LE SANG DES CHEVAUX FRANÇAIS A BEAUCOUP D’AVENIR

14.05.2018

LE SANG DES CHEVAUX FRANÇAIS A BEAUCOUP D’AVENIR

La Coupe d’Europe des Chevaux Arabes, course pour chevaux de 4 ans et plus disputée sur 2 000 mètres, retrouvera le dimanche 13 mai la piste de ParisLongchamp. Cette "Coupe d’Europe" débuta officiellement en 1991. "Officiellement", car en réalité il y avait déjà eu deux éditions précédentes gagnées par Rubis de Carrère et Dormane, avant une interruption de 1989 à 1990.

La Coupe d'Europe fut donc, pour les chevaux arabes, la première grande course internationale des temps modernes en région parisienne ; une nouveauté mal accueillie par la presse spécialisée de l’époque. Les éleveurs effectuèrent alors un emprunt à la banque pour financer la course, disputée à Évry jusqu'en 1996.

Après Saint-Cloud (1997), puis Maisons-Laffitte (1998 et 1999), la Coupe d’Europe fut disputée à Chantilly de 2000 à 2010, avant de retourner à Saint-Cloud (de 2011 à 2014). En 2015, ce fut Longchamp, qu’elle retrouvera ce dimanche après avoir été courue pendant deux ans à Deauville.

L'exemple de la Coupe d'Europe est intéressant car il illustre assez bien l’évolution des courses pour chevaux arabes sur les trente dernières années, autant en France que dans le monde. Son palmarès est d'ailleurs très révélateur.

En 1991, le cheval russe Drug (Prizrak & Karinka, par Aswan) l’emporta devant les françaises Dida Chérie et Vanessa de Carrère. En 1992, ce fut l’américain Way to Go (Wiking & Brusally Orsata, par Orzel) qui devança Danzina et Djouribi. Les deux premières éditions de la plus grande course internationale française furent donc remportées par des chevaux étrangers, aux pedigrees totalement exempts de nos origines : Rubis de Carrère était par l’étalon polonais Elaborat et les mères de Dormane et de Djelfor étaient également issues d'étalons polonais.

À partir de 1993, les chevaux français reprirent l’avantage. Dans notre pays, l’élevage avait déjà beaucoup progressé, tout comme la qualité de l’entraînement et le niveau des courses. Bengali d’Albret gagna l'épreuve deux années consécutives, avant Darike, Dorwan du Cayrou, Kerra, Marwan (le seul produit de Manganate qui l'ait remportée), Al Sakbe, Verdoyante, Magic de Piboul, Saklawi Jadrane, Djavius des Landes, Makfoul du Breuil et Nevadour Al Maury. De 1993 à 2005, des pedigrees typiquement français furent à l’honneur. On retrouva surtout des produits de Dormane, Kesberoy, Chéri Bibi ou encore Tidjani.

De 2006 à 2012, seuls des produits d'Amer remportèrent l'épreuve. Amer, rappelons-le, n'avait couru en Europe qu’à l’âge de douze ans. Pendant sa courte saison, il gagna pratiquement tout, mais son absence de pedigree avait terni ce beau palmarès.

Les produits d'Amer possédaient une réelle classe de galop et il fallut attendre 2013 pour voir cette suprématie contestée par un produit de Munjiz, Al Mamun Monlau.

De 2014 à 2017, on compte au palmarès de l'épreuve : Djet Taouy, par Dahess (2014), Prada T, par Djendel (2015), Al Mourtajez, par Dahess (2016), et Muraaqib, par Munjiz (2017).

Cette courte rétrospective met en lumière l'évolution des courses et la manière avec laquelle les éleveurs s’adaptent. Des étalons ou des juments nés dans d’autres pays comme Amer, Tiwaiq, Burning Sand, Unchained Melody ou Joyzell ont apporté de la vitesse et des performances. Pour autant, l’élevage français a conservé sa spécificité tout en profitant de ce nouveau sang. La plupart des gagnants de Groupe ont des lignées maternelles françaises, de même que les étalons les plus recherchés. Dans le même temps, le niveau toujours plus élevé de nos courses a conduit les éleveurs français vers une sélection approfondie de la jumenterie. Bientôt, cette évolution nous conduira vers la recherche d'étalons différents et nous en avons dans nos élevages. Ils démontrent à eux seuls que le sang des chevaux français a beaucoup d’avenir.

Yves Plantin

Président

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