Les propositions de la Fédération des éleveurs du galop pour l’avenir de l’obstacle

Élevage / 21.06.2018

Les propositions de la Fédération des éleveurs du galop pour l’avenir de l’obstacle

La Fédération des éleveurs du galop souhaite engager une réflexion concernant l'avenir de l'obstacle et a interrogé plusieurs acteurs du monde de l’obstacle. Force est de constater que la discipline de l'obstacle est proche d'un nouveau virage.

La Fédération des Éleveurs du Galop souhaite adresser à France Galop des réflexions sur cette discipline et des idées d’actions pour l’améliorer.

1- Éléments positifs permettant de mettre en valeur l'obstacle

- C'est une discipline dans laquelle notre élevage et notre entraînement sont leaders mondiaux. C'est un des fleurons de notre patrimoine équin.

- Le tissu géographique de l'élevage est énorme et particulièrement bien réparti sur tout le territoire national, dans toutes les régions.

- La discipline de l'obstacle remplit les hippodromes provinciaux, elle est à la base de multiples vocations de turfistes et de professionnels, elle nourrit la passion de milliers de petits et grands éleveurs. Les exemples des Grands Cross de Pau, du Lion, de Craon, du meeting de Clairefontaine et, pour la région parisienne, les belles épreuves d’Auteuil et de Compiègne, sont là pour le prouver.

- La France détient la première place mondiale indiscutable de l'élevage d’obstacle, qui, de surcroît, apporte actuellement des devises étrangères aux éleveurs en raison de la demande anglo-saxonne extrêmement friande.

- Le coût de création d'un poulain identifié obstacle est bien moindre que son équivalent en plat à niveau de compétition comparable, ce qui est une entrée plus facile dans le propriétariat et le monde de l’élevage.

- L’obstacle est un monde vivant, avec des manifestations telles que le Salon des étalons du Lion-d’Angers, la Route des étalons et des concours d’élevage (Le Pin, Decize et Le Lion-d’Angers).

- Les chevaux d’obstacle bénéficient d’une longévité de carrière leur permettant de fidéliser le public et les parieurs.

2- Quelques propositions :

- Pour Auteuil, décaler le calendrier des courses d’obstacle en hiver, à l’instar de ce qui se fait en Angleterre (débuter le 15/09 et terminer le 15/12) et limiter les courses en été afin d’être plus adapté à l’effort demandé aux chevaux et à la qualité des terrains.

- Les partants sont nombreux à Pau et Cagnes l'hiver, nous pourrions fournir également des partants sur d'autres hippodromes choisis tels que Fontainebleau, qui pourrait être beaucoup plus exploité en hiver, du 1/11 au 15/03, ainsi que certains grands hippodromes du Centre-Est et grand Ouest.

- Placer les courses dans les régions où sont les centres d’entraînement obstacle, en Centre-Est, de Dragey à Royan (pour limiter les déplacements).

- Ajouter un échelon supplémentaire en région avant de courir à Paris, pour les chevaux qui n’ont pas l’aptitude pour courir en région parisienne et pour durcir les chevaux qui, ensuite, iront à Auteuil (ces courses-là doivent être courues sur les pôles régionaux).

- L'arrosage des hippodromes doit être irréprochable pour la discipline, et régulier. Il faut également utiliser les cordage et décordage.

- Réviser le programme pour le rendre national et non pas régional, ainsi que les conditions de courses en les simplifiant. Traiter en même temps les courses premium et P.M.H., afin de favoriser les partants en courses premium.

- Répartir l'enveloppe des allocations différemment, en payant jusqu'à la septième place dans toutes les courses premium, cela inciterait les entraîneurs à engager et courir leurs chevaux, tout en limitant cette mesure à la condition d’avoir au moins 10 partants (ou 8).

- Pour valoriser notre élevage et avoir des pedigrees similaires aux étrangers, il faut augmenter le nombre de courses Listeds et Groupes (dans la même enveloppe).

- Continuer à développer le programme pour femelles

- Mettre davantage en valeur nos gagnants de Gr1 (propriétaires, éleveurs, entraîneurs, jockeys)

- L’augmentation du nombre de handicaps n’est pas une solution car cela prend des partants aux courses à conditions, sans apporter de recettes supplémentaires car cela n’entraîne pas une hausse significative des enjeux, en même temps cela phagocyte les autres courses valorisantes.

- Le F.R.B.C. devrait changer son discours : attirer des propriétaires étrangers à venir courir et entraîner en France, motiver les entraîneurs à courir en France, en outre le programme et le niveau des allocations en France sont d’un très bon niveau.

- L’obstacle doit garder de la visibilité avec des courses planifiées les week-ends et avec de bons horaires.

Conclusion:

Les courses et l'élevage d'obstacle français sont les plus beaux fleurons de notre Institution, l'obstacle est une discipline populaire et franco-française reconnue leader mondialement.

Elle ne peut pas être considérée comme le parent pauvre de l'Institution, bien au contraire. Elle doit même être privilégiée dans la politique des courses et les décisions prises, car nous avons le devoir de défendre et de soutenir ce qui marche, ainsi que ce qui est une production et un domaine économique bien vivant de notre territoire.

Il est important que le galop continue à marcher sur ses deux jambes, avec le plat et l’obstacle. Sans l’une ou l’autre, le galop ne ferait que boiter.

France Galop, Equidia, le PMU, le G.T.H.P., etc., ont fait des économies depuis 5 ou 6 ans. Cette année, l’enveloppe des encouragements a été réduite de 25 millions d’euros. Nous ne pourrons pas demander aux socioprofessionnels de nouveaux efforts. Le PMU et l’État sont les deux leviers qui devront être activés pour maintenir les recettes.