

Jour de Galop. – Comment êtes-vous devenu jockey ?

Nicolas Gauffenic. - Mon père avait un ami éleveur, chez lequel je suis allé monter à cheval plusieurs fois. J’ai ensuite beaucoup fait de CSO. J’ai même été sacré champion du monde de saut d’obstacle par équipes à Lamotte-Beuvron, à l’âge de 13 ans. J’ai pu ainsi apprendre les bases de l’équitation, mais ce qui me plaisait vraiment, c’était la vitesse. Je suis donc entré en apprentissage au service de Jean-Paul Delaporte, chez qui je suis resté quatre ans. C’est lui qui m’a fait débuter en plat et qui m’a fait gagner ma première course avec Cuban (Ski Chief), en 2011. Mais il n’avait plus beaucoup de chevaux, donc il m’a envoyé chez Cédric Boutin, chez lequel j’ai travaillé durant cinq ans. Ce dernier m’a fait débuter en obstacle. Je commençais à avoir des problèmes de poids et j’ai toujours affectionné cette discipline. J’ai gagné 22 courses en plat et 34 en obstacle.

En 2013, vous avez eu un grave accident…

Je suis tombé en course avec Mallorca (Falco) à Clairefontaine. J’ai eu deux vertèbres fracturées, et une vertèbre fêlée à huit endroits… J’ai été opéré et j’ai dû subir un an et demi d’arrêt. Lorsque j’ai repris le travail chez Cédric Boutin, je suis resté six mois, puis j’ai décidé d’aller chez Patrice Lenogue. Ce dernier m’a fait monter beaucoup de gagnants, mais j’ai passé chez lui une année compliquée. En effet, je me suis cassé trois fois la clavicule gauche et deux fois la droite en un an ! Depuis, je suis au service de David Windrif, que je tiens d’ailleurs à remercier pour sa confiance. C’est un grand professionnel, perfectionniste et droit.

Quels sont les souvenirs qui vous ont le plus marqué ?

Mon premier Groupe, bien sûr ! J’ai eu de la chance de me retrouver associé à Wildriver, car c’est Benjamin Gelhay qui lui était associé au début. Mais il s’est cassé la hanche et Mathieu Pitart a dû le remplacer. David Windrif m’a fait gagner mon premier Quinté avec Le Mans (Le Fou), cet hiver à Cagnes-sur-Mer. L’un de ses pensionnaires, Sun Zéphir (Daliapour), est mon cheval de cœur. Je l’ai monté onze fois et j’ai fait l’arrivée neuf fois avec lui, dont deux victoires. C’est un  "papy" qui répond toujours présent.

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